Ça déchante à la Gaîté Lyrique : crise au « temple de l'innovation culturelle »

Cet article, une enquête fouillée sur les conditions de travail et les dérives financières au sein de la Gaîté Lyrique, révèle comment le « management de délégation de service public » devient un système d’optimisation du chiffre d'affaire au péril de la santé des salarié·e·s et en contradiction avec la mission d'intérêt général que la structure est censée porter.

Depuis plus de deux ans, la Gaîté Lyrique, présentée sur son site comme « un lieu de fête, de créativité et de partage », est le théâtre de graves crises sociales. Ce récit édifiant, à seulement un mois du premier tour des élections municipales, prend place dans un des établissements culturels emblématiques de la Ville de Paris et démontre avec force la nécessité de briser le silence sur les conditions de travail dans le milieu culturel.

[La direction de la Gaîté Lyrique, contactée pour cette enquête, n'a pas souhaité donner suite à nos questions, nous orientant simplement vers son rapport d'activité 2018 et son site internet]

 

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La Gaîté Lyrique est un centre culturel dédié aux arts numériques et aux musiques actuelles situé depuis 2011 dans le 3e arrondissement de Paris. La Ville de Paris est propriétaire du bâtiment mais l’exploitation du lieu est à la charge d'une entreprise privée à travers un contrat de Délégation de Service Public (DSP)[1]. La Ville verse à cette entreprise une subvention annuelle en contrepartie de cette exploitation (4,416 millions en 2018, soit entre 50 et 60% du budget total de la structure chaque année). La DSP dure six ans ; un appel à projets est lancé à chaque fois qu'elle est renouvelée. Le choix de la DSP pour la Gaîté Lyrique permet à la Ville de s'affranchir de ses propres contraintes en matière de ressources humaines, de se désengager de la gestion de la structure et de confier dans les mains du privé la définition de la programmation et de l'organisation de ce lieu artistique.

La première DSP (DSP 1), sous la houlette de l’entrepreneur Steven Hearn (président) et Jérôme Delormas (directeur), commence en 2010, juste avant l'inauguration du bâtiment, et dure jusqu'en juillet 2016. En 2016, dans le cadre de l’appel à candidatures pour une seconde DSP (août 2016-juillet 2022), la Mairie de Paris décide de ne pas donner suite à la candidature de l’équipe dirigeante de la DSP 1 et choisit un nouveau délégataire dont le projet est porté par la figure de Marc Dondey[2], répondant mieux, selon les élus, à la nouvelle situation budgétaire de la structure (la subvention annuelle de la Mairie de Paris baisse alors, passant de 5,9 à 4,4 millions d’euros). 

Dans le cadre de l’obtention de cette nouvelle DSP, la nouvelle équipe dirigeante menée par Marc Dondey crée en 2016 une société par actions simplifiée (SAS)[3] afin d’assurer l’exploitation du lieu : la Société d’Exploitation de la Gaîté Lyrique (SEGL). Cette société réunit alors trois associé·e·s et actionnaires principaux·les : Marc Dondey via la société Muze Connections (40% des parts), Jean-Dominique Secondi et Renaud Sabari (respectivement ancien directeur général et actuel président d’ARTER, première agence française de production artistique) via la société Cayley (30% des parts) et Monique Savoie, via la Société des Arts Technologiques de Montréal (SAT), dont elle est directrice (30% des parts). La présidence de la SEGL est alors assurée par Bertrand Jacoberger (président de Solinest, une entreprise de distribution de produits et marques de grande consommation).

Pour certains actionnaires, malgré qu'il·elle·s ne soient pas censé·e·s toucher de dividendes comme cela est prévu par les statuts de la SEGL, l'investissement s'est révélé plutôt lucratif. Ainsi, Monique Savoie de la SAT a, depuis le 1er août 2016 (date de début de la DSP 2), perçu 34 638€ HT en honoraires et remboursement de frais de transport et d’hébergement de la part de la Gaîté Lyrique. D'autre part, la Gaîté Lyrique a accueilli et entièrement financé à hauteur d'un montant global supérieur à 30 000€ HT une « Carte blanche à la SAT de Montréal » qui avait pour but de promouvoir l'activité de ce lieu, dans le cadre de la Nuit Blanche 2018. Sachant que l’investissement total de la SAT dans la Société d’Exploitation de la Gaîté Lyrique (SEGL) s’élève à 33 333.33€[4], son retour sur investissement semble des plus profitable. Jean-Dominique Secondi a quant à lui été salarié de la SEGL d'août à décembre 2016 en tant que directeur général délégué chargé de « missions de conseil », mais il aurait confié à un·e ancien·ne salarié·e qu'il s'agissait en réalité de rémunérer son travail sur la constitution du dossier de candidature à la DSP 2, réalisé avant le début de son contrat. Il semblerait donc qu'être actionnaire de la SEGL puisse se révéler assez rentable.

 

Un « bateau » pris dans des dérives managériales

En octobre 2017, après environ un an d’exploitation par la SEGL, une crise sociale éclate au sein de la Gaîté Lyrique et aboutit en avril 2018 au départ de Marc Dondey, directeur général et artistique5. Les actionnaires lancent alors le recrutement d'une nouvelle direction générale entre temps assurée en intérim par Jean-Dominique Secondi et assurent aux équipes qu'il·elle·s cherchent une personne avec une solide expérience en ressources humaines et une capacité à fédérer, afin de ne pas reproduire la crise sociale ayant paralysé la structure les mois précédents. C'est sur ces critères qu'est donc choisie Laëtitia Stagnara, nouvelle directrice générale, qui prend ses fonctions en octobre 2018, tandis que dans le même temps Jean-Dominique Secondi prend la présidence de la SEGL6[6]. Or, malgré un immense espoir de l’ensemble de l’équipe de la Gaîté Lyrique de pouvoir alors enfin tourner la page de ces deux années éprouvantes, tout l'inverse semble s'être produit. Très rapidement après la prise de poste de Laëtitia Stagnara des doutes surgissent quant à ses méthodes de management et sa capacité à fédérer les équipes.

Selon nos informations, depuis l'arrivée de Laëtitia Stagnara (soit il y a un peu moins d'un an et demi), 24 départs de salarié·e·s en CDI ont eu lieu pour un établissement en comptant moins d’une soixantaine. On ne peut que s'étonner, voire s'alarmer, de tels chiffres, au vu des difficultés actuelles à trouver un emploi stable dans la culture. Parallèlement entre janvier et novembre 2019, 38 arrêts de travail (soit 341 jours pour 23 salarié·e·s) ont été recensés, chiffres qui ne peuvent, là-aussi, que poser question quant aux conditions de travail au sein de cet établissement. Interrogée, la Ville de Paris, par l'intermédiaire de Claire Germain (directrice des affaires culturelles de la Ville de Paris), n'a pas souhaité commenter ces faits (« Les questions d’organisation interne et de management relèvent de la compétence du délégataire, avec lequel la ville entretient des rapports de confiance. »). 

Les représentant·e·s du personnel de la Gaîté Lyrique se sont inquiété·e·s de cette situation, à plusieurs reprises à partir d'avril 2019, mais il·elle·s ne reçurent en guise de réponse de la direction que des commentaires tels que « cela fait partie de la vie normale d’une entreprise », « un changement de gouvernance entraîne forcément des départs » ou « les salarié·e·s arrivent à la fin d'un cycle professionnel ». Charlie (le prénom a été modifié) se rappelle : « J'étais membre du CSE7 et faisais partie de celles et ceux qui insistaient lors des réunions sur le mal-être de certains membres de l'équipe. J'ai un jour été convoqué·e avec le secrétaire du CSE par Laëtitia Stagnara et l'administratrice Xavière Voisin qui m'ont dit ne pas comprendre à qui je faisais référence quand je parlais de mal-être, et elles m'ont demandé de citer des noms. J'ai refusé, en leur rappelant le principe d'anonymat, et elles m'ont alors répondu que c'était très embêtant que je ne puisse pas citer d'exemples car ce que j'avançais était très grave, et que selon elles c'était moi qui n'allais pas bien et qu'il fallait que je fasse attention de ne pas profiter de mon rôle d'élu·e pour parler de mes problèmes en faisant croire que c'étaient les problèmes de toute l'équipe. Ces techniques d'intimidation ont été suffisamment récurrentes et efficaces pour que je finisse par m'autocensurer et m'en rendre littéralement malade. » Selon Morgan (le prénom a été modifié), « Les salarié·e·s constatent clairement le roulement qui a lieu au sein de l'équipe de la Gaîté Lyrique et il n'est pas rare d'entendre des commentaires à ce sujet. "On se revoit au prochain pot de départ, il y en a tout le temps !" Plusieurs postes sont vacants en même temps, parfois pendant plusieurs mois. [...] Lorsque vient le temps des élections partielles pour le CSE, de nombreuses personnes préfèrent ne pas se porter candidates car elles cherchent à partir et ne veulent pas être retardées dans leur départ par leur statut de salarié·e·s protégé·e·s. »

Ce turn-over des équipes semble étroitement lié à l'arrivée à la tête de l'établissement de Laëtitia Stagnara. De nombreuses personnes ayant témoigné pour cet article dénoncent son management qualifié par certain·e·s de « brutal ». D'après Claude (le prénom a été modifié) : « Le management à la Gaîté Lyrique est devenu une source d'angoisse pour les salariés depuis l'arrivée de Laëtitia Stagnara en tant que directrice générale : le climat et les relations de confiance qui existaient entre la direction et les membres de l'équipe de la première DSP ont commencé à se détériorer après le début de la seconde DSP [sous la direction de Marc Dondey, NDLR] et se sont désormais totalement effondrés. Il en va de même des bonnes conditions de travail et du bien-être de l'équipe, relégués au rang de lointains souvenirs. » Dominique (le prénom a été modifié) nous confie également : « Laëtitia Stagnara ne parle que de "fréq" (entendez "fréquentation") et de "recettes". Elle n'apprécie guère la critique ou même le simple questionnement de ses choix stratégiques et de ses idées. Toute personne émettant le moindre doute sur ses choix ou ses méthodes est vite cataloguée comme dissidente, et tout·e dissident·e n’est bon·ne qu’à être mis sur la touche (provisoirement ou définitivement). "Je ne sais pas travailler avec des personnes qui ne sont pas à 100% avec moi" est un de ses credo, son analogie la plus chère est celle du bateau, et elle a convoqué à plusieurs reprises des salarié·e·s catalogué·e·s comme dissident·e·s en tête à tête – ou accompagnée de l'administratrice et / ou du N+1 du·de la salarié·e convoqué·e – dans son bureau pour leur demander expressément : "T’es dans le bateau ou t’es pas dans le bateau ? Parce que si t’es pas dans le bateau [et que tu souhaites partir] je peux t’ouvrir mon carnet d’adresses…" Je vous laisse imaginer l’état psychologique d’un individu à la sortie d’un tel entretien, et particulièrement lorsqu’il se déroule à trois contre un… » 

Charlie (le prénom a été modifié), nous confirme la violence de certaines des entrevues avec la direction : « Une fois, j'ai été convoqué·e par Laëtitia Stagnara. Elle m'a demandé si j'étais "dans le bateau", et m'a dit que si je cherchais du travail ailleurs il fallait absolument que je l'en informe tout de suite car elle ne voyait pas l'intérêt de me confier tous les projets sur lesquels j'étais en train de travailler actuellement si c'était pour partir dans quelques mois, et qu'elle préférait les confier à quelqu'un d'autre en attendant que je parte. Je l'ai vécu comme une menace de mise au placard. Sachant que juste avant elle m'avait dit qu'elle risquait d'aller en prison (!) à cause de moi parce que j'avais dépassé la durée légale de travail sur une semaine de festival... Pour m'acheter la paix, j'ai répondu que j'étais "dans le bateau", alors qu'en réalité je me sentais harcelé·e. » Morgan (le prénom a été modifié) témoigne également de la brutalité de ces réunions surnommées les « points bateau » par l'équipe : « Les "points bateau" deviennent monnaie courante sous la direction de Laëtitia Stagnara. Il n'est pas rare de se voir proposer un rendez-vous quand on émet trop d'avis négatifs en réunion ou quand on revient d'arrêt maladie de plusieurs semaines ; de la même façon, les rendez-vous sollicités auprès de la direction générale pour des demandes d'évolution, de mobilité, etc. en arrivent rapidement au moment où la directrice veut savoir si le·la salarié·e est "dans le bateau", une façon à peine déguisée de savoir si ça vaut le coup de continuer à investir dans cette personne. Va-t-elle bientôt craquer et quitter l'entreprise ? Va-t-elle réellement "faire le job" et mériter son augmentation, son évolution ? Quand votre directrice générale vous pose cette question, vous pensez aux personnes qui ont quitté la boîte depuis son arrivée parce qu'elles ont été mises au placard, qu'on a sapé leurs responsabilités... Que voulez-vous répondre ? À l'occasion de mon "point bateau", j'ai dit que tout irait bien et que j'étais prêt·e à travailler et me donner à 100%, alors que je revenais tout juste d'arrêt maladie et que j'étais au bout du rouleau. »

Aux problèmes de management s'ajoute une direction qui semble donner plus d'importance aux bénéfices qu'aux projets artistiques, déroutant une partie des équipes sur la signification attachée à leur travail. Selon Morgan (le prénom a été modifié) : « Les considérations de la directrice sont surtout portées sur la fréquentation potentielle, le "ROI" ou retour sur investissement... un projet artistique se mesure surtout pour elle à l'aune de son potentiel grand public.» Andréa (le prénom a été modifié) nous confie également : « Laëtitia Stagnara ne pose aucune question sur le contenu des projets, elle ne demande que des chiffres : combien ça coûtera, combien ça rapportera, combien de personnes viendront... La notion d'artistique est totalement mise de côté, tout comme celle de service public. Les programmateur·rice·s de la Gaîté Lyrique sont de plus en plus mis à l'écart dans les instances décisionnaires, la direction leur demande de moins programmer et de faire plus de place aux marques sollicitées par la Gaîté pour avoir des programmes clef-en-main et rentables. » 

Depuis le début de la seconde DSP sont programmés de plus en plus de projets d'expositions et d'événements qui ressemblent avant tout à des opérations de communication pour des marques8 comme Behind The Game, une exposition sur les dessous du jeu Assassin's Creed financée entièrement par Ubisoft et dont l'entrée était payante (13 euros en plein tarif, Ubisoft empochant les bénéfices de la billetterie). Lors d'une rencontre organisée à l'Université Paris Dauphine, Laëtitia Stagnara a affirmé que pour cette exposition « [...] il s’agissait de s’emparer du sujet du jeu vidéo pour aborder les risques liés à cette pratique et acculturer les parents aux nombreuses possibilités de carrière pour leurs enfants dans cette industrie. [...]  L’institution culturelle a eu envie de poser un propos, d’avoir un œil particulier sur une industrie créative qui lui parle. » Pourtant aucune section de l'exposition ni aucun événement lié n'étaient consacré·e·s aux risques liés aux jeux vidéo, l'ensemble de la programmation prenant avant tout la forme d'une mise en valeur de la technologie et de l'inventivité d'Ubisoft à l'occasion de la sortie du dernier volet du jeu Assassin's Creed. 

Lors de la même rencontre à l'Université Paris Dauphine, Laëtitia Stagnara a précisé avec beaucoup de clarté sa vision sur ces partenariats : « [...] nous essayons de construire avec les entreprises d’autres formes de relations qui s’appuient davantage sur des savoir-faire très particuliers que nous avons à la Gaîté Lyrique. Nous essayons notamment de voir comment, à partir d’une privatisation d’espaces, nous pouvons accompagner, sur le modèle d’une “agence événementielle”, les entreprises dans l’organisation d’événements, d’expositions… [...] La réflexion sur le fait d’accepter ou refuser de collaborer avec une marque pour des questions éthiques est pertinente mais elle positionne mal l'évolution du rôle de l'établissement culturel. [...] Nous trouvons notre légitimité et notre rôle social en mettant nos compétences au service des entreprises pour les aider dans leur développement. » Outre la privatisation des espaces et l'organisation d'expositions et de programmations à visée publicitaire, elle semble assumer complétement la récupération commerciale de certains événements organisés par la Gaîté Lyrique, notamment ceux liés aux luttes intersectionnelles sur la représentation et la visibilité des femmes et des minorités sexuelles dans la culture : « Lorsque nous faisons un festival sur les cultures queer [festival Loud & Proud, NDLR], il est logique que des marques de vêtements s’y intéressent parce que ces cultures, avec l’abolition progressive des genres, font évoluer la façon dont on fait un vêtement. Toutes ces pratiques culturelles que l’on piste vont avoir un impact sociétal et économique et peuvent faire évoluer des modèles. C’est aussi cela que les entreprises recherchent à la Gaîté Lyrique. » 

Dans le contexte d'une institution culturelle qui attire des personnes passionnées et motivées, dont le but n'est pas uniquement une rétribution financière mais une rétribution symbolique élevée (avec l'idée d'un métier, d'un engagement qui fait avancer la société, réfléchir à des problématiques culturelles et sociales...), ce type de « conflit de valeur »9 ou « conflit éthique » (organiser des expositions répondant à des impératifs publicitaires ou économiques, plutôt que culturels) peut provoquer un véritable malaise et/ou de la souffrance au travail.

La situation au sein de la Gaîté Lyrique (départs à répétition et nombreux arrêts maladies) conduit la Médecine du travail à solliciter en juillet 2019 un rendez-vous avec la direction pour l'interpeller sur le fonctionnement général de l'institution responsable, selon elle, de ce nombre élevé d’arrêts maladie. Puis à lui envoyer, en août 2019, un courrier recommandé afin de l’alerter sur la présence importante de risques psychosociaux (RPS)10, courrier également transmis à l’Inspection du travail, qui décide alors d’ouvrir une enquête. Selon Andréa (le prénom a été modifié) « Le mal-être de l'équipe a été pris à la légère par la direction pendant des mois, jusqu'à ce qu'elle reçoive une alerte de la Médecine du travail et de l'Inspection du travail. Une fois que ces deux instances officielles ont commencé à mettre leur nez dans les affaires de la Gaîté, le premier réflexe de la direction a été de chercher qui dans l'équipe avait pu les solliciter, un peu comme une chasse aux sorcières, "qui est la taupe ?". Notre directeur d'équipe nous a dit à plusieurs reprises que si l'inspectrice du travail venait lors d'un événement sur lequel nous travaillions, nous pouvions tout à fait refuser de répondre à ses questions et qu'il fallait quoiqu'il arrive prévenir la direction de sa présence afin qu'elle puisse répondre elle-même aux questions. Ce protocole a été rappelé à de nombreuses occasions, et la question "que faire si l'Inspection du travail vient à la Gaîté Lyrique" est désormais même posée... lors de certains entretiens d'embauche ! »

D'après nos sources, au cours de la réunion Direction/CSSCT11 du 1er octobre 2019 à laquelle assistent l’Inspection du travail et la Médecine du travail, l’inspectrice du travail, agacée que la direction « tourne autour du pot », demande frontalement à celle-ci à quel moment elle reconnaîtra que la Gaîté Lyrique est dans une situation grave de « crise sociale ». La direction refuse en effet d'employer ce terme or, selon l'inspectrice, la non-reconnaissance des traumas engendre des risques psychosociaux importants, et cela représente au sein de l'institution un problème majeur empêchant un processus de résolution. Pour l'inspectrice, très sollicitée par les employé·e·s, la direction est dans le « déni de la réalité » et ne semble pas percevoir la gravité de ce qui se passe actuellement à la Gaîté Lyrique. Pour l'institution, ces dysfonctionnements ne sont que le fait de la crise sociale précédente ayant abouti au départ de Marc Dondey, ce que réfute l'inspectrice. Après de vifs échanges, la direction annonce qu’elle va réfléchir à recruter un·e responsable des ressources humaines (offre finalement postée le 29 octobre 2019, et poste pourvu le 10 février 2020), et qu'elle a déjà commencé la mise à jour du document de suivi des risques psychosociaux (un document interne mis en place après la première crise sociale), mais en insistant sur le fait que cela n’est aucunement lié à l’alerte de la Médecine du travail ou aux visites désormais récurrentes de l’Inspection du travail. La difficulté montrée par la direction de la Gaîté Lyrique à écouter, comprendre et reconnaître la souffrance au travail de ses employé·e·s et ses causes, n'est malheureusement pas une exception dans le secteur culturel. Micha Ferrier-Barbut rappelle, dans une interview donnée à Médiapart, le tabou important qu'est l'évocation de la souffrance au travail et des risques psychosociaux dans ce secteur très particulier.

 

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 Souffrances au sein du service développement 

 Dans le contexte de cette crise globale très étendue, le service développement (service qui regroupe toutes les activités commerciales – hors billetterie – de la Gaîté Lyrique : privatisations, partenariats/mécénat, bar et boutique) est une zone épicentrique. Fin septembre 2018, Jean-Dominique Secondi – alors directeur par intérim – décide de se séparer de la directrice du développement juste avant l'arrivée de la nouvelle directrice générale. Laëtitia Stagnara prend – alors qu’elle vient d’arriver à la tête de Gaîté Lyrique – la direction par intérim du service développement (officieusement d'abord, puis officiellement à partir de janvier 2019). Dans le contexte d'une prise de poste de direction générale, la direction par intérim du service se révèle bien évidemment fantomatique. Laëtitia Stagnara laisse les employé·e·s du service assumer des responsabilités qui dépassent largement le cadre de leurs fonctions (RH, financières...). Cela conduit notamment un·e salarié·e à un arrêt maladie de deux semaines, avec convocation tous les 15 jours chez le médecin du travail pendant plus de deux mois et consultation d'une psychologue du travail.

En mars 2019, Céline Poizat, la compagne de Renaud Sabari (pour rappel président d’ARTER et un des actionnaires principaux de la Gaîté Lyrique) est nommée à la tête du service après un recrutement qui a soulevé beaucoup de questions en interne. Noa (le prénom a été modifié) nous relate cette période : « Le recrutement de la direction du développement n'a débuté que début janvier 2019 sans aucune  implication de l'équipe en place, alors qu'un séminaire de réorganisation du service s’était tenu fin juin 2018, donnant lieu à un document sur les orientations stratégiques que devait prendre ce service et à des changements de poste et/ou de missions pour certain·e·s salarié·e·s. Le poste a été refusé à l’ue des salarié·e·s sous prétexte de son jeune âge [28 ans NDLR] car il fallait quelqu’un·e de senior avec un solide réseau et une expérience significative, voire même quelqu'un·e venant du monde de la finance ou de l’entreprise. Deux mois plus tard, annonce est faite, à un service à bout de force, du recrutement de Céline Poizat, ancienne prestataire loin d’avoir satisfait nos attentes, âgée de 28 ans, compagne d’un des actionnaires. La surprise a été forte, mais c’était sans compter la lecture de sa note d’intention (exercice demandé à tou·te·s les candidat·e·s) : proposition de faire appel à des prestataires extérieurs ("ARTER si possible selon obligations de mise en concurrence"), volonté d'externaliser les activités bar et boutique, reprise très claire de propositions issues du séminaire de réorganisation du service développement de juin 2018, ... Autant d'informations qu’aucun·e autre candidat·e que Céline Poizat n'aurait pu obtenir. Dans la semaine suivant cette annonce, deux des plus ancien.nes salarié.e.s démissionnaient. »

Depuis l'arrivée de Céline Poizat, ce ne sont pas moins de sept salarié·e·s permanent·e·s en CDI, sur huit composant le service, qui ont quitté leurs fonctions (de leur propre chef ou non)12. Là encore la gestion des ressources humaines et l'organisation du travail sont en cause. D'après Claude (le prénom a été modifié) : « La situation s'est dégradée au sein du service développement suite au départ de l'ancienne directrice du service, et surtout de manière consécutive à l'arrivée de Céline Poizat à sa tête. Elle a été imposée par Laëtitia Stagnara malgré les réticences légitimes de l'équipe du développement alors en place liées à son manque d'expérience en management, à l'absence de résultats concernant la mission qui lui avait été confiée par la Gaîté Lyrique en tant que prestataire, au fait que son entreprise Non Fiction soit alors encore sous contrat avec la Gaîté Lyrique, et bien sûr à sa relation avec Renaud Sabari. Cette arrivée a accéléré le départ de plusieurs membres de l'équipe, les autres ont subi un management que je qualifierais d'inhumain, et je pèse mes mots. Dans ce service, nombreux sont ceux.celles, "ancien·ne·s" comme "nouveaux·elles", qui vivent assez mal l'ambiance qui y règne, avec une Céline Poizat qui communique peu avec ses équipes, leur dit à peine bonjour, et les fait travailler sous une pression qui se révèle au final totalement antiproductive. Le mépris semble être la règle d'or du management désormais à la Gaîté Lyrique, et je vous laisse imaginer l'état émotionnel de ces salarié·e·s qui se sentent pri·se·s au piège dans un tel contexte. Pour ma part, j'ai un temps sombré et commence à peine à sortir la tête de l'eau.» 

Dominique (le prénom a été modifié) nous confirme cette ambiance délétère : « Le management est agressif et dégradant ; Céline Poizat semble mépriser son équipe : elle ne leur adresse que très peu la parole et rejette toute forme de questionnement de ses stratégies et décisions (ceux.celles qui s’y aventurent sont aussi vite catalogué.e.s comme éléments négatifs dont il faut se débarrasser)… » Le témoignage d'Andréa (le prénom a été modifié) va dans le même sens : « Céline Poizat, c'est le genre de directrice qui ne dit jamais bonjour aux membres des autres équipes (sauf si c'est un membre du comité de direction), qui ne prévient pas sa propre équipe quand elle est en télétravail, qui claque des doigts pour demander le silence autour d'elle quand elle téléphone, ou qui rejette les appels de la borne d'accueil en soupirant (alors qu'ils veulent simplement lui dire que son rendez-vous est arrivé). » 

Malgré plusieurs alertes des représentant·e·s du personnel, il aura fallu que ces dernier·ère·s demandent officiellement la tenue d’une réunion extraordinaire sur ce sujet pour que la direction réagisse et décide au cours de cette réunion, le 10 décembre 2019, sous leur pression et celle de l’inspectrice du travail, également présente à cette réunion, de lancer une médiation effectuée par un prestataire au sein de ce service. 

 

Comme si les problèmes de ressources humaines n'étaient pas déjà suffisants, Céline Poizat semble également en situation de conflit d'intérêt. Avant (et même pendant) sa prise de fonction à la tête du service développement, elle était rémunérée par la Gaîté Lyrique comme prestataire. La société Syracuse Conseil – dont Céline Poizat fut une des fondateur·rice·s, et la présidente du 20 octobre 2016 au 22 novembre 201813 – a perçu 52 410€ HT de la Gaîté Lyrique au titre de prestations de « conseil », « d’accompagnement » et de « définition d’offre » pour la création d'un club entreprise. Selon un·e ancienne employé·e, pour cette mission, Syracuse Conseil ne communiquera son livrable – jugé en interne insatisfaisant – que suite à de nombreuses relances et menaces de la part de la Gaîté Lyrique de ne pas la rétribuer. Fin 2018, la nouvelle entreprise créée par Céline Poizat, Non Fiction, signe un nouveau contrat avec la Gaîté Lyrique portant, à nouveau, sur la création d'un club entreprise qui n’a, encore aujourd'hui, toujours pas vu le jour. En dépit de cela, Céline Poizat est embauchée en mars 2019 comme directrice du développement à la Gaîté Lyrique, une de ses missions étant, notamment, de mettre en place, une fois de plus, ce fameux club entreprise. Ainsi, outre le fait qu'il soit toujours délicat de recruter la compagne d’un des actionnaires à un poste de direction, de mi-mars 2019 à fin juin 2019, Céline Poizat percevait, à titre personnel, une rémunération en tant que directrice du développement tandis que sa société percevait elle aussi une rémunération de la part de la Gaîté Lyrique.

 

Petits arrangements avec l'Agence du Service Civique

 

La Gaîté Lyrique a créé, début 2017, une association (Les Amis de la Gaîté Lyrique) afin d’obtenir un agrément auprès de l’Agence du Service Civique – alors que son statut de SAS ne l’y autorise normalement pas14. Cette structure leur permet d'engager des volontaires. Souvent comparé au stage, le volontariat en service civique offre l'avantage pour les structures accueillantes que 80% (soit 473,04€ net en 2020) de l'indemnité du volontaire soit prise en charge par l'État, la structure ayant simplement à compléter cette somme (107,58€ net en 2020). 

L'agrément délivré par l’Agence du Service Civique à l'association Les Amis de la Gaîté Lyrique a été signé comme si c'était cette dernière qui était en charge de l’exploitation de la Gaîté Lyrique et de l’organisation d’événements. Voici la liste des missions affectées aux services civiques dans l'agrément en question  :

    - « participer à l'organisation de concerts et à leur médiation auprès de tous les publics » ;

    - « participer à l'organisation d'événements culturels et à leur médiation auprès de tous les publics » ;

    - « participer à l'organisation et la médiation des résidences d'artistes de la Gaîté Lyrique » ;

    - « faciliter l'accès aux ressources documentaires de la Gaîté Lyrique et l'appropriation des outils numériques pour les personnes qui en sont le plus éloignées ».

Or dans les faits, Les Amis de la Gaîté Lyrique ne s'occupent ni de l'organisation, ni de la médiation des événements culturels, ni des résidences, ni des ressources documentaires de la Gaîté Lyrique. Depuis maintenant un an et demi, la Société d'Exploitation de Gaîté Lyrique (SEGL) emploie donc des volontaires en service civique (seize ont été recruté·e·s depuis septembre 2018) et leur verse la part de rémunération qui est à la charge de l’employeur, sauf que les contrats d’engagement sont au nom de l’association !

La SEGL contourne donc la législation en vigueur pour pouvoir employer des « salarié·e·s » à très faible coût et échapper aux taxes de l’Urssaf (la rémunération des volontaires n’y étant pas soumise). Les fonctions que remplissent ces volontaires sont pourtant indispensables au bon fonctionnement de l’entreprise (il arrive fréquemment qu’il·elle·s se retrouvent seul·e·s, sans leur tuteur.trice, pour gérer des événements tels que des concerts, des projections, des conférences, etc.) et on est dès lors bien loin d’un volontariat réalisé « en complément de l’action des salariés, agents, stagiaires, et/ou bénévoles de l'organisme au sein de laquelle vous effectuez votre mission, sans vous y substituer » tel que le définit l’Agence du Service Civique. Ce détournement de l'agrément Service Civique n'est malheureusement pas une exception dans le secteur culturel : le nombre de demande de volontaires ne fait qu'augmenter alors que leurs missions et profils semblent toujours plus éloigné·e·s des règles posées par l'Agence du Service Civique15, qui n'effectue que peu de contrôle dans le suivi de ses conventions et la situation des volontaires. 

 

La Gaîté Lyrique est une vraie poudrière au management agressif, où tout n’est que chiffres, statistiques et où la vision artistique n’a plus guère d’importance. Les départs à la chaîne n'ont ni ému ni interpellé les sphères dirigeantes, laissant le sentiment qu'elles perçoivent les salarié·e·s comme des produits jetables : une fois épuisé·e·s, broyé·e·s par le travail et/ou leur hiérarchie, il·elle·s n’ont qu’à être remplacé·e·s par d'autres. On ne peut que constater le désengagement de la puissance publique, ici la Mairie de Paris, aussi bien d’un point de vue financier – baisse de 1,5 millions d’euros de la subvention entre la première et la seconde DSP – que d’un point de vue tutélaire. Elle ne semble, en effet, effectuer aucune veille sur la manière dont la Gaîté Lyrique est gérée, que ce soit sur des questions de ressources humaines ou financières (rémunérations des actionnaires de la Gaîté Lyrique, stratagème illégal pour engager des volontaires en service civique, conflits d'intérêt...). Selon Claire Germain, Directrice des affaires culturelles de la Ville de Paris, la mairie est heureuse du bilan qu'elle tire de la Gaîté Lyrique : « Au vu de la forte fréquentation du lieu et de sa programmation qui répond aux attentes des divers publics (spectateurs de concerts de musiques actuelles, visiteurs d’exposition, familles, associations, publics des ateliers, etc), la Ville est satisfaite de ses activités, la fréquentation de la programmation a notamment augmenté de 25% entre 2018 et 2019. [Cette augmentation peut être largement nuancée par le fait que la fréquentation a drastiquement baissé en 2018.] 16 » Pourtant, le choix même du modèle de la DSP pour des établissements culturels similaires à la Gaîté Lyrique pose question : instabilité pour les équipes et le public, question de la continuité d'un projet artistique, découragement à l'investissement sur les équipements et risque à terme de créer des machines à répondre aux marchés publics. Le cas de la Gaîté Lyrique est également particulièrement frappant en ce qu'il permet de révéler la dimension éminemment systémique des situations de travail de nos sociétés néolibérales. Au-delà du cas hautement problématique de la gestion managériale de Laëtitia Stagnara, c'est bien toute l'équipe dirigeante de la structure, son président Jean-Dominique Secondi, et plus largement l'ensemble des actionnaires, qui fait bloc pour nier les pratiques abusives, la souffrance des employé·e·s, et ainsi se protéger eux-mêmes. En l'absence de contre-pouvoirs et de recours en interne, les employé·e·s sont donc condamné·e·s à souffrir en silence, à chercher de l'aide à l'extérieur (Médecine du Travail, Inspection du Travail, psychologue du travail, médias... ) ou, résigné.e.s et/ou épuisé.e.s, à tout simplement - et hélas plus fréquemment - quitter l'entreprise.

 

En pleine période électorale, il nous semble aujourd'hui urgent d'interpeller la Mairie de Paris, la maire Anne Hidalgo et Christophe Girard, adjoint à la Culture à Paris, sur le désengagement des pouvoirs publics dans le dossier épineux qu'est aujourd'hui la Gaîté Lyrique, pourtant inaugurée en grande pompe il y a moins de dix ans. Baisse des financements, jeux dangereux sur la privatisation ou les alliances public/privé, volonté de fermer les yeux sur des situations de crise sociale et de dégradation des conditions de travail... Cela nous semble très éloigné d'une politique culturelle « de gauche ». Et la Gaîté Lyrique n'est malheureusement pas une exception. Précarisation de nombreux postes au sein de Paris Musées (lien vers collectif), accusations d'harcèlement moral ignorées depuis des années à Bétonsalon - Centre d'art et de recherche (un autre établissement culturel de la Ville), conflit social au sein des bibliothèques et des médiathèques sur l'ouverture le dimanche, privatisations de plus en plus fréquentes des établissements de la Ville de Paris, rachat de la Bourse de commerce (pour 86 millions d'euros) pour l'offrir à la Collection Pinault,... Le bilan semble aujourd'hui bien sombre.

 

  

Si vous avez des informations à nous communiquer, vous pouvez nous contacter à l’adresse documentations.art@protonmail.ch

 

 

 

[1] Une "Délégation de Service Public est un contrat par lequel une personne morale de droit public confie la gestion d’un service public dont elle a la responsabilité à un délégataire public ou privé, dont la rémunération est substantiellement liée au résultat de l’exploitation du service. Le délégataire peut être chargé de construire des ouvrages ou d’acquérir des biens nécessaires au service" voir le Code général des collectivités territoriales - Article L1411-1

https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=F89D7F4A26265C08D91B561EE868CBFB.tpdjo15v_2?cidTexte=LEGITEXT000006070633&idArticle=LEGIARTI000006389206&dateTexte=20120117&categorieLien=cid#LEGIARTI000006389206

[2] Auparavant, Marc Dondey était chargé des industries culturelles et créatives à la direction du développement économique de l’agglomération de Strasbourg. 

 

[3] Dans une société par actions simplifiée (SAS), les associés fondateurs déterminent librement dans les statuts le capital social et les règles d'organisation de la société, notamment la nomination et la révocation des dirigeants et les modalités d'adoption des décisions collectives : conditions de quorum et de majorité, droit de veto…  Les apports peuvent être en numéraire ou en nature. La moitié au moins du montant des apports en numéraire doit être libérée à la constitution, le reste dans les cinq ans.  Certaines décisions doivent néanmoins obligatoirement être prises collectivement, comme l'approbation des comptes et répartition des bénéfices, la modification du capital social, la fusion, la dissolution de la société, la nomination des commissaires aux comptes… La loi impose le choix d'un président, représentant de la SAS vis-à-vis des tiers. 

[4] Les 30 000€ initiaux, pour détenir 30% des parts de la SEGL, auxquels s’ajoutent 3 333.33€ lors de la redistribution des actions de la société détenues par Marc Dondey suite à son départ.

 

5 Pour plus d’informations sur cette première crise sociale voir l’article du Monde à ce sujet

https://www.lemonde.fr/arts/article/2018/03/14/la-gaite-lyrique-en-quete-d-une-nouvelle-tete_5270933_1655012.html 

 

6 Dans le même temps a lieu une réorganisation de l’actionnariat de la SEGL : Marc Dondey cède une grosse partie de ses parts à Bertrand Jacoberger qui devient actionnaire à hauteur de 33.33% tandis que Cayley et la SAT augmentent leur participation à 33.33% (rachetant chacun 3,33% de parts à Marc Dondey).

 

7 Le CSE (Comité Social et Économique) est une instance représentative du personnel. Il comprend l’employeur et une délégation élue du personnel comportant un nombre de membres fixé en fonction de l’effectif de l’entreprise.

 

8 Cela avait déjà commencé sous la direction précédente, mais selon nos sources, la nouvelle direction souhaite donner encore plus d'importances à ce type de projets dans les années à venir. 

 

9 « Lorsqu’il  est  demandé  à  un  salarié  de  faire  un  travail  en  opposition  à  ses  valeurs  professionnelles,  sociales et éthiques, cela peut occasionner un mal-être avéré, voire de la souffrance. Les conflits de valeur incluent tous les conflits portant sur les choses auxquelles le travailleur accorde de la valeur : qualité empêchée, sentiment d’inutilité du travail, atteinte à l’image du métier, conflit éthique. » Voir les fiches pratiques rédigées par Micha Ferrier-Barbut et Anaïs Lemaignan sur les risques psychosociaux dans le spectacle vivant.

https://www.cpnefsv.org/sites/default/files/public/pdf/I-Dispositifs-et-outils/sant%C3%A9/Fiche%20pratique%204%20-%20Pr%C3%A9venir%20les%20risques%20psychosociaux.pdf 

 

10 « Les risques psychosociaux sont définis comme un risque pour la santé physique et mentale des travailleurs. Leurs causes sont à rechercher à la fois dans les conditions d’emploi, les facteurs liés à l’organisation du travail et aux relations de travail.» Voir le site du Ministère du Travail

https://travail-emploi.gouv.fr/sante-au-travail/prevention-des-risques-pour-la-sante-au-travail/article/risques-psychosociaux.

 

11 La Commission de Santé, Sécurité et Conditions de Travail (CSSCT), obligatoire dans les entreprises de plus de 300 employé·e·s, peut être mise en place dans les établissements présentant certains risques particuliers. La commission est présidée par l’employeur ou son représentant. Elle comprend au minimum trois membres représentants du personnel, dont au moins un représentant du second collège (techniciens, agents de maitrise), ou le cas échéant du troisième collège (collège « cadres »). La CSSCT se voit confier, par délégation du CSE, tout ou partie des attributions du comité relatives à la santé, à la sécurité et aux conditions de travail. Pour plus d’informations voir le site du Ministère du Travail.

https://travail-emploi.gouv.fr/dialogue-social/le-comite-social-et-economique/article/cse-commissions-sante-securite-et-conditions-de-travail-cssct.

 

12 Deux stagiaires ont également décidé d'écourter leur stage : l'un·e a réduit son stage de 6 mois à 3 mois, l'autre a quitté le service au bout d'un mois.

 

13 Voir la page de la société sur societe.com

14 Sont éligibles à l’agrément d’engagement de Service Civique, les organismes sans but lucratif ou les personnes morales de droit public de droit français. L’engagement de Service Civique ne peut pas être réalisé dans une association cultuelle, politique, une congrégation, une fondation d’entreprise ou un comité d’entreprise. Pour plus d’information voir le site du Service Civique.

https://www.service-civique.gouv.fr/organismes/faq-organisme. Avant la création de l'association des Amis, la Gaîté Lyrique embauchait ses volontaires en service civique en passant par une entité tierce, en l'occurrence la Ligue de l'Enseignement.

 

15 « En tant que volontaires en Service Civique, vous devez intervenir en complément de l’action des salariés, agents, stagiaires, et/ou bénévoles de l'organisme au sein de laquelle vous effectuez votre mission, sans vous y substituer » ; «  les missions proposées dans le cadre du Service Civique ne peuvent pas exclure les jeunes qui n’ont pas de diplôme ou qualification. Les organismes d’accueil ne peuvent donc pas exiger de vous que vous ayez un certain niveau de diplôme, de formation, de compétences, ou d’expériences professionnelles ou bénévoles. Ce sont les savoirs-être et la motivation qui doivent prévaloir »; « le volontaire ne peut pas être indispensable au fonctionnement courant de l’organisme ; la mission qui vous est confiée doit s’inscrire dans un cadre d’action distinct des activités quotidiennes de l'organisme qui vous accueille. Vous ne pouvez donc pas réaliser des missions d’administration générale, de direction ou de coordination technique, qui sont normalement exercées par des permanents, salariés ou bénévoles » Pour plus d’informations voir le site du Service Civique

https://www.service-civique.gouv.fr/page/qu-est-ce-qu-une-mission-de-service-civique.

 

16 La fréquentation de la Gaîté Lyrique entre 2013 et 2018 selon les bilans de concession mis en ligne par la Mairie de Paris : 186 196 visiteurs en 2013 ; 360 747 en 2014 ; 254 332 en 2015 ;  237 404 en 2016 (sachant que la seconde partie d'année a vu la fréquentation chuter de manière vertigineuse avec le début de la DSP2) ; 209 352 en 2017 ; 160 887 en 2018. Pour plus d’information voir le site de la Ville de Paris.

https://www.paris.fr/pages/concessions-3684.

 

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