Le spectre qui hante l'Europe : la peur.

Contrairement aux sondages publiés (comme ici par le Guardian) il me semble probable que la peur l'emportera en Grèce dimanche. Notre optimisme de progressistes nous fait toujours sous-estimer la force de la crainte distillée par les forces de l'ombre. La peur du lendemain, la peur de l'inconnu, la peur irrationnelle que nos actions nous conduisent dans un territoire terrifiant parce qu'inconnu. Quand les autorités reconnues que nous écoutons machinalement depuis des temps que nous ne mesurons même plus ne se privent pas de mentir pour prédire le pire si nous ne faisons pas ce qui est raisonnable le message se fraie un chemin au plus profond de notre esprit.

Nous n'avons pas su protéger un petit peuple au bout du continent  de la main des barbares. Seuls face au déferlement des délires bien-pensant le gouvernement grec n'avait probablement pas d'autre choix que celui qu'il a pris. L'histoire lui rendra justice. Cela n'évitera pas les souffrances à venir.

Les peuples d'Europe refusent sans doute l'idée que cette Europe se trompe. Ils craignent que le monde idyllique que l'Union Européenne représente à leurs yeux ne se fissure et ne s'écroule. Les aveugles  se trompent de peur. Ils ne voient pas qu'elle, l'Europe, vient définitivement de s'effondrer, de perdre tout crédit, toute prétention morale, toute efficacité économique. Nous devrions craindre que les menteurs et les puissants gagnent. Ils vont sauver leur peau dans l'immédiat. pour quels lendemains qui pleurent ?

Combien d'entre nous sauront résister ?

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