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Un de ces baby-boomers tant décriés.. L'important est ailleurs. Dire d'où politiquement on parle. Quelque part entre Marx, Bakounine, Murray Bookchin et Wendy Brown mais aussi Ursula LeGuin et Jackson Browne.

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Billet de blog 8 septembre 2016

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Un de ces baby-boomers tant décriés.. L'important est ailleurs. Dire d'où politiquement on parle. Quelque part entre Marx, Bakounine, Murray Bookchin et Wendy Brown mais aussi Ursula LeGuin et Jackson Browne.

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Premier forum : avantage Trump.

La première confrontation presque directe entre les deux candidats a été décevante. Clinton incapable de développer une vision et Trump alignant des mensonges sans être repris par le modérateur.

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Et voilà. Le grand cirque de la campagne a commencé. Avant les débats organisés par la "Commission on Presidential Debates", organisme  contrôlé par les deux grands partis se tenait hier la première  confrontation publique en tre les deux postulants. L'organisateur était une association de vétérans d’Irak et d'Afghanistan. Le lieu choisi, un ancien porte-avion reconverti en musée militaire ne laissait paa place au doute : il était question de politique étrangère et militaire, des guerres en cours et peut-être de comment en sortir.

La formule

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Chaque candidat a une demi-heure pour répondre a des questions du modérateur, Matt Lauer de NBC qui diffuse, et de l’assistance composée de vétérans. Le tirage au sort a désigné Clinton pour commencer. Il ne s'agit donc pas d'une confrontation face-à-face mais par public interposé. Les questions posées par les vétérans du public se sont révélées bien plus intéressantes que celle du modérateur qui dans l'ensemble a été nul, jugé comme tel par les commentateurs et largement responsable du médiocre résultat de la soirée.

Hillary Clinton.

Sur la demi-heure la  prestation de Clinton a été parasité pendant  10 minutes par des questions sur l'affaire des e-mails qui n'avait qu'un lien indirect avec le sujet supposé.On s'est rapproché du cœur quand la question est venu sur sa gestion des données étiquetées confidentielles. Les questions inévitablement devaient venir sur la guerre en Irak, sur la Libye et le Moyen-Orient en général. Clinton porte le handicap d'être à la fois associée à l'administration sortante et d'avoir voté la guerre en Irak. Elle doit donc d'une manière ou d'une autre assumer le double héritage de George W. Bush et de Barack Obama. Elle a clairement affirmé que son vote pour la guerre en Irak avait été un erreur. Sur la Libye les choses se sont moins bien passées. Contrainte de soutenir une action de l'administration Obama à laquelle elle a participé et dont tout le monde voit aujourd'hui qu'elle a contribué au chaos actuel Hillary Clinton n'a pas su se sortir du guêpier et est resté dans le vague. Le modérateur y est aussi pour beaucoup. Il aurait pu insister pour éclaircir le débat.

Quant Hillary Clinton affirme ne pas vouloir envoyer de troupes au sol au Moyen-Orient elle ne peut ignorer qu'elles y sont déjà. Tous les avic convergent pour estimer à 5000 hommes les forces US actuellement engagées en Irak-Syrie.

Donald Trump.

Le Donald n'a pas eu à forcer son talent. Il a clairement menti à plusieurs reprises. Sur le fait qu'il a lui aussi soutenu la guerre en Irak. Il n'était pas parlementaire donc cela se voit moins mais il s'exprimait déjà sur les choses de la vie publique. Il a fait la même chose sur la Libye. Matt Lauer n'a pas bougé le petit doigt pour mettre au jour les mensonges. Il a fallu qu'un cadre de NBC qui diffusait l'émission twitte en parallèle le rappel des positions de Trump pour la vérité apparaisse un peu.

Comme d'habitude avec Trump les choses deviennent drôle dès qu'il a dit qu'il avait tout compris. On lui rappelle qu'il a un plan pour en finir rapidement avec le groupe État Islamique. Il confirme et refuse toujours de dire de quoi il s'agit. Quand il dit que les généraux qui dirigent actuellement les armées du pays sont des catastrophes il doit opérer une des ses contorsions habituelles : c'est de la faute d'Obama. Ce n'est pas que les généraux soient si mauvais, c'est qu'ils sont mal dirigés.
Sur l'Irak il revient sur sa vieille obsession du pétrole. Quitte à y aller il fallait laisser des troupes dans les régions pétrolières et tout prendre. Ce qui éclaire la vision impérialiste à l'ancienne de Donald Trump : on envahit et on se sert. La loi du plus fort ! Encore une fois pas de réaction du modérateur. Cela laisse aussi penser que pour Trump priver l' État Islamique de l'accès au pétrole serait le fameux plan secret pour en finir rapidement. Cet homme n'a aucune idée de la complexité géopolitique du problème ni de la réalité militaire du terrain. Voilà également une indication de sa manière de conduire la campagne. Alors qu'il a autour de lui, disponibles s'il le veut, les experts Républicains capables de le préparer il continue à n'en faire qu'à sa tête.Il s'est même produit un incident mineur presqu' amusant. Une femme, vétéran d'Irak, l'interroge sur la gravité du problème des suicides d'anciens militaires de retour des opérations et précise même le nombre, 20 par jour,. Il ne peut se retenir de faire le malin et dit "22". Elle insiste sur 20 et acquiesce : "entre 20 et 22".   Il doit avoir le dernier mot et faire celui qui sait même s'il ne connait pas les détails.

Et alors.

Comme le dit Salon ceci restera comme une occasion  ratée d'avancer vers un débat propre et consistant.Les hésitations de Clinton et sa difficulté à affronter de face les problèmes laissent le champ libre à un Trump toujours aussi vide de sens mais sûr de lui.

L'impact de ce forum, le premier du genre et qui pourrait être reproduit lors des prochaines élections tant la question des vétérans est présence dans la société devrait être limité. Les convaincus seront satisfaits de leur champion mais l'important  est dans les indécis et dans la perception de la personnalité des candidats. Ces deux personnalités sont parmi les plus détestées de tout le personnel politique. Clinton a d'ailleurs vu au cours du mois d'Août sa cote se dégrader vis-à-vis de Trump. Au-delà des arguments et des raisonnements l'attitude et la fermeté des positions  risquent de jouer un grand rôle. A ce jeu-là Trump joue sur son terrain, peut dire toute les stupidités du monde et emporter le mise. La question est de savoir quelle proportion de l'opinion fonctionne sur ce mode.

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