L'espoir dans la fiction

Plutôt que d'écrire encore un essai ou un traité d'économie Yanis Varoufakis a choisi la fiction comme chemin vers l'espoir. Quel que soit le contenu l'entreprise mérite attention.

Yanis Varoufakis ne déteste pas d'être une des personnes les plus controversées de la gauche européenne (et même plus). Il vient d'en rajouter une couche.

Il n'a pas seulement été ministre ou fondateur de seul  parti politique réellement pan-européen. Il est d'abord enseignant. Entre autres ouvrages après avoir tenté dans "Le minotaure planétaire (ISBN 979-1094546000) de rendre compte de la l'origine et l'éclatement de la crise financière de 2008, il a voulu faire oeuvre de pédagogie économique avec "Un autre monde est possible : pour que ma fille croie encore à l'économie"  (ISBN 978-2081365964).

Avec "Conversations entre adultes. Dans les coulisses secrètes de l'Europe"  et le compte-rendu complet des réunions de l'Eurogroupe, un des cénacles les plus fermés de la planète dont on peut rappeler au passage qu'il n'a même pas d'existence statutaire dans les traités européens, il est sorti du cadre des ouvrages plus ou moins académiques ou pédagogiques pour intervenir dans le domaine de la politique économique.

Son nouveau livre fait un pas de plus dans l'aventure militante. Constatant que depuis Thatcher et la défaite de ouvrière symbolisée par l'échec de la grève des mineurs il s'est attaqué la gauche a perdu l'essentiel, l'espoir qui alimentait le moteur des luttes de ma jeunesse  il joue la carte de la fiction, de la science fiction politique.

Il observe les changements opérés par la crise de la pandémie de COVID-19 pour bâtir l'utopie d'un socialisme construit dans les décennies qui viennent sur les ruines d'une finance totalement déconnectée de la réalité du monde comme l'indique déjà la fuite vers le haut des indices boursiers dans le contexte de la pire des crises économiques.

Quel que soit le contenu du livre ("Another Now") que je n'ai pas encore eu le temps de litr et les hypothèses économiques, sociales et politiques envisagées l'entreprise mérite dans son principe d'être remarquée comme une réelle contribution au débat.

Evidemment tout ce que la planète compte de marxistes plus ou moins intégristes va hurler au blasphème, en tête sans doute les trotskistes  du CADTM. A chacun de juger si ouvrir une discussion sans tabou et se donner l'objectif de reconstruire l'espoir ne vaut pas une violation (temporaire?) des postures orthodoxes.

 

 

 

 

 

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