Service public d'information ?

Trois jours de suite je m'emporte devant le journal de France2. Bien fait pour moi direz-vous. Je connais les risques que je prends en allumant la télé au lieu de suivre l'exemple de ma fille qui ne se sert plus de la machine que pour regarder les spectacles enregistrés qu'elle choisit.

Avant-hier le dit journal réussit à tenir plusieurs minutes sur une non-information intégrale : la Chine est devenue la première économie du monde. Si la date pouvait être douteuse nous savions la nouvelle inéluctable et proche. Cela aurait pu être l'occasion d'une discussion minimale sur les imperfections du seul outil de comparaison, le PIB, voir d'une critique de l'application d'un tel critère à des économies aussi structurellement  différentes que celles des États-Unis d'Amérique, de l'Europe ou de la Chine. La vacuité informationnelle absolue.

Hier on remet le couvert avec le Prix Nobel d’économie qui comme chacun sait n'existe pas. Les spectateurs de la principale chaine du service public sont donc privés de l'information qu'un prix créé et attribué par la Banque de Suède  joue au Prix Nobel. On accentue même la supercherie en montrant côte-à-côte Patrick Modiano, lauréat du "vrai" Prix Nobel de Littérature et le récipiendaire français du prix de la Banque de Suède. Évidemment pas un mot sur les discussions soulevées par les travaux dudit récipendiaire.

Ce soir l'obscurantisme continue avec le sujet sur les notes à l'école. Personne n'évoque la complexité et la technicité de la question de la docimologie, bien grand mot pour la discipline qui traite des processus d'évaluation. L'attention est attirée prioritairement sur l'aspect éventuellement traumatisant du système classique de notation. On retrouve bien le pyschologisme au rabais ambiant et l'ignorance du débat pédagogique qui caractérise les médias de grande diffusion.

Ce ne sont que trois exemples parmi d'autres.

Bonne soirée à tous.

Dominique Courtois

 

 

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