Nous avons eu droit à la comédie habituelle qui est la marque du style de gouvernement de Donald Trump, si tant est qu'on puisse appelé cela gouvernement. L'adjoint de Rex Tillerson, Steven Goldstein, est devenu un dégât collatéral du licenciement de son patron. Il a annoncé que Tillerson avait appris la décision par le tweet du président et qu'il n'était pas d'accord. Il a donc été lui aussi remercié. D'autres informations semblent montrer que Tillerson avait été approché par le "chef de cabinet" (chief of staff) de la Maison-Blanche John Kelly en fin de semaine de la volonté du président de ne pas le garder. Il aurait souhaité temporiser et revenir à Washington. On avait d'ailleurs remarqué que Tillerson était tombé malade en cours de voyage diplomatique et avait annulé ses réunions avec les responsables africains. Savait-il déjà qu'il n'était virtuellement plus ministre ?
Son soutien à Teresa May contre la Russie a été très remarqué ainsi que son discours d'adieu dans lequel il a redit le danger présenté par la Russie, exposé une politique étrangère contradictoire avec celle de Donald Trump et jamais prononcé le nom du président.
Les noms des personnes impliquées dans le petit jeu de chaises musicales induit sont intéressants.. Mike Pompeo remplace Tillerson. Mathieu Magnaudeix a exposé ce qui convenait de dire à son sujet, sa ressemblance avec Trump, la proximité de leurs vues et ses liens les frères Koch qui incidemment possèdent de nombreux intérêts dans le monde, hors de leur pays. Mais ces dernières semaines on entendait parfois d'autres noms comme ceux de McMaster, le général conseiller du président à la Sécurité Nationale ou John Bolton, l'ancien ambassadeur à l'ONU de Georges W. Bush. Trump a naturellement préféré un politique à McMaster, faucon mais militaire compétent moins malléable et qui a eu le tort de dire après les récents progrès de l'enquête sur l'ingérence russe qu'elle est indéniable. Bolton, diplomate aguerri de même aurait pu être encombrant dans la phase politiquement agitée qui se profile mais surtout professe des positions très dures sur la Corée incompatibles avec la ligne actuelle de dialogue que Trump a pour l'instant récupérée (mais cela durera-t-il?).
Le départ de Pompéo de la CIA a posé la question de son remplacement. Il y a peu à dire de plus sur la remplaçante qui va faire face, espérons-le, à une procédure de confirmation difficile au Sénat vu ses antécédents de tortionnaire. Mais c'est une surprise car beaucoup de gens voyaient à ce poste une des stars montantes de la droite Républicaine, Tom Cotton, particulièrement virulent sur l'immigration. On évoque 3 raisons possibles pour que Cotton n'ait pas eu le poste.
- La majorité Républicaine au Sénat est fragile, prendre un risque a pu effrayer.
- Cotton lui-même a pu préférer ne pas se lier avec un pouvoir dont l'avenir est incertain.
- Car il prépare à coup sûr sa propre candidature à la présidence. Les ennuis de Trump l'obligent à anticiper et à être prêt pour 2020 si besoin. Coincé à la CIA il aurait été politiquement muselé. Il sera intéressant de le suivre de près surtout après les élections de Novembre.