Kavanaugh jusqu'au bout.

Cette fois c'est clair les Républicains maximisent l'affrontement pour améliorer les performance aux élections de Novembre. Et tant pis pour l"unité du pays et la crédibilité de la Cour Suprême.

Mitch McConnell, le leader Républicain du Sénat a tenu un discours inattendu et au ton inhabituellement  offensif chez lui. S'adressant au président il l'a assuré du soutien à Brett Kavanaugh et d'un vote de confirmation rapide.

Quelques minutes avant Donald Trump avait réaffirmé son soutien et l'ensemble du Grand Old Party est à l'unisson. Pour ôter tout doute Susan Collins que l'on suppose en général la plus susceptible d'avoir des doutes a redit publiquement sa conviction que Brett Kavanaugh ne remettrait pas en cause l'arrêt "Roe v. Wade", c'est-à-dire le droit fédéral à l'avortement. Autrement dit elle a fait savoir qu'elle voterait pour la confirmation. Le parti Républicain a rarement été ausi cohérent et aussi coordoné. Il s'agit donc bien d'une contre-offensive en règle qui montre que l'analyse partagée par tous les conduit a l'affrontement pour faire passer leur poulain. Ils en ont arithmétiquement les moyens avec leur majorité au Sénat. Ils affirment leur décision politique de passer outre les remous actuels. Que Brett Kavanaugh ait montré qu'il manque de l'indépendance d'esprit qui est censée être la première qualité d'un juge suprême leur est indifférent.

Pourtant McConnell et Chuck Grassley en tant que président de la commission juridique du Sénat sont largement responsables avec la Maison-Blanche du bazar actuel. S'ils avaient pris le temps de correctement examiner le passé de leur candidat ils auraient évité le pire.

Ils escomptent donc que les bénéfices l'emportent sur les inconvénients. Le premier d'entre eux est la majorité à la Cour Suprême, enjeu de long terme qui peut emporter la décision. Par ailleurs ce faisant ils déportent les Démocrates vers la gauche en les obligeant à surenchérir dans l'opposition ce qui peut  leur couter des sièges en Novembre et en tous cas des voix dans les franges modérées de l'électorat. Un échec ou une temporisation dans le processus de nomination démobiliserait sans doute leur électorat dont une grande partie attend le basculent "définitif" de la Cour avec impatience, en particulier la droite religieuse.

Cette attitude va maximiser en contre-partie la mobilisation de l'électorat Démocrate et la désaffection d'une partie de la population féminine mais ces segments sont déjà largement motivés et il est probable qu'il n'en résulte que peu de mouvement.

D'un point de vue civique, et non partisan, les conséquences de la poursuite forcenée du processus devraient accentuer la profonde fracture existant déjà dans le pays et porter un coup à la crédibilité de La Cour Suprême et donc au système politique dans son ensemble. Manifestement l'intérêt partisan passe bien avant ces considérations.

 

 

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