Après le vote irlandais, quel impact sur le Royaume-Uni

Le référendum irlandais sur l'interruption volontaire de grossesse ne pourra manquer d'avoir des répercussions dans la province du nord et même au-delà.

La législation sur l'avortement dans le Royaume-Uni présente quelques particularités. La situation est différentes dans les différentes nations. En Angleterre et au Pays de Galles l'IVG est autorisée sur double avis médical en cas de danger pour la santé ou la vie de la mère ou de l'enfant dans la limite de 24 semaines. En Écosse l'usage domestique de la pilule abortive est autorisée. En Irlande du Nord seul le danger pour la vie de la mère est pris en compte. Ce dernier cas a conduit à légaliser le remboursement des frais de voyage pour les irlandaises du nord qui viennent avorter en Angleterre. La pression pour faire évoluer la législation dans la province du nord était inévitable après la victoire du oui. Cela n'a d'ailleurs pas trainé. Déjà des parlementaires demandent à Teresa May d'organiser un référendum en Irlande du Nord. Si la Première Ministre a beau jeu de répondre qu'il s'agit d'un sujet qui n'est  pas de son ressort elle est de toutes façons coincée par son alliance avec le DUP, parti nord-irlandais résolument anti-avortement.

De plus ces questions font partie des sujets "dévolus", c'est-à-dire relevant de la compétence des gouvernements locaux. Or la crise qui perdure en Irlande du Nord n'a pas permis la formation du gouvernement de coalition prévu par les accords du Vendredi Saint. Un référendum pourrait permettre de sortir de l'impasse mais encore  faudrait-il un gouvernement local pour l'organiser.

La signification du vote de Vendredi pourrait bien aller au-delà. L'opinion irlandaise s'est révélée à elle-même l'ampleur de son évolution sur un sujet critique.

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