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Le Club de Mediapart ven. 30 sept. 2016 30/9/2016 Dernière édition

Indépendance, vous avez dit indépendance ?

La « culture de soumission » du Parquet , il y a belle lurette qu'il la dénonce quand il en a l'occasion, c'est-à-dire souvent. Mais cette fois, Eric de Montgolfier, procureur à Nice, nous interpelle : « D'où vient le mal ? » Videos inédites et anecdotes ravageuses sur l'état du pays.
La « culture de soumission » du Parquet , il y a belle lurette qu'il la dénonce quand il en a l'occasion, c'est-à-dire souvent. Mais cette fois, Eric de Montgolfier, procureur à Nice, nous interpelle : « D'où vient le mal ? » Videos inédites et anecdotes ravageuses sur l'état du pays.

 

On peut dire les choses ainsi : les chancelleries passent, Eric de Montgolfier reste... à Nice. Cette année encore, baie des Anges pour ce magistrat qui de l'affaire OM-VA aux réseaux souterrains dans la magistrature, en passant par la case correctionnelle ( et relaxe) vrille les nerfs des garde des Sceaux.

L'indépendance ? Un état d'esprit d'abord, explique-t'il en substance.« Donnez le statut le plus protecteur qui soit à un magistrat, s'il n'a pas envie d'être indépendant, il ne le sera pas. Et c'est si facile d'être dépendant... », expliquait-il il y a un an dans Mediapart ( entretien qui mérite d'être relu en ce moment). Et qui vaut aussi pour les magistrats du Siège : on a connu des juges d'instruction, disons, sensibles aux atmosphères.

Or donc, Eric de Montgolfier était l'un des invités, fin juin, aux Causeries du Palais, improbable réunion de juges, de policiers, d'avocats mais aussi d'habitués des prétoires côté box des accusés ,qui se déroulent dans le cadre du festival Simenon des Sables d'Olonne .

 

Lorsqu'il prend la parole, Le magistrat suit depuis deux jours des interventions au cours desquelles auront été évoquées - librement, c'est le mot - des affaires, des affaires en cours, le cours de la justice, et des affaires qui ne le sont jamais devenues...

Pour ceux qui sont très pressés ( mais les videos sont courtes), pitch.

 

Première video

 

Poursuivre des intouchables, des people, certes, mais qui les a faits rois ? « Vous, mes chers compatriotes... » « Nous ne sommes que les serviteurs de la justice , les maîtres en démocratie, c'est vous... » Le goût du people, la passion publique pour les puissants sont autant de défenses lorsque la loi veut demander des comptes. Hors video - non filmé par hasard - Eric de Montgolfier remarquait que des élus condamnés, loin se retrouver au ban de la vie publique, reprenaient souvent le cours de leur carrière. Comme si les électeurs penchaient davantage pour le débrouillard que pour l'honnête homme... » Ne sommes-nous pas responsables de ce que nous avons laissé faire ? »

L'indépendance, l'indépendance... « ... d'abord une capacité à se dégager de ses propres appétits... » La justice, dit-il, sera toujours soumise à une alternative. D'un côté ceux qui veulent chasser les marchands du temple au risque de monter sur la croix, de l'autre ceux qui laissent faire : « Pilates est parmi vous ».

© pomponel78

 

Video deux

 

Où l'on voit le procureur de la République narrer sa découverte d'un haut lieu de la vie niçoise, l'endroit qui compte, dans tous les sens du terme , et où un ministre en exercice ne franchit pas toutes les barrières...

Où l'on voit un magistrat, alors affecté à la Chancellerie, découvrir une énorme affaire de fraude fiscale et corruption, étudier de près la liste des heureux bénéficiaires, prendre la mesure des usages souterrains... et ce qui ne s'ensuivit pas.

 

© pomponel78

 

Remerciements à Raphaël P. qui au débotté aura assemblé ces images filmées impromptu.

Autour d'Eric de Montgolfier, de gauche à droite, Didier Gallot, magistrat, Jean-Louis Pelletier, avocat, Charles Blandigneres, responsable du service blanchiment de la Société générale, Gilbert Thiel, juge d'instruction à la section anti terroriste, Pierre Beylot, rédacteur en chef du Point, Claude Gauteur, historien du cinéma et critique, Michel Carly, écrivain.

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Tous les commentaires

Clair. Excellent sujet du temps.

Ambiguïté, difficulté, sens de l'humour, le discours a son sens, mais dans tous les cas la leçon est donnée.

Eric de Montgolfier compte, par l'exemple, la voix, et la conscience.

Pas de déni de réalité dans le texte.

Pas de principes non plus. Ils sont forcément et depuis très longtemps intégrés.

Alors c'est semble-t-il, juste un combat. Là il gagne, là il attend son heure.

Un homme, comme les autres, qui font le même métier, l'exigence en moins.

Il faut séparer le bon grain de l'ivraie, mais où trouver le courage, et la force?

Dans les silences qui rythment et donnent leur sens aux mots. Et la dignité de la position.

On n'échappe pas à l'épreuve, quand on se mêle de régler le sort et la situation des hommes. C'est vrai partout, et particulièrement dans la justice.

On aura les citoyens qu'on a formé, et tout est encore dans l'éducation et la connaissance.

Qui ont toujours été le fer de lance de la liberté.

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