Following Sean

Je ne sais pas pendant combien de jours vous pouvez encore voir ce film diffusé sur Arte, en cliquant ici. Ensuite, sans doute, en payant, ce sera possible et en vaudra la peine de toute façon.

J'ai vu plein de films, sur cette période, ce lieu et d'autres: nostalgiques, ironico-cyniques, re-cons-ti-tués, copieurs, quel ennui. Celui-ci est généré par un film d'étudiant en cinéma de San Francisco fin des années soixante, qui interroge d'abord Sean, quatre ans, l'enfant des voisins et peut-être modèles. Sean, le regard de Sean qui est, comme dit ailleurs, ce qui sera le monde, après.

Ce film d'étudiant frappe, saisit, est visionné à la Maison Blanche. Sean, quatre ans, sera un toxico, ou un trader, pas moins, dit-on.

Et vingt cinq ans plus tard, on refilme tout le monde. C'est un peu notre rêve documentaire, voir au long cours, sauf que généralement le propos tue la durée, veut nous le cadrer, digérons-digérons: ici, la caméra toujours s'inquiète.Apparait alors l'Amérique de gauche - saisissant et bref document de la période Mac Carthy- l'héritage improbable de la rebellion, l'échec et ce qui perdure, les gens, l'amour ( pas mal d'amour) surtout et d'abord, le souterrain et l'évident, la bousculade des films amateurs et irremplaçables, les images voulues. Sean était un héritier de la gauche sans le savoir, comme celui qui le filmait, d'une autre gauche, côte Est.Tout est juste, car porté par une nécessité.Une honnêteté foncière de film au je.. De plaisir, en un torrent sur des corps nus, en un plan rapproché sur un visage lumineux.Et peut-être, au delà du propos ouvert du film, cette extraordinaire continuité qui perdure, revit, en pays froidement tempérés. Indispensable je ne sais pas, seuls d'autres peuvent confirmer. Tant de visionnages en si peu de temps sur Arte: peut-être.

 

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