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Le Club de Mediapart lun. 26 sept. 2016 26/9/2016 Dernière édition

Mediapart, danse avec les blogs

Il y a un an, presque jour pour jour, je cliquais précautionneusement sur l’espace « poster un billet », ouvrant ainsi le premier blog de ma vie, soit 22 feuillets bien sentis sur la Russie, sans illustration aucune, à tuer l’internaute.

Il y a un an, presque jour pour jour, je cliquais précautionneusement sur l’espace « poster un billet », ouvrant ainsi le premier blog de ma vie, soit 22 feuillets bien sentis sur la Russie, sans illustration aucune, à tuer l’internaute.

 

Aujourd’hui, au terme d’une formation informatique désordonnée, mais entêtée, j’importe, j’exporte, je dailymotionne, je gogolise, comme dit un ami, et même j’ose marmonner contre le plan américain façon ORTF d’antan sur fond de bibliothèque, en cas d’interview Lanzmann .

Méfiante et réfractaire à l’abonnement pieds et poings liés, j’avais opté pour le versement mensuel . Pouvoir quitter, claquer la porte, m’est encore indispensable.

 

Donc, pas de gâteau anniversaire, pas de mediapart mon amour, mais ce constat qui en lui-même vaut compliment: si je suis encore là, c’est que j’y trouve mon compte. D’abord en lecture. Y compris dans la critique : les journaux qu’on qu’on ne critique plus, sont ceux qu’on a cessé de lire. Pour un journal, par les temps qui courent, la fidélisation est primordiale.

 

Cette semaine, j’ai appris que Post Intelligency de Seattle, quotidien historique encore vendu chaque jour à 150 000 exemplaires,abandonnait le papier. Quarante personnes se sont déplacées pour protester…

J’ai lu que l’Unita, en Italie, sombrait.

 

Ce week-end, Libération, organise un raout à Rennes, sur le thème, comment sortir de la crise ? Bonne question, en ce qui le concerne, déjà. Ce paysage en voie de désolation, chaque jour j’y pense.

 

Alors voici une contribution ciblée, guère plus : les débats sur mediapart ne manquent pas. J’aurais préféré publier ceci dans l’édition Alm, mais voilà : membre de la première heure sur papier, je n’en suis pas pour de vrai.

 

 

 

Il y a un an, c’était simple et idiot, le Club : plus on écrivait, plus on était en première page. Le stakhanoviste du billet devenait ainsi visible, au détriment de la contribution rare. Le nombre de blogs étant alors bien plus réduit qu’aujourd’hui, on s’y retrouvait, à condition d’être curieux, et d’avoir du temps.

C’était idiot, mais pas pervers. On s’ébrouait, on s’amusait, aussi. On découvrait avec stupéfaction la violence des échanges en société tempérée. On se découvrait tout court. Personne ne pensait vraiment que les articles étant presque tous réservés aux abonnés, le Club devenait vitrine , produit d’appel ( 15 000 abonnés environ, 450 000 lecteurs de passage). Ni aux reprises sur d’autres sites, ni au référencement google, ni à..

Puis est venu l’aménagement actuelavec moult entrées-hiérarchisations possibles.

L’apparition en Une, en page colonne de droite dans le journal, « les nouveaux billets », « les plus recommandés », « les blogs les plus recommandés » et « les plus commentés », « le choix de la rédaction », etc… Nous connaissons tous. Classifications auxquelles il faut ajouter les fils www.mediapart.fr/activity ou www.mediapart.fr/tracker qui nous renseignent sur les commentaires des uns et des autres, le « mouvement ».

On a toute la place qu’on veut, ici. Pas comme dans les journaux-papiers, où l’on peut batailler pour dix lignes de plus. L’occupation est temporelle. Toute nouvelle publication chasse l’autre, et notre moteur de recherche étant du type secret, on a vite fait de dégringoler dans les soutes.

La liberté d’expression, sur mediapart, n’est menacée ni par la rédaction, ni par les blogueurs. Aucun « sors de mon blog ! » n’en vient à bout, on l’a vu. Cette liberté souffre bien davantage du brouillage et du fracas des egos, comme ailleurs. Le souci de rester apparent, sinon plébiscité… Loi de l’audimat plus que censure.

Nous savons tous comment faire pour être vus, lus, commentus.

Occupée ailleurs quelques temps, ne passant que rapidement, trackerisant à l’occasion, j’ai ainsi survolé nombre de cérémonies d’adieux, suivies de retrouvailles, je me suis énervée contre des serial billetistes qui vous squattent la page en salve. Bref, le Club est le bon sujet no 1, avec empoignades garanties,suivi du compassionnel propre à enclencher les indignations, talonné par la polémique, sarkozyenne, ségoléniste, voire modemiste, ce qui m’étonne toujours.

Caricatural ? Sur le fond oui, car survivent fort bien des textes de fond, des poètes ressurgis, des OLNIS[1], des trucs drôles, des témoignages, des dessins, des musiques, plus des tas de rencontres. Mais…

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J’ai donc posé la question à quelques abonnés-lecteurs muets : une frange – avec parmi eux des tenants de la démocratie participative – se sentirait déchoiren commentant articles ou blogs avec le tout-venant. Ils estiment que leur pensée doit être sollicitée, et dans les formes. C’est une minorité. D’autres tombent des nues : quand ils ont cliqué sur un « plus commenté », ils sont arrivés sur une engueulade homérique entre blogueurs apparemment intimes, ils n’ont pas dérangé, et se sont retirés, laissant la cour de récré s’ébattre, réservant leurs ( rares) commentaires au journal. D’autres s'étonnent : hein, quoi, ah les blogs, y’a des trucs bien ? D’autres encore lisent, s’amusent, s’intéressent, s’énervent, ils sont comme moi, incapables de passer devant une fenêtre illuminée sans jeter un coup d’œil. Mais ils n’entrent pas.

on met un billet sur un site, c’est bien pour être lu. Mais figurer au tableau d’honneur ? Désormais, je m’aperçois que je ne consulte plus que trois choses : le journal ( et donc aussi les colonnes de droite) la page ouverture club, avec une sélection différente, les derniers publiés, point.Après, c’est promenade libre.

Un compteur – consultable par l’auteur, la rédaction – serait utile, s’il est élaboré : clic de curiosité ( quatre secondes) ou lecture. Consultation interne ou externe. Ca oui. Si au 27ème billet vous n’avez toujours qu’un seul afficionado, c’est peut-être un signe.Mais le reste induit rapidement des rapports quasi claniques parfois, et combien de fois, comme moi, avez-vous lu avec intérêt quelque chose, sans laisser de trace ?

Le pire, bien sûr, ce sont les éditions. Certains abonnés ignorent qu’elles existent : ils en ont lu, mais sans les identifier comme telles. Ils ne savent pas où les trouver ( aller en Club, troisième clic à droite, puis…). Louper un article est tragique, pour peu que le créateur de l’édition se soit fendu d’un titre décalé.

Le temps d’apparition d’un article est très court ( quand il apparaît). Les thématiques ne sont pas regroupées, et le moteur de recherche toujours peu coopérant. Pourquoi ne peut-on accéder aux éditions en Une, pour commencer ?

Au départ, les éditions me gênaient : où s’arrête le participatif, ou commence la collaboration gratuite, alors que des centaines de jeunes journalistes traquent la pige ? Et pas que des jeunes, d’ailleurs.

Mais unique terrain de collaboration entre rédacteurs et lecteurs, riches, variées, elles mériteraient mieux, les éditions. Certaines tombent en panne .. Certains optent pour le blog, qui a au moins son quart d’heure de visibilité. Il faut la conviction de Thierry Arendt Ternisien, l’énergie de Christine Marcandier-Bry pour les faire tenir…

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Les dispositifs de blogs, je ne regarde plus. Ni mes contacts ( brouillés par un bug depuis des mois), ni les plus quoi que ce soit, antichambre de la déception. Je cherche des noms, en habituée, j’en évite d’autres, je cherche des repères, je vais voir des inconnu(e)s, le bloguimat institué m’ennuie. Et les jours où je n’ai pas le temps, je ne lis plus rien : là est le danger principal, peut-être. Car, à travers les déambulations blogs, je ne cherche pas la similitude, mais la différence, la surprise, le savoir de l’autre. Faute de pouvoir les repérer facilement , je m’aperçois que je me rabats sur ceux que je connais déjà, ce qui peut devenir un facteur de fermeture, à l’usage. Le club version 1789 vire alors au Club tea-time.

De tout cela, il a été question cent fois ici et là, et par là, j’entends aussi avec mediapart : on y pense, donc ,à une refonte aidant à la lecture, moins infantilisante, mais ça traîne. Il y a certes d’autres urgences, mais quand même…

 

 

Photos: Lili Brik, Rodchenko, juste pour le plaisir

 

 

 


[1] Objet littéraire non identifié

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