Le scandale "de trop" dans cette présidentielle 2017

Certains médias audiovisuels privés, sont-ils sous les ordres des sondeurs d’opinion ? Pour beaucoup, c'est un oui massif !

Certains médias audiovisuels privés, sous les ordres des Instituts de sondages ?

Entretien avec Monsieur Nicolas Dupont-Aignan, Député de l'Essonne, Maire de Yerres, Président-fondateur de Debout La France (DLF) et Candidat à l'élection présidentielle 2017

En France, il existe une particularité, qui est criante et scandaleuse : à chaque élection, les candidats des "petits" partis politiques français sont méprisés, superbement ‘’oubliés’’ et traités comme des denrées négligeables par beaucoup de médias privés. Et, cette Présidentielle 2017 va être encore plus plongée dans ‘’le scandale ‘’de trop’’ à cause de TF1, la chaîne de télévision privée, une des plus importantes du PAF, qui ose écarter du débat démocratique Nicolas Dupont-Aignan, un des candidats principaux de cette élection majeure pour notre pays, ce, me semble-t-il, en flagrante violation de l’Article 4 de la Constitution de la Vè République. (1).

Pendant ce temps, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA), semblant ne pas intervenir, garde le silence !

C’est vraiment pathétique, lamentable et pitoyable !

« TF1 vient de rendre publique la liste des candidats à l’élection présidentielle invités à participer au débat du 20 mars 2017. J’apprends avec sidération que seuls ceux actuellement crédités de plus de 10 % dans les sondages seront autorisés à s’exprimer », s’insurge, dans son appel au boycott de TF1(2), Nicolas Dupont-Aignan, Président-fondateur de Debout la France et candidat à cette présidentielle 2017, qui parle également pour les autres candidats écartés comme lui de cette émission.

TF1, qui, au détriment de la Démocratie et de l’expression démocratique, oublie superbement que le Peuple français, de surcroit électeur, a le droit à l’information, a le droit à écouter chaque candidat, et, d’être seul juge des propos tenus par les personnes interviewées, de se forger une opinion, qu’il exprimera dans le secret des urnes !

 Certes, un média est libre d’inviter ou de ne pas inviter un Elu de la République(3). Mais, TF1, n’est-elle pas soumise, elles aussi, à une mission de service publique, tout comme toutes les chaînes privées qui diffusent de l’information ? En effet, comme je l’ai dit plus haut, le journaliste n’est pas là pour juger, sa Direction non plus : son rôle de journaliste est de donner l’information, de l’analyser, de la commenter en respectant la déontologie et l’éthique de cette profession…,  ce, par quelque moyen que ce soit, et celui de sa Direction est de diffuser l’information, en direction du public !

 Pour rappels, le journaliste-interviewer, le journaliste-meneur de débat sont responsables de leurs questions ! Leurs invités, eux, sont responsables de leurs réponses. C’est ce que beaucoup, parmi les sondeurs d’opinion, les annonceurs publicitaires et certains journalistes, oublient !

Malheureusement, beaucoup de parisianistes de salon, d’adeptes de la pensée unique… et que sais-je encore… veulent, très certainement autour de petits fours et de cocktails entre ‘’amis’’, réduire au silence tous les partis politiques qu’ils considèrent comme ‘’petits’’, ce, au nom de la sacro-sainte course à l’audience et aux parts de marchés publicitaires ! De ce fait, nous, électeurs-lambda, subissons, comme toute notre classe politique sans exception, ‘’la dictature des instituts de sondage’’ et ‘’la dictature de l’Audimat’’ !

Alors, ne faudrait-il pas interdire formellement, lors de toute campagne électorale, présidentielle, législative, sénatoriale, européenne, régionale, départementale et municipale, toute organisation et toute diffusion de sondages à caractère politique jusqu’aux résultats définitifs des élections ? Personnellement, j’en serais favorable à cette mesure, car les sondages faussent les analyses politiques et influencent le vote des électeurs que nous sommes. On devrait prôner cette même interdiction pendant l’organisation des Primaires… Cela éviterait très certainement ce scandale provoqué par TF1(4).

 

 

Nicolas Dupont-Aignan, Président-fondateur de DEBOUT LA FRANCE (DLF) et Candidat à la Présidentielle 2017 © DEBOUT LA FRANCE (DLF) Nicolas Dupont-Aignan, Président-fondateur de DEBOUT LA FRANCE (DLF) et Candidat à la Présidentielle 2017 © DEBOUT LA FRANCE (DLF)

Bonjour Monsieur Nicolas Dupont-Aignan. Tout d’abord, TF1 ne veut autoriser que les candidats à cette élection présidentielle 2017 à s’exprimer lors de son émission politique du 20 mars 2017, à l’unique condition qu’ils soient crédités de plus de 10 % dans les sondages. De ce fait, TF1, qui ne retient que 5 candidats, vous écarte, vous, ainsi que certains candidats à la Magistrature suprême de notre Pays, de ce débat. Selon vous, pour quelles raisons, cette chaîne privée de télévision agit ainsi alors que d’autres chaînes d’information et les chaînes du service public invitent tous les candidats sans exception ?

Cette chaîne de télévision se permet de trier des candidats, en fonction de critères basés sur des sondages inopérants. C’est un véritable scandale.

MM. Hamon et Fillon étaient crédités respectivement de 2 et 8% des intentions de vote lorsqu’ils ont démarré leurs campagnes lors des primaires. Ils n’auraient pas pu émerger sans les débats. 

Contrairement à ce qu’affirme TF1, ce choix ne respecte en rien la loi qui définit la notion d’équité. Cette-ci s’apprécie en prenant en compte plusieurs critères dont les résultats des dernières élections et l’animation de campagne.

A ce titre, mon parti DLF a obtenu en décembre 2015 autant de  voix que le Font de Gauche de M. Mélenchon (827 000 voix).  Il n’y a que 4 partis en France, dont celui que je préside, qui a été capable de présenter sur tout le territoire des listes aux régionales. Debout la France est ainsi le 4e parti, devant les Verts et le Front de Gauche, dans 13 départements français et le 5e dans 38 autres.

 

Logo de DEBOUT LA FRANCE (DLF) © DEBOUT LA FRANCE (DLF) Logo de DEBOUT LA FRANCE (DLF) © DEBOUT LA FRANCE (DLF)

 

A la suite de ce scandale, vous demandez, à tous les téléspectateurs, de boycotter TF1, son audience devant s’écrouler. Cependant, sachant que le téléspectateur-lambda est un inconnu, qui, de chez lui, peut, sans que cela soit su, regarder telle ou telle chaîne, pensez-vous que ce boycott contre TF1 pourrait marcher ? Si oui, de quelle manière ?

J’espère que les téléspectateurs vont réagir massivement et envoyer des dizaines de milliers de courriers de protestation au siège de TF1. C’est un véritable viol démocratique.

 

Vous venez de déposer, à l’encontre de TF1, un référé. Ce référé, pourra-t-il également être utile à tous les autres candidats considérés comme étant issus de ‘’petits’’ partis politiques ?

Oui, bien sûr. Il ne s’agit pas de moi, il s’agit de la démocratie en général. Au moment où la classe politique et les médias sont de plus en plus désavoués par les  Français, il va de soi qu’une décision aussi partiale ne peut que faire douter nos concitoyens de la réalité de notre démocratie.

Le Conseil d’Etat s’est saisi l’affaire, et l’audience publique est prévue le jeudi 16 mars à 10h. C’est déjà une petite victoire.

 

Ne pensez-vous pas qu’il faudrait changer les règles et que le CSA se penche sur ce problème, ce, afin que l’expression démocratique puisse être exprimée, aussi bien dans l’audiovisuel privé que dans l’audiovisuel public ?

Bien entendu. C’est l’enjeu de mes démarches. Le CSA devrait avoir plus de poids pour imposer à certaines chaînes de respecter la démocratie.

 

Pensez-vous, comme moi, que les le secteur audiovisuel, aussi bien privé que public, a une mission de service public, qui consiste à informer sans porter de jugement ?

 En effet, je souhaite simplement que l’équité et l’égalité des candidats soient respectées à l’occasion d’une présidentielle afin que les Français puissent faire des choix en conscience. C’est impensable que les médias volent l’élection aux Français !

 

Monsieur Nicolas Dupont-Aignan, j’en viens aux sondages organisés lors des primaires, mais également lors des élections (présidentielle, législative, sénatoriale, européenne, régionale, départementale et municipale)… Il semblerait que ces sondages faussent l’analyse politique, mais également la libre expression des votes, dans le secret des urnes, en influençant les électeurs, mais également les grands électeurs. D’ailleurs, TF1, qui vous ‘’censure’’, semble, à mon avis, se mettre au garde-à-vous devant les sondeurs d’opinion… Aussi, ne pensez-vous pas qu’il faudrait interdire formellement l’organisation et la diffusion de ces sondages pendant une campagne de Primaires, mais également pendant une campagne électorale, ce, jusqu’aux résultats définitif de ces scrutins ?

Cela peut être une solution.  Je souhaite davantage de transparence autour du financement des sondages. Les écarts entre certaines enquêtes qui paraissent favoriser tel ou tel n’instaurent pas un climat de confiance. La consanguinité entre les milieux d’affaire, les instituts de sondage et certains politiques nuisent à notre démocratie.

 

Maintenant, il semblerait, au-delà de cette affaire, que les parrainages créent, pour chaque candidat, le même problème crucial et récurent, puisqu’il faut obtenir 500 signatures de grands électeurs pour pouvoir être candidat à la Présidentielle 2017. Plus grave encore, les parrainages sont publics, ce qui freine certains grands électeurs face aux candidats à la Présidentielle(5). De plus, ce sont les grands électeurs qui enverront leurs parrainages au Conseil Constitutionnel. Alors, ne pensez-vous pas qu’il faudrait abroger cette loi sur les parrainages et la remplacer par l’organisation obligatoire des Primaires, ce, pour permettre aux citoyens d’êtres parrains ‘’anonymes’’ des candidats de leur choix ? A votre avis, combien de signatures devrait obtenir chaque candidat gagnant d’une primaire ?

Je suis gaulliste et opposé au système des primaires. La Vème république est le rendez-vous d’un homme avec son peuple. Vous soulevez une vraie question avec le fait que les parrainages soient publics. Certains maires peuvent voir leurs subventions se tarir si les partis politiques qui dirigent les collectivités ne respectent pas le pluralisme.

 

Ne pensez-vous pas, Monsieur Nicolas Dupont-Aignan, qu’il faudrait revenir, par la voie référendaire uniquement, au septennat présidentiel, sachant qu’on pourrait prévoir, pour le Président élu, un mandat unique non renouvelable ?

 Je suis favorable à un retour au septennat, période susceptible de permettre au président d’imprimer une vraie vision pour la France sans se préoccuper des échéances électorales. En revanche, si le président démontre sa compétence par son action, je vois mal pourquoi les lois l’empêcheraient de briguer à nouveau la confiance de ses concitoyens. 

Pour la libre expression démocratique, ne faudrait-il pas, Monsieur Nicolas Dupont-Aignan, que le CSA ait un droit de regard et de sanction sur le comportement des médias audiovisuels face à des femmes et hommes politiques candidats à une élection ?

 Si, en effet. En période électoral, notamment pour l’élection présidentielle, la partialité de certains est particulièrement choquante et il conviendrait de mettre un terme à ces abus.

 

Monsieur le Président, quelle est votre réaction face à ce déchainement dans la campagne présidentielle, qui, pour beaucoup, est considérée comme une émission du type « Loft Story » ou comme un spectacle burlesque ?

 Je le déplore. J’appelle les journalistes à parler des candidats honnêtes, qui veulent vraiment redresser leur pays et rehausser le niveau par des propositions sérieuses et concrètes.

 

Pour moraliser la vie politique, quelles sont les réformes nécessaires à mettre en place ?

La moralisation de la vie politique est au cœur de mon projet présidentiel. Je propose un ensemble de mesures fortes :

·        Exiger pour tout candidat à un mandat électif un casier judiciaire vierge.

·        Prendre en compte le vote blanc dans les résultats des élections pour respecter le sentiment populaire : s’il est majoritaire, le scrutin est reporté et les candidats battus ne peuvent pas se représenter.

·        Placer sous mandat de dépôt systématique les élus condamnés à une peine de prison ferme.

·        Supprimer le cumul des rémunérations pour les élus : un salaire pour un mandat, aucun autre avantage.

·        Mettre en place un statut de l’élu (une vraie formation, une garantie de retour à l'emploi et de retraite pour les salariés du secteur privé qui veulent s’investir dans la vie publique et favoriser le renouvellement de la classe politique).

·        Rémunérer les élus des assemblées en fonction de leur présence effective.

·        Supprimer les privilèges et les avantages indus des anciens présidents, premiers ministres et ministres, et des élus en général

 

Pour conclure, Monsieur Nicolas Dupont-Aignan, que faudrait-il, selon vous, pour que la France retrouve, lors des campagnes électorales, sa dignité de Grande nation, qu’elle avait su avoir sous la présidence du Général de Gaulle, sous celle de la présidence de Georges Pompidou… ?

 Un alliage entre candidats sérieux, porteur d’une vision pour la France, journalistes respectueux, désireux d’aider les Français à connaître les projets de chacun sans chercher à les influencer.

 

(1)L’Article 4 de la Constitution de la Vè République stipule : « Les partis et groupements politiques concourent à l'expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie. 
Ils contribuent à la mise en œuvre du principe énoncé au second alinéa de l'article 1er dans les conditions déterminées par la loi. 
La loi garantit les expressions pluralistes des opinions et la participation équitable des partis et groupements politiques à la vie démocratique de la Nation. »      http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/la-constitution/la-constitution-du-4-octobre-1958/texte-integral-de-la-constitution-du-4-octobre-1958-en-vigueur.5074.html     

(2) « Présidentielle : Débat - NDA appelle au boycott de TF1 »   http://www.debout-la-france.fr/actualite/presidentielle-debat-nda-appelle-au-boycott-de-tf1

(3) Nicolas Dupont-Aignan est député (régulièrement réélu) de l’Essonne et Maire (régulièrement réélu) d’Yerres, et, surtout qu’il vient d'obtenir ses parrainages, qui ont été validés par le Conseil Constitutionnel.

(4) Nicolas Dupont-Aignan a lancé un référé contre TF1.

(5) L’exemple le plus frappant provient de Jean-Christophe Cambadélis, 1er Secrétaire Général National du Parti Socialiste, qui menace les grands électeurs socialistes d’exclusion de son parti,  s’ils parrainent Emmanuel Macron. Certains candidats sont confrontés à des grands électeurs, qui ne peuvent pas les parrainer à cause de certaines ‘’menaces’’ reçues, allant jusqu’à la suppression de subventions, d’investitures, etc…

 

 

L'actualité me conduit à compléter cet article. En effet, le Conseil d'Etatt vient de débouter le Président-fondateur de Debout La France de son référé intenté contre TF1, comme le déclare ce communiqué :

 

Communiqué de presse 

Réaction de Nicolas Dupont-Aignan à la décision du Conseil d’Etat 

Le 16 mars

 

Le Conseil d’Etat vient de rejeter ma requête lui demandant d’enjoindre le CSA et TF1 à m’inviter au débat du 20 mars.

Le Conseil d’Etat estime en effet que TF1 peut compenser ce déséquilibre par d’autres invitations.

Néanmoins, le Conseil d’ Etat rappelle que le CSA doit veiller au respect du principe d’équité dans la période qui précède l’élection présidentielle. Il souligne également que le respect de la pluralité de l’expression des courants de pensée est une liberté fondamentale. 

J'en prends acte et je serai particulièrement vigilant sur la façon dont TF1 va procéder pour respecter cette équité. 

Je persiste néanmoins à penser qu’à 34 jours de l’élection présidentielle, organiser  un débat d’une telle nature, sans l’intégralité des candidats ayant recueilli les parrainages nécessaires, est profondément anti-démocratique.

Alors que 53% des Français, selon les dernières études, ne savent toujours pas pour qui voter et contrairement à France Télévisions, BFMTV et CNews qui invitent eux l’ensemble des candidats, la chaîne TF1 viole gravement les règles démocratiques du débat présidentiel.

Ce débat remet en cause l'égalité républicaine.

Nicolas Dupont-Aignan

Député de l’Essonne

Président de Debout la France

Candidat à l’élection présidentielle

Contact presse : 06 86 82 46 31

 

 

 

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