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Billet de blog 12 août 2017

Demandez le programme : Quinquennat ? Septennat ? A vous de choisir !

Quand il y a une dérive du pouvoir, tout devient dangereux pour la Maison France !

Dominique Dutilloy
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Depuis l’adoption, par voie référendaire, du Quinquennat présidentiel, adoption voulue par Jacques Chirac et son Premier ministre de l’époque Lionel Jospin, on aura eu des présidents qui auront imprimé leurs marques : tout d’abord Nicolas Sarkozy« l’hyper-président », ensuite François Hollande« le Président normal ».  Maintenant, pour diriger la France, nous avons, en la personne d’Emmanuel Macron« Jupiter »…Que de beaux surnoms, qui cachent une réalité à tous : l’omniprésence du Chef de l’Etat dans le Gouvernement, ce, au mépris de la Constitution de la Vè République !

Un simple exemple : avant les vacances, Emmanuel Macron invite, à un déjeuner, le Gouvernement dans son ensemble. C’est son droit le plus strict. Cependant, quand il recadre ses ministres[1], il oublie superbement que le Président de la République est là pour diriger le Pays, donner un cap comme le dit très clairement la Constitution de la Vè République[2] et que le Premier Ministre, qui, étant l’illustration-même des résultats du 1er et du 2e tours d’une élection législative, est là pour gouverner[3] !  Certes, le Chef de l’Etat nomme le Premier Ministre et préside le Conseil des Ministres[4].

Cependant, nous sommes en droit de nous interroger sur son hyper présence « jupitérienne », son implication dans les affaires gouvernementales, comme nous étions en droit de nous interroger sur la présence de l’ « Hyper Président » et du « Président Normal » : La fonction de Premier ministre, est-elle utile ? Oublions-nous trop souvent que le Chef de l'Etat peut dissoudre l'Assemblée Nationale ?[5]

Y aurait-t-il une nouvelle manière de gouverner, de diriger la France ? Se dirige-t-on vers une dérive à l'américaine ? Il s'agit de se montrer très prudents !

Voir à ce sujet mon article paru sur Blastingnews :  « Il faudra nécessairement revenir au  septennat présidentiel de toute urgence »    http://fr.blastingnews.com/opinions/2017/05/il-faudra-necessairement-revenir-au-septennat-presidentiel-de-toute-urgence-001678103.html

[1] « Macron met la pression » par Ava Djamshidi, Valérie Hacot et Philippe Martinat, Le Parisien/Aujourd’hui, Edition du 9 août 2017

[2] Dans son Titre II - LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE, qui précise en son article 5 : « Le Président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l'État.  Il est le garant de l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire et du respect des traités. ».

[3] Titre III - LE GOUVERNEMENT ARTICLE 20. « Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la nation.  Il dispose de l'administration et de la force armée. Il est responsable devant le Parlement dans les conditions et suivant les procédures prévues aux articles 49 et 50. » ARTICLE 21. « Le Premier ministre dirige l'action du Gouvernement. Il est responsable de la défense nationale. Il assure l'exécution des lois. Sous réserve des dispositions de l'article 13, il exerce le pouvoir réglementaire et nomme aux emplois civils et militaires.  Il peut déléguer certains de ses pouvoirs aux ministres. Il supplée, le cas échéant, le Président de la République dans la présidence des conseils et comités prévus à l'article 15. Il peut, à titre exceptionnel, le suppléer pour la présidence d'un conseil des ministres en vertu d'une délégation expresse et pour un ordre du jour déterminé. ». ARTICLE 22. « Les actes du Premier ministre sont contresignés, le cas échéant, par les ministres chargés de leur exécution. »

[4] ARTICLE 8. Titre II - LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE « Le Président de la République nomme le Premier ministre. Il met fin à ses fonctions sur la présentation par celui-ci de la démission du Gouvernement.  Sur la proposition du Premier ministre, il nomme les autres membres du Gouvernement et met fin à leurs fonctions. ». ARTICLE 9. « Le Président de la République préside le conseil des ministres. »

[5]  ARTICLE 12.  Titre II - LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE « Le Président de la République peut, après consultation du Premier ministre et des présidents des assemblées, prononcer la dissolution de l'Assemblée nationale. Les élections générales ont lieu vingt jours au moins et quarante jours au plus après la dissolution. L'Assemblée nationale se réunit de plein droit le deuxième jeudi qui suit son élection. Si cette réunion a lieu en dehors de la période prévue pour la session ordinaire, une session est ouverte de droit pour une durée de quinze jours. Il ne peut être procédé à une nouvelle dissolution dans l'année qui suit ces élections. »

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