2017 : le grand tournant ?

En est-ce fini avec le 'traditionnel" clivage Gauche/Droite ? Il semblerait que oui !

Ce premier tour de la Présidentielle 2017 est fini. Et, le résultat est implacable, puisque les deux grands partis politiques traditionnels, à savoir : Les Républicains (ex RPR, UMP), de François Fillon et le PS, de Benoît Hamon, qui sont les deux grands perdants, sont définitivement disqualifiés.

Les deux grands gagnants :Marine Le Pen, qui provoque un nouveau 21 avril 2002; démontre que le FN est, en tant que second parti de France, le 1er parti ouvrier de France, Emmanuel Macron, un illustre inconnu ces dernières années, qui a la particularité de ne s'être jamais soumis au verdict des urnes.

Marine Le Pen, à l'origine, avocate, prétend "ne pas faire partie du système". Emmanuel Macron, bien qu'il ne le dise pas, ne fait, lui non plus, pas partie du système. il faut dire qu'il a travaillé dans le privé et dans la haute fonction publique. De plus, il a l'avantage de n'être encarté dans aucun parti, ce, bien qu'il ait fait partie du Gouvernement Valls. Pour beaucoup de politologues et de journalistes, Emmanuel Macron incarne le "renouvellement", le "changement", à un point tel que beaucoup, à Droite, au Centre, à Gauche, ainsi que beaucoup de citoyens issus de la Société civile, se rangent à ses côtés. Pire encore, pour ses adversaires, il a est entrain de se constituer une majorité "nouveau genre", ce, grâce aux ralliements de certains ténors, tels Christian Estrosi, François Bayrou, Jean-Yves Le Drian... et tant d'autres issus des partis traditionnels.

Il faudra bien comprendre que cette Présidentielle 2017 aura été polluée par les Affaires François et Pénélope Fillon. De ce fait, on peut considérer que LR et ses alliés de l'UDI et du Centre ont définitivement perdu le bénéfice qu'ils avaient acquis lors des scrutins de la Régionale 2015. 

Alors, aurait-il fallu que le Conseil Constitutionnel reporte, en vertu de l'Article 7 de la Constitution de la Vè République (*), cette élection présidentielle ? Je pense que oui, ce, pour que cette campagne reprenne sa sérénité, à charge pour LR de faire élire, par ses instances, un candidat potentiel plus conforme à l'image d'honnêteté et de probité que doit incarner un futur président de la République.

Certes, on peut reprocher que cette campagne présidentielle ait été gâchée par le non-respect de la présomption d'innocence. Cependant, on peut déplorer que François Fillon n'ait pas renoncé, de lui-même, à maintenir sa candidature, ce, malgré le fait qu'une mise en examen ne signifie pas qu'on soit coupable : sa décision aurait été saluée et aurait démontré qu'il était un grand homme d'état. Malheureusement, il s'est comporté autrement, puisqu'il a maintenu sa candidature et qu'il a mené une campagne déplorable à plus d'un titre, interdisant un véritable débat d'idées.

Une question se pose cependant : que se passerait-il si François Fillon et Marine Le Pen étaient définitivement innocentés des faits qui leur sont reprochés ? Ce serait le scandale de plus, car les têtes des "informateurs" de ces affaires tomberaient, et, que certains médias seraient discrédités !

 

Alors, il devient urgent de moraliser la vie politique française !

 

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(*) - Constitution de la Vè République [Constitution du 4 octobre 1958) en vigueur à jour de la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008

http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/la-constitution/la-constitution-du-4-octobre-1958/texte-integral-de-la-constitution-du-4-octobre-1958-en-vigueur.5074.html

ARTICLE 7.

Le Président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages exprimés. Si celle-ci n'est pas obtenue au premier tour de scrutin, il est procédé, le quatorzième jour suivant, à un second tour. Seuls peuvent s'y présenter les deux candidats qui, le cas échéant après retrait de candidats plus favorisés, se trouvent avoir recueilli le plus grand nombre de suffrages au premier tour. 
Le scrutin est ouvert sur convocation du Gouvernement. 
L'élection du nouveau Président a lieu vingt jours au moins et trente-cinq jours au plus avant l'expiration des pouvoirs du président en exercice. 
En cas de vacance de la Présidence de la République pour quelque cause que ce soit, ou d'empêchement constaté par le Conseil constitutionnel saisi par le Gouvernement et statuant à la majorité absolue de ses membres, les fonctions du Président de la République, à l'exception de celles prévues aux articles 11 et 12 ci-dessous, sont provisoirement exercées par le président du Sénat et, si celui-ci est à son tour empêché d'exercer ces fonctions, par le Gouvernement. 
En cas de vacance ou lorsque l'empêchement est déclaré définitif par le Conseil constitutionnel, le scrutin pour l'élection du nouveau Président a lieu, sauf cas de force majeure constaté par le Conseil constitutionnel, vingt jours au moins et trente-cinq jours au plus après l'ouverture de la vacance ou la déclaration du caractère définitif de l'empêchement. 
Si, dans les sept jours précédant la date limite du dépôt des présentations de candidatures, une des personnes ayant, moins de trente jours avant cette date, annoncé publiquement sa décision d'être candidate décède ou se trouve empêchée, le Conseil constitutionnel peut décider de reporter l'élection. 
Si, avant le premier tour, un des candidats décède ou se trouve empêché, le Conseil constitutionnel prononce le report de l'élection. 
En cas de décès ou d'empêchement de l'un des deux candidats les plus favorisés au premier tour avant les retraits éventuels, le Conseil constitutionnel déclare qu'il doit être procédé de nouveau à l'ensemble des opérations électorales ; il en est de même en cas de décès ou d'empêchement de l'un des deux candidats restés en présence en vue du second tour. 
Dans tous les cas, le Conseil constitutionnel est saisi dans les conditions fixées au deuxième alinéa de l'article 61 ci-dessous ou dans celles déterminées pour la présentation d'un candidat par la loi organique prévue à l'article 6 ci-dessus.

Le Conseil constitutionnel peut proroger les délais prévus aux troisième et cinquième alinéas sans que le scrutin puisse avoir lieu plus de trente-cinq jours après la date de la décision du Conseil constitutionnel. Si l'application des dispositions du présent alinéa a eu pour effet de reporter l'élection à une date postérieure à l'expiration des pouvoirs du Président en exercice, celui-ci demeure en fonction jusqu'à la proclamation de son successeur. 
Il ne peut être fait application ni des articles 49 et 50 ni de l'article 89 de la Constitution durant la vacance de la Présidence de la République ou durant la période qui s'écoule entre la déclaration du caractère définitif de l'empêchement du Président de la République et l'élection de son successeur.

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