Alors faut-il renoncer à l'identité ? L'identité juive que je cultive (Narcisse pas mort !), l'identité rebelle, l'identité rouge... Quelle identité as-tu voulu prendre, mon frère Mohamed Merah, mon frère haïssable, mon frère tueur ? Cette identité qui fait que les autres identités doivent être détruites ?
L'identité nationale transfigurée par un ministère pour humilier et pour discriminer. L'identité construite par médias et conseillers en communication, identité des civilisations - supérieures aux autres, naturellement, identité de la grande "communauté du peuple allemand", de la "race des seigneurs", qui conduisit à l'extermination.
Alors, faut-il renoncer à l'identité, la jeter aux ordures comme un oripeau d'un passé destructeur, attisant les haines et les exclusions ? Peut-on être quelqu'un hors de ces affrontements, Israéliens-Palestiniens, Juifs-Musulmans, Français-sans papiers, jeunes issus de... ou de..., identité sexuelle douteuse et aliénante ? Quelle kyrielle de blessures attachées à l'identité, comme les grelots des lépreux du Moyen Age ; nous errons dans les ruelles de l'humanité obscure, à la recherche d'un feu, d'un coin de  terre où être accepté. Etre ou ne pas être, voilà la question.

 

 

 

 

 

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L'identité a ceci d'étonnant qu'elle semble vitale à ceux qui s'y réfèrent et tellement dérisoire à ceux qui s'en passent. Vous me rétorquerez que ces derniers se mentent à eux-mêmes ("juifs honteux" et autres catégories imaginées par les courtiers de l'identité). Mais à voir les soins attentifs que certains prodiguent à leur identité pour lui garder un port altier et de belles couleurs, on se prend à douter.