Plus que 6 jours avant les élections.
Je remercie le ciel qu’en France,

les européennes ne s'accompagnent pas d'une autre élection

– législative ou régionale par exemple –

comme ce peut être le cas en Belgique.
Parce qu’au moins on y voit clair :

tout le monde s’en fout, à commencer par toi,

Mon Prési-adju-dent,

 

Y a pas de dérivatif,

y a pas de masque,

y a pas de diversion.

On voit clairement qu’en dehors de la France (mais laquelle ?),

malgré un discours qui prétend à l’internationalisme, y a rien.

Les sujets de discussion politiques sont nombrilo-centrés.

A part ton Trouble Obsessionnel Compulsif, rien à signaler :
Non aux turcs,

des flics encore et encore,

et des portiques de surveillance dans les collèges.


Dis-moi, mon Prési-adju-dent,
Quand une agression aura lieu sur le parking du lycée,

juste avant le portique,

tu feras venir les profs en voiture blindée, sous escorte,

en gilet pare-couteau-de-cuisine ?

Tu interdiras la vente des couteaux de cuisine aux moins de 5 ans ?

Tu retireras les allocations aux parents qui laisseront leurs collégiens tartiner eux-mêmes leur casse-croûte ?

Et quand une agression aura lieu au supermarché,

parce que les collèges seront enfin sanctuarisés,

tu feras des supermarchés pour profs, et des supermarchés pour collégiens délinquants ?

Avec des murs de Berlin tout autour ?


Quand cesseras-tu de dire à celui qui tente de comprendre le mécanisme de l’agression afin de la prévenir qu’il est un permissif, naïf, abdiquant devant la terreur… ? Un adepte du laisser faire, un à-quoi-boniste défaitiste et lâche devant la « responsabilité ».

« Et vous voudriez que je laisse ceux qui veulent travailler se faire terroriser par… ».

Je t’entends, mon Prési-adju-dent.

Tu nous fais le coup à chaque fois.
Je ne veux plus me faire enfermer par toi

dans des positions qui ne sont pas les miennes

et que tu utilises comme chiffon rouge pour affoler l’électeur.
Jamais personne ne prétend qu’il faille laisser faire.
Ce n’est d’ailleurs pas du tout la pratique que l’on observe.

Tiens, pas plus tard que vendredi, j’étais dans un collège où une conversation de couloirs m’a fait entendre qu’un proviseur, jugé d’ailleurs trop permissif, avait exclu un élève pour 11 semaines. Tu lis bien, mon Empireur : onze semaines. Ce n’est pas mon doigt qui bégaie, ou radote. Onze semaines d’exclusion du collège. Pas pour des comportements relevant du pénal... c'est pas le proviseur qui se charge de ces sanctions-là...

D’ailleurs, est-ce vraiment du collège qu’on exclut ainsi ?

Ou bien l’on acte une exclusion sociale totale ?
Je suis sûr que le collégien va revenir contrit.
Ou contre X ?

Quand reconnaîtras-tu que ton escalade ridicule, qui se diffuse largement dans les esprits, ne peut être une solution ? A partir du moment où les protagonistes se regardent comme des ennemis – oui, exactement profs et élèves sont devenus des ennemis grâce à ces pratiques – l’escalade d’une guerre froide ne peut se terminer que par la chute du mur. Chute du mur qui tombe toujours sur celui qui l’a construit…

Je sais que dans une semaine on n’en parlera plus, de cette histoire lamentable de portique, puisque l’élection sera passée.

Mais,
Mon Prési-pô-de-dent,

(maudite croissance,

de quoi parlerions-nous pour oublier cela

– bah tiens, de portiques dans les écoles, de flics derrière les élèves pour qu’ils apprennent plus vite le latin… Guy Môquet ça n’a pas si bien marché),
Je comprends bien que c’est pas facile de faire peur aux voyoux quand on a plus une ratiche dans la bouche,

faut des dents de carnassiers, pas des gencives élimées ;
Et je comprends bien que, quand on a un système qui marche électoralement,
Pourquoi en changer ?
Alors, un conseil,
Fais-toi tatouer une jugulaire sous le menton,
Ça t’évitera de devoir répéter à chaque élection, parce que les gens oublient…

Jugulaire, c’était le nom de mon adjudant.

Avec mon adjudant, waouw, qu’est-ce qu’on a bien appris.

Y a pas ! Tous les troufions marchaient au pas.

Sinon y z étaient au trou.

Et en 40, waouw, la raclée qu’on leur a mise, aux autres, là, tellement on avait bien appris, avec mon adjudant…

Sur-entraînés, qu’on était.

C’est bien simple, on courrait si vite, qu’ils arrivaient pas à nous suivre… on est arrivé à Toulon avant eux.

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