Hausse du SMIC = baisse des allocations chômage des Intermittents du spectacle

16% d'augmentation du smic entraînerait une baisse d'environ 10% de l'allocation chômage des intermittents du Spectacle.*** Cela signifie qu'un intermittent qui touche 1500€ d'allocation mensuelle en perdrait donc 150. Comme la hausse voulue par JLM est de 173€ net... En gros, un intermittent financerait quasi à lui seul l'augmentation d'un salarié au smic.

Elu, Melenchon augmenterait le SMIC de 15% ou 16%. Certains vont être tentés de chanter "Y'a d'la joie"... Enfin un homme de gauche à gauche. Oui ! Certes.

Cependant ! Y a-t-il une âme charitable qui aurait l'oreille de JLM pour lui glisser la chose suivante.
Les allocations des intermittents du spectacle sont calculées par une équation complexe, qui a surtout cette caractéristique pas rigolote du tout : elle contient dans son dénominateur (sous la barre de fraction) le montant du smic horaire. Ce smic horaire augmenterait donc de 15%, lui aussi. Cette hausse va produire une baisse conséquente des allocations chômage des intermittents. Comme ceux-ci ont déjà perdu cette année une partie importante de leurs congés spectacle, je pense qu'il faudrait y regarder à deux fois sur les conséquences d'une telle hausse du smic. Ou bien proposer à JLM de s'engager à entrer en guerre immédiate avec le medef, la cfdt, pôle emploi et peut-être même la cgt, pour revoir l'équation afin que le smic ne s'y trouve plus... Enfin, tout ceci veut dire que le pouvoir d'achat déjà piteux des intermittents baisserait encore, mais encore plus forts que sous les gouvernants précédents. 16% d'augmentation du smic entraînerait une baisse de 10% d'allocation environ.

Cela signifie qu'un intermittent qui touche 1500€ d'allocation mensuelle en perdrait donc 150. Comme la hausse voulue par JLM est de 173€ net..., en gros, un intermittent financerait quasi à lui seul l'augmentation d'un salarié au smic. Enfin, si les poches communiquaient bien sûr...

Qui peut transmettre ? Moi je n'ai eu aucune réponse constructive à ce problème qui se posera très très vite.

*** EDIT :
Ma question a été entendue par quelques intermittents au fait de la question du calcul. Il apparaît que je n'avais pas la formule actualisée (elle change régulièrement, ce n'est pas de la mauvaise foi de ma part, mais la simple difficulté de trouver les informations pertinentes sur internet ; les miennes traînent toujours sur le site de la CIP sur des pages -obsolètes, donc, mais comment le savoir- que l'on trouve via google quand on cherche aujourd'hui ce genre d'info avec des mots clés). Ma bonne foi ne peut être mise en cause.

J'acte que ma remarque n'est donc pas valable pour l'ensemble des intermittents, mais seulement pour les plus précaires d'entre eux (et non "pour aucun" comme certains le voudraient). Les plus précaires, ce n'est pas le moindre paradoxe. Je vous livre ci-dessous (dans les commentaires) le document que l'on m'a fait parvenir pour le calcul. On peut y lire que les intermittents qui allongent la période de référence pour atteindre les heures requises se voient recalculer sous le régime du smic. La question reste donc tout de même pertinente pour les plus précaires. C'est justement eux que Jean-Luc Mélenchon tient à protéger aujourd'hui. Ne faut-il pas lui faire savoir ?

J'ajoute qu'il est facile de faire un procès d'intention. Cependant, la question se pose. A moi, à d'autres. J'ai posé cette question dès le 25 février 2017, elle a été déposée sur les forums ad hoc. Elle a été transmise. Je n'ai pas obtenu de réponse avant ce soir, ici.
Il n'est pas question de dire "on ne touche pas au smic". Mais on peut légitemement demander si les décideurs sont au courant de la difficulté  qu'entraîne l'utilisation des curseurs à divers endroits, dont ils n'ont pas toujours connaissances. Je ne vois pas comment attirer l'attention la dessus sans le dire.
Enfin, les allocations chômages sont discutées par les partenaires sociaux (syndicats patronaux contre syndicats de salariés). Ce sont eux qui décident, avec Pôle Emploi, je suppose, du calcul des allocations. Un gouvernement ne peut donc faire et défaire ces choses comme il le souhaite. On est donc légitime à agiter le chiffon avant qu'il ne soit trop tard, pour savoir si les futurs élus ont consciences des difficultés. Si oui, il n'y a pour moi aucun problème. Il suffit de fixer la feuille de route claire et j'en suis satisfait. On a déjà retiré le smic pour une partie des intermittents, il suffit de le retirer pour tous et l'affaire est réglée. Il suffit de s'y engager, en ayant conscience qu'on a pas deux ans entre les deux réformes...

J'ajoute enfin que j'ignore si le smic se retrouve encore mêlé à d'autres soupes, et que mon appel vaut au moins pour cela : attirer l'attention sur la complexité des systèmes que nous avons mis en place.

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