Qui est le père... de l'idée ?

 J'ai vraiment été injuste avec toi,Ô mon Empireur,Lors de mes dernières missives,te reprochant de ne pas y répondre.J'étais orgueilleux, et je pensais ne pas être lu.Or, si, en voici la preuve.Voici ce que je t'écrivais le 7 mars 2010.Et force est de constater que tu t'en es inspiré...

 

J'ai vraiment été injuste avec toi,
Ô mon Empireur,
Lors de mes dernières missives,
te reprochant de ne pas y répondre.
J'étais orgueilleux, et je pensais ne pas être lu.
Or, si, en voici la preuve.
Voici ce que je t'écrivais le 7 mars 2010.
Et force est de constater que tu t'en es inspiré...

 

 

Je t’ai connu mieux inspiré, Mon Prési-plus-d'dent.
Oh ! Pour l'action, on se doutait bien.
Mais personne ne te contestait l’art de la communication.
Aujourd’hui, tout le monde constate que la baraka t’a quitté.

 

 

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Bien sûr,
c’est Besson qui s’est vautré
avec son débat sur l’Identité Nationale…
Mais enfin, c’est quand même toi qui l’a nommé Ministre,
Et qui a nommé le ministère aussi.

 

Bien sûr,
ce sont les banquiers qui se comportent scandaleusement…
Mais enfin, ça devient vraiment visible
Que tu t’agites sans les impressionner.

 

Bien sûr,
si le chômage augmente vertigineusement,
ce sont les patrons qui lourdent les salariés,
A cause de la crise,
Crise déclenchée par les créances pourries
d’économies libérales
Qui ont inventé les subprimes…
Mais enfin,
Personne n’a oublié que,
comme Ministre des Phynances,
En 2006,
Tu t’étais bien inspiré du système :
Tu avais appelé cela « prêt viager hypothécaire » (ou hypothèque inversée)
Et « prêt hypothécaire rechargeable ».
Endetter les particuliers pour désendetter l’Etat.
C’était ton idée.
On a vu la brillante réussite anglo-saxonne de la chose !
Aujourd’hui tu les tances… C’est presque drôle.

 

Tout et tous se liguent contre toi.
Les scandales s’enchaînent aux scandales
Sans que tu puisses sortir la tête de l’eau.
Clearstream ridiculise la Justice,
L’affaire de l’Epad ridiculise la République irréprochable,
Les dénonciations calomnieuses discréditent les campagnes électorales UMP…
L’utilisation manipulatoire permanente du sentiment d’insécurité se voit comme le nez au milieu du visage.
L’absence de résultat malgré d’incessantes révisions des lois pénales est flagrante.
Les ministres se ridiculisent quand ils souhaitent durcir les lois en même temps qu’ils pleurent sur d’excessives garde-à-vue…

 

Tu vides ou cadenasses les villes et les entreprises avant de les traverser,
Tu ne vois plus les Maires,
Tu fuis les agriculteurs…

 

Bien sûr, ce sont les sondeurs qui biaisent les questions.
Mais enfin, cela ne t’a pas toujours déplu.
Et ta cote de popularité est au plus bas sans signe d’embellie…

 

Vraiment, je crains le pire pour toi et tous ceux qui sont derrière toi.
Il te faut redresser la barre.

 

Bien sûr, politiquement, ne pas bouger d’un iota.
Les cadeaux aux mêmes, toujours.
Bouclier fiscal, grand Emprunt, déréglementations…
Continuer.

 

Mais question communication, changer.
Plus rien ne marche pour l’instant.
Tes électeurs se tirent à toute berzingue malgré les cadeaux.
Redresse la comm’.

 

Alors, voilà,
Comme j’ai le sens du service, mon Empireur,
Je te livre ma petite idée.
Le petit truc qui va rétablir l’équilibre.
L’événement qui va permettre de continuer
avec l’assentiment d’une majorité relative.

 

Tu piaffes ?

 

Tu as, toi aussi, le sentiment que tu as perdu la main ?
Ta martingale ne fonctionne plus ?
Quoi que tu fasses, ça se retourne contre toi ?

 

Voilà.
Tu sais comme les Français de ton camp sont encore attachés à la Monarchie.
Bien sûr nous sommes en République.
Mais tu le sais, ô Empireur,
Que la fascination est intacte pour l’Homme Providentiel et pour le Monarque.

 

Rétablir la Monarchie ?
Non. Ça ne prendrait pas.
Les Français (même de droite) sont paradoxaux.
Ils veulent leur République.
Donc, on la garde.
Mais on récupère tous les signes de la Monarchie.
Ceux qui fédèrent les foules.
Ceux qui marchent chez nos voisins :
A Monaco, en Belgique, en Angleterre…

 

Le mariage princier, c’est déjà fait.
Ça marche pas mal d’ailleurs.
Mais tu as déjà donné.
Toutes les déclinaisons de la chose, tu les as déjà exploitées.
Il te faut donc passer à l’étape suivante :
Faire un prince héritier.

 

T’imagines ? Faire un bébé pour la France.

 

Un Louis, tu l’as déjà fait.
Hélas, la reine déchue en a la garde.
Donc une petite fille.
L’appeler Marianne.
Ce serait glamour à fond.

 

Le peuple se rassemblerait autour du souverain.
Les médias auraient enfin du grain à moudre en suffisance,
Et n’iraient plus chercher des noises sur des questions secondaires.
La grossesse,
les échographies,
l’accouchement,
les premiers rots,
les premiers pas,
les premiers mots…
La France fondrait.

 

Bon.
Je le reconnais, pour les régionales, c’est un peu tard pour t’y mettre.
J’aurais dû t’écrire plus tôt.

 

Mais tu arriverais à la prochaine élection présidentielle dans un fauteuil.
Avec une image anti-Mitterrand, après avoir pris une posture anti-68.

 

Accouchement douze mois avant l’élection. Tempo idéal.

 

Mai 2012 moins douze mois : Mai 2011.
Mai 2011 moins neuf mois de grossesse : Septembre 2010.
Ça te laisse six mois pour convaincre Carlita…
Il te reste à trouver les mots pour le lui dire
Dès que tu la vois.

 

Voilà, il semble que tu aies choisi un autre tempo...
Mais qu'est-ce qu'il tombe bien.
Un petit air de bon père de famille,
par les temps qui courent...

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