“La laïcité ne doit pas être une manière de combattre l’islam”
« On est dans un contexte de surenchère hallucinant où les mots n’ont plus de sens, renchérit Benjamin Lucas, le président du MJS, qui a appelé Bianco pour lui témoigner de son soutien. La laïcité ne doit pas être une manière de combattre l’islam. » « Est-ce le rôle d’un premier ministre de la République de semer ainsi le trouble chez les Français qui l’écoutent en laissant croire à une présence islamiste au sein d’associations citoyennes ? Est-ce le sens de son message que de décrédibiliser une démarche collective tout entière à laquelle le directeur exécutif du Crif lui-même, Robert Ejnes, a apporté son soutien dans les premières heures ? », avance aussi Samuel Grzybowski, ancien président de l’association Coexister et initiateur de l’appel « Nous sommes unis ».
Sous des airs d’énième polémique médiatique, cette passe d’armes entre Valls et Bianco est en réalité la manifestation des crispations et des antagonismes toujours plus marqués à gauche sur la question de la laïcité. Cette opposition n’est pas nouvelle.« Commission administrative à caractère consultatif », l’ODL « assiste le gouvernement dans son action visant au respect du principe de laïcité en France ». Il produit des études, et est aussi « consulté par le Premier ministre ou les ministres sur des projets de textes législatifs ou réglementaires ». Il a édicté des guides pratiques de la laïcité (dans les services publics, les entreprises, à l’école, etc.) et publie régulièrement des avis : le dernier, sur la « gestion du fait religieux » à l’université, rejette ainsi l’opportunité d’une loi sur le voile à l’université.