Pourquoi les étudiants britanniques croulent sous les dettes
« University Life » / CC Francisco Osorio
Si les emprunts représentent déjà une pression considérable pour les étudiants, les établissements financiers n’ont pas tardé à flairer la bonne affaire. Et à proposer des payday loans, des prêts de très court terme et facturés à des taux d’intérêt effarants. Ils sont vendus par des entreprises prédatrices, florissantes sur Internet, qui n’hésitent ni à envoyer de fausses lettres légales à des clients en difficulté de remboursement ni à tromper délibérément les personnes les plus vulnérables. Cette année, on estime que 30 000 étudiants britanniques y ont eu recours. Avec PiggyBank par exemple, il est possible d’emprunter 300 livres pour rembourser... 582 livres au bout de six mois.
« Depuis 2012, l’industrie des payday loans a crû extrêmement vite,explique Carl Packman, membre du Centre de recherche sur les politiques économiques (PERC) de l’université de Goldsmith. Les étudiants sont une cible importante. Ces entreprises font beaucoup de publicité et ils peuvent octroyer des prêts facilement, sans beaucoup de contrôle au préalable. Pour un étudiant, c’est assez attirant : c’est en ligne, rapide et il n’y a pas besoin de s’entretenir avec un conseiller bancaire au préalable. Ce qui est d’autant plus troublant, c’est qu’entre 2013 et 2014, le nombre de jeunes entre 17 et 24 ans qui ont réclamé de l’aide pour gérer leurs dettes a augmenté de 21 %. »
En 2013, Kane Sparham-Price, un jeune homme surendetté et souffrant de troubles psychologiques, est retrouvé mort à son domicile d’Ashton-under-Lyne, dans la banlieue de Manchester. Quelques heures avant son suicide, Wonga, la plus grande entreprise de payday loans du pays, avait vidé la totalité de son compte bancaire en toute légalité. Après qu’une série de scandales a forcé Westminster à réglementer l’industrie financière, la Consumer Finance Association, qui représente ses intérêts, a courageusement alerté le gouvernement : voilà que les mesures qui les contraignent à moins escroquer leurs clients ne feraient que jeter ces derniers dans les bras de prêteurs illégaux.