Serial Plaideur

Ni salaud lumineux, ni avocat de la terreur, Jacques Vergès monte sur les planches pour nous dire que défendre est une manière de vivre.

Il nous explique que dans un procès, un drame est en train de s’accomplir sous nos yeux, un duel entre l’accusation et la défense. L’avocat et le procureur racontent deux histoires non pas vraies, mais vraisemblables. Et quand le dernier écho de l’éloquence s’est perdu dans les prétoires, il s’agit moins de dire le droit que de proclamer le vainqueur.
La vérité est-elle fondamentalement hors de portée de la Justice ?"

Un homme entre sur scène, derrière lui un grand bureau, quelques livres dispersés un peu partout et un téléphone. Mise en scène modeste pour un "faux acteur" qui en impose. Faux car maître Vergés dans ce long monologue ne joue pas mais semble livrer non pas à la cours mais à son public, le récit ou le plaidoyer pour son métier d'avocat.

Son récit s'ouvre sur une courte narration "d'un procès aux allures de tragédie", Jeanne d'Arc, et "d'une tragédie aux allures de procès": Antigone. Deux femmes, deux héroïnes mais aussi deux coupables qui au nom de la morale sont allées à l'encontre de la raison d'Etat. Se référant à la littérature, au cinéma, au théâtre, à l'histoire,à la philosophie et bien entendu à son experince personelle, cette avocat énigmatique nous rappelle qu'un criminel reste un homme ou une femme défendable et que c'est à l'avocat d'en assurer la défense.

Défendre n'est ni excuser ni justifier le crime mais le comprendre. Cette idée forte que nous rappelle Maître Vergés, s'illustre à travers le paradoxe de l'avocat qui s'identifie à son personnage pour mieux le comprendre, encore une fois il ne s'agit pas de l'excuser. Le crime seul est vide sens, le procès permet de lui donner une signification pour permettre à la société d'éviter la répétition.

Ce magnifique et long monologue doit être entendu philosophiquement et sans préjugés. Maître Vergés en toute humilité avec quelques touches d'humour parfois, se fait avocat du métier d'avocat en en rappelant un dès grand principe, celui selon lequel tout criminel a le droit d'être défendu.

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