Une horde sombre s'abat sur les flambeaux...

Jeudi 18 février 2021 -17h30 - Marche aux flambeaux à Nanterre Université pour honorer la mémoire de Guillaume, suicidé une semaine plus tôt - 19h - un assaut de police, sans annonce, déferle sur le campus dans une violence silencieuse sans pareil pour étouffer les flambeaux et nasser les participant.es

Je tiens à rendre publiques ces méthodes d'actions policières, que je considère irresponsables et inadaptées à la situation 
(et qui ne me laissent pas en paix depuis trois jours)

Faire un recours au Procureur de la République -comme me le conseillait un policier à la suite de l'assaut- me paraît titanesque 
alors je préfère publier ce qui me tracasse :

Déferlante d'ombres,
une horde sombre
s'abat sur nos flambeaux


Tel une milice de hyènes,
sans avertir de rien
un escadron de POLICE a surgi des buissons
et se rue violemment sur l'amas de mains aux flambeaux


Une main d'acier percute mon poignet
et éjecte mon flambeau
Un pied de plomb le piétine
lourdement près de mes orteils

Attaque préméditée pour créer la panique
dans la petite foule aux flambeaux
- petite foule d'étudiant.es et de soutiens, pas cordonnée pour un sou -
Flammes et courses en tout sens

Parole étudiante
Parole polémique
à nasser, à piétiner
à étouffer comme le feu
sous le pied de ce flic
qui vient brusquement
de m'éjecter le flambeau des mains

 

Méthode d'attaque irresponsable
Foncer sur cette marche aux flambeaux
aussi pacifique qu'un défilé mortuaire

Iels auraient pu faire flamber des manteaux
ou des chevelures libres

 

Surgi.es du néant du campus
iels viennent nasser
après un bon coup de pression et un pic d'adrénaline

Oui, comme tu le suggérais
toi, le sbire policier, dont je n'arrive pas à distinguer l'ironie ou la sincérité
il serait bon de faire un recours auprès du Procureur de la République
sur les méthodes (irresponsables) d'action policière

Surtout quand elle concerne
une marche d'étudiant.es résident.es de la Cité U de Nanterre et leurs soutiens
pour honorer la mémoire d'un des leurs,
suicidé une semaine plus tôt, dans la détresse de sa situation
d'étudiant oublié, pris dans les filets d'une vie violée
- détresse étudiante et omerta institutionnelle -

il fallait se rassembler et aviver les flammes de la solidarité

Certes la "manifestation" n'a pas été déposée en préfecture
et le couvre-feu actuel interdit les sorties après 18h
certes les flambeaux ont d'autres connotations dans d'autres contextes

mais ça n'excuse en rien

l'invervention violente de le police
sur un campus, il faut le rappeler

alors que la marche était tranquille
que l'harmonica vibrait et la trompette tempêtait


charge pour faire grimper
les quotas d'amende 'couvre-feu' ?
les primes d'obéissance ?



Aucun contact ni avertissement ni sommation préalable
CHARGE OBSCURE


Mes paupières brûlent mais je ne peux les clore
entre les quatre murs de mon 9m²,
les images se cognent

Cette charge
cette électrolyse de panique
ne me quittent pas

cette insensibilité policière
et ces réponses policières à mes questions intranquilles


Demande ingénue

> Et c'était dans quel but cette attaque exactement ?
 - Je ne peux pas vous dire. Je ne sais pas vraiment. Je ne suis pas informée. C'étaient les ordres d'opération, dit tranquillement la jeune femme de mon âge en uniforme sombre.

Plus loin, à un autre

                                          > Vous ne trouvez pas la méthode d'action violente et dangereuse ?
                                                 - Non, il fallait neutraliser les flambeaux. On ne sait pas ce qui peut arriver, ce que vous allez faire avec.

Marcher... c'est vrai que c'est dangereux

 > Vous n'êtes pas sensible à cette histoire tragique du suicide d'un étudiant ?
     - Madame, vous ne savez pas ce que c'est qu'un couvre-feu ?
       Vous avez pensé à la protection de vos parents et de vos grand-parents contre le virus ?

Logique de l'autruche et de la casserole brûlée ... aucun rapport et joker du pathos



Attention, ces temps-ci,
de sombres ombres s'abattent sur les flambeaux

 

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