Débat sur la recomposition de la Commission Électorale Indépendante

S.E.M. Alassane OUATTARA, Président de la République : « A partir du moment où l’Assemblée Nationale et le Sénat ont voté cette loi, il n’y a plus de discussion »

S.E.M. Alassane Ouattara, Président de la République © Direction de l’Information et de la Communication de l’Assemblée Nationale S.E.M. Alassane Ouattara, Président de la République © Direction de l’Information et de la Communication de l’Assemblée Nationale

A la veille de la célébration de la fête de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, le Président de la République, S.E.M. Alassane OUATTARA a eu un entretien avec la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne. Il a fait un tour d’horizon de la marche du pays et est revenu sur la recomposition de la Commission Électorale Indépendante (CEI). Le Président Alassane Ouattara a précisé que cette CEI est équilibrée et répond aux aspirations de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples. Voici un extrait de cet entretien que le Président de la République a eu avec M. BROU Aka Pascal.

M. BROU Aka Pascal : La recomposition de la CEI réclamée par la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples votée à une large majorité à l’Assemblée Nationale et au Sénat, est le dernier point d’achoppement entre les partis politiques. Pour vous, Monsieur Le Président, est-ce que l’équilibre réclamé par la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples est respectée ?


S.E.M. le Président de la République : C’est ce que nous pensons puisque la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples avait demandé, sur intervention d’une ONG, que la société civile soit mieux représentée. Elle avait trois membres dans la commission précédente, maintenant elle en aura six. Vous aviez une Commission Électorale Indépendante qui avait 17 membres et dont près de la moitié était censée être proche du pouvoir. Maintenant nous avons une Commission Électorale Indépendante où il y aura 15 membres dans laquelle, on peut considérer que le tiers est proche du pouvoir. Nous avons rempli nos obligations. Mais ce qui est le plus important, c’est que nous avons tenu, pendant six mois, des réunions avec tous les partis politiques et la société civile. Et le consensus global que nous avons obtenu, a permis d’aller de l’avant. Maintenant je suis bien placé pour savoir que la politique de la chaise vide n’est pas la bonne. Voyez-vous (…) le RDR, en son temps, avait boycotté les élections de 2000. Mais qu’est-ce qui s’est passé ? L’Assemblée Nationale a continué de fonctionner pendant 10 ans sans un Député RDR. J’ai toujours dit aux gens du RDR que c’était une erreur. Maintenant nous avons la recomposition de la CEI. Je constate que tout le monde a participé aux travaux et qu’aux deux dernières réunions, le PDCI a décidé de ne pas y participer. C’est dommage parce que la recomposition de la commission a été votée par l’Assemblée Nationale et le Sénat. Je crois qu’ils ont saisi le Conseil Constitutionnel qui les a déboutés.

M. BROU Aka Pascal : L’opposition ne démord pas Monsieur le Président. Elle parle de passage en force même si elle a été déboutée par le Conseil Constitutionnel. Ne craignez-vous pas que la contestation finisse par jeter le discrédit sur la CEI ?

S.E.M. le Président de la République : Nous sommes en démocratie et c’est la majorité qui décide comme dans tous les pays du Monde. À partir du moment où l’Assemblée Nationale et le Sénat ont voté ce projet de loi, il n’y a plus de discussion (…) Ce sont les ivoiriens qui vont voter et c’est cela le plus important. Je vais aller plus loin car on me dit que c’est la CEI et que sans la reforme, on aura des problèmes. La Cour Africaine des Droits de l’Homme n’a pas demandé une réforme, elle a demandé une recomposition pour mieux représenter la société civile. C’est ce que nous avons fait. Maintenant je vais promulguer la loi aujourd’hui (ndlr : le 6 août) car tout le processus est bouclé. Les uns et les autres désigneront leurs représentants et ils vont se mettre au travail parce que nous avons les élections en 2020. On ne peut pas continuer de discuter alors qu’il nous faut des institutions. Ceux qui remettent en cause la CEI actuelle, oublient que nous avons fait les élections de 2015 avec cette CEI qui a fait du très bon travail. C’est la CEI de 2010 qui a eu des problèmes que nous avons reformé. Nous avons eu une nouvelle CEI en 2012 qui a fait toutes les élections y compris l’élection présidentielle de 2015. L’élection présidentielle de 2015 s’est bien passée. Mes adversaires m’ont téléphoné y compris Madame Henriette LAGOU, M. Affi N'GUESSAN, pour me féliciter et reconnaître les résultats. C’est cette CEI qui était déjà très bonne que nous venons de recomposer en diminuant la part de l’Etat. Si on est de bonne foi, on doit trouver que c’est une amélioration et que l’on doit continuer d’aller de l’avant. Ce dossier est bouclé. Les institutions de la république l’ont accepté.

M. BROU Aka Pascal : Vous ne craignez pas que cela conduise à la contestation du scrutin ?

S.E.M. le Président de la République : Ecoutez, celui qui veut contester conteste. Il y a des voies légales pour le faire. C’est aussi simple que ça. Mais pas de violence comme en 2010. Nous devons prendre l’exemple de 2015 : Nous allons aux élections. Celui que les ivoiriens vont désigner, sera en poste et les autres, je l’espère, qu’ils l’appellent pour le féliciter.

Gageons que les précisions faites par le Président de la République sur la loi relative à la recomposition de la Commission Électorale Indépendante mettent un terme au débat.

Direction de l’Information et de la Communication l'Assemblée Nationale

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