dylan gamba
Abonné·e de Mediapart

5 Billets

0 Édition

Billet de blog 6 mai 2015

David Cormand: "Pour ce gouvernement, l'écologie est une variable d'ajustement"

Etre ou ne pas être dans le gouvernement. Telle est la question qui taraude EELV depuis le départ de Cécile Duflot et Pascal Canfin en mars 2014, à la suite de la nomination de Manuel Valls à Matigon.

dylan gamba
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Etre ou ne pas être dans le gouvernement. Telle est la question qui taraude EELV depuis le départ de Cécile Duflot et Pascal Canfin en mars 2014, à la suite de la nomination de Manuel Valls à Matigon.

Depuis, les Verts se déchirent sur la stratégie à adopter. Des parlementaires, comme les députés François de Rugy et Denis Baupin ou le sénateur Jean-Vincent Placé, plaident ouvertement pour une entrée au gouvernement. Alors que d'autres, comme Cécile Duflot, fustigent la politique gouvernementale et appelent de leurs voeux une alliance alliant des frondeurs du PS jusqu'au Front de Gauche.

David Cormand, numéro 2 du parti et proche de Cécile Duflot, juge sévèrement le bilan environnemental de François Hollande, à l'Elysée depuis trois ans. De cette présidence jonchée d'une litanie de renoncements, il ne souhaite pas une participation au gouvernement "à tout prix" et plaide pour une candidature EELV à la présidentielle de 2017.

Etes vous en faveur du retour des Verts au gouvernement?
Bien entendu. Les écologistes ont vocation à participer au gouvernement. Mais à une condition toutefois: que les politiques menées par le gouvernement soient compatibles avec les enjeux écologistes et conformes au mandat confié par le peuple au Président de la République en 2012. Participer au gouvernement pour agir: oui. Participer à tout prix: non.
Ne craignez vous pas une scission au sein du parti avec une base et des élus qui tirent à hue et à dia?
Il n’y a pas de clivage entre les élus et la base du Parti sur le fond. Nous pensons qu’il faut plus écologie, plus de solidarité et plus de démocratie pour répondre aux enjeux du XXI e siècle. Il n’y aura pas de scission à EE-LV. Dans le pire des cas, il y aura quelques démissions.
Comment jugez vous les résultats d'EELV aux dernières départementales?
Les résultats sont globalement bons, compte-tenu d’un contexte de recul de la gauche. EE-LV maintient ses scores par rapport aux dernières élections européennes. Il y a une attente vis à vis de l’écologie. A nous d’être à la hauteur de ces attentes.
Comment jugez vous le bilan sur le front environnemental du gouvernement?
Il est très largement à nuancer. Ségolène Royal accumule les renoncements sur les enjeux majeurs: investissements écolos, fiscalité sur les pollutions, lois biodiversité et loi sur la transition énergétique. La politique agricole qui était partie sur de bonnes bases au début de quinquennat est en train de céder face aux lobbys de l’agriculture industrielle et productiviste. L’illustration de ce recul est la déclaration du Premier Ministre entre les deux tours des départementales lors de l'Assemblée générale de la FNSEA: « Vous êtes les premiers écologistes de France », ce qui est encore pire que la déclaration de Nicolas Sarkozy lorsqu’il était Président de la République indiquant que « l'écologie, ça commence à bien faire ». 


La recherche d’une croissance aveugle sans remise en question de nos modes de production est une impasse. La politique de l’offre non ciblée, avec le pacte de responsabilité qui aide les entreprises sans conditions ni contrepartie est une faute qui nuit à l’emploi et à l’environnement.
Pour ce gouvernement, pour l’instant, l’écologie est une variable d’ajustement, un supplément d’âme dans la communication. Rien de plus.
Etes vous en faveur d'une candidature EELV à la présidentielle de 2017?
L’écologie politique constitue un projet à part entière qui répond aux crises que rencontre notre civilisation. A tord ou à raison, dans la Ve République, l’élection présidentielle constitue le rendez vous démocratique majeur. Je ne vois pas comment les écologistes pouraient envisager de renoncer à une candidature à la présidentielle pour la première fois depuis 1974 dans ce contexte institutionnel. Le projet écologiste mérite d’être porté et défendu à toutes les élections.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Migrations
La véritable histoire d’Omar Elkhouli, tué par la police à la frontière italienne
Cet Égyptien est mort mi-juin pendant une course-poursuite entre la police aux frontières et la camionnette où il se trouvait avec d’autres sans-papiers. Présenté comme un « migrant », il vivait en fait en France depuis 13 ans, et s’était rendu en Italie pour tenter d’obtenir une carte de séjour.
par Nejma Brahim
Journal — Éducation
Au Burundi, un proviseur français accusé de harcèlement reste en poste
Accusé de harcèlement, de sexisme et de recours à la prostitution, le proviseur de l’école française de Bujumbura est toujours en poste, malgré de nombreuses alertes à l’ambassade de France et au ministère des affaires étrangères.
par Justine Brabant
Journal — Europe
L’Ukraine profite de la guerre pour accélérer les réformes ultralibérales
Quatre mois après le début de l’invasion, l’économie ukrainienne est en ruine. Ce qui n’empêche pas le gouvernement de procéder à une destruction méthodique du code du travail.
par Laurent Geslin
Journal — International
Plusieurs morts lors d’une fusillade à Copenhague
Un grand centre commercial de la capitale danoise a été la cible d’une attaque au fusil, faisant des morts et des blessés, selon la police. Un jeune homme de 22 ans a été arrêté. Ses motivations ne sont pas encore connues.
par Agence France-Presse et La rédaction de Mediapart

La sélection du Club

Billet de blog
Grippe aviaire : les petits éleveurs contre l’État et les industriels
La grippe aviaire vient de provoquer une hécatombe chez les volailles et un désespoir terrible chez les petits éleveurs. Les exigences drastiques de l’État envers l’élevage de plein air sont injustifiées selon les éleveurs, qui accusent les industriels du secteur de chercher, avec la complicité des pouvoirs publics, à couler leurs fermes. Visite sur les terres menacées.
par YVES FAUCOUP
Billet de blog
Cochon qui s’en dédit
Dans le cochon, tout est bon, même son intelligence, dixit des chercheurs qui ont fait jouer le suidé du joystick. Ses conditions violentes et concentrationnaires d’élevage sont d’autant plus intolérables et son bannissement de la loi sur le bien-être animal d’autant plus incompréhensible.
par Yves GUILLERAULT
Billet de blog
L’aquaculture, une promesse à ne surtout pas tenir
« D’ici 2050, il nous faudra augmenter la production mondiale de nourriture de 70% ». Sur son site web, le géant de l’élevage de saumons SalMar nous met en garde : il y a de plus en plus de bouches à nourrir sur la planète, et la production agricole « terrestre » a atteint ses limites. L'aquaculture représente-elle le seul avenir possible pour notre système alimentaire ?
par eliottwithonel
Billet de blog
Faux aliments : en finir avec la fraude alimentaire
Nous mangeons toutes et tous du faux pour de vrai. En France, la fraude alimentaire est un tabou. Il y a de faux aliments comme il y a de fausses clopes. Ces faux aliments, issus de petits trafics ou de la grande criminalité organisée, pénètrent nos commerces, nos placards, nos estomacs dans l’opacité la plus totale.
par foodwatch