Le renouvellement politique

Aujourd'hui, à la veille des nombreuses primaires des grands partis politiques, on remarque de plus en plus un manque de renouvellement de la classe politique française actuelle.

En janvier 2016, un journaliste de Libération écrivait non sans une certaine ironie : « le centre de recherches politiques de Sciences-Po (Cevipof) publie progressivement sur Internet ses archives électorales. Une occasion de voir qu’au moins le graphisme se renouvelle. » Il avait bien raison. En effet, avec l'annonce des candidats à la présidentielle de 2017, on remarque qu'une grande partie de ces-derniers ont déjà été candidats à des précédentes élections et que, dans le cas contraire, ils ont déjà presque tous occupé une fonction au sein d'un gouvernement.

Je ne parlerais pas ici du Front national, parti que l'on pourrait même qualifier de dynastique, dont la dirigeante à déjà été candidate présidentielle, de même que son père auparavant, et qui voue depuis longtemps un culte de la personnalité à ses leaders. Sur les candidats de la primaire des Républicains : un est un ancien président français, cinq autres ont déjà occupés un poste de ministre dans un gouvernement de droite et le dernier a été accepté à la primaire en tant que dirigeant d'un parti proche des Républicains et qui n'a presque aucune chance de remporter la primaire.

Les écologistes font partie des seuls à avoir eu un renouvellement politique bien que celui-ci soit minime. Dans la primaire du Parti socialiste, la situation est peu ou prou équivalente à celle des Républicains avec plusieurs anciens membres de gouvernement encore que l'on remarque une moyenne d'âge légèrement plus jeune que chez les candidats de droite. Le Front de gauche, n'a pas résisté à ce qui semble être aujourd'hui une normale en portant comme candidat Mélenchon (bien que certains communistes l'ont accusé de faire cavalier seul) et cela en est de même pour l'extrême-gauche.

Selon un sondage d'Odoxa, 88% des français considèrent ainsi qu'il y a un manque de renouvellement parmi les hommes politiques français. Les parties politiques, ces états au sein de l'état selon Max Stirner et Daniel Guérin, montre ainsi le symptôme d'une classe politique vieillissante, divisée entre ses différents antagonistes pour la plupart anciens alliés, prise au sein de magouilles notamment dans les parties de droites et, enfin, où la moyenne d'âge est toujours plus haute.

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