Buenos Aires : des producteurs agricoles offrent des fruits en signe de protestation

Dans le centre de la capitale argentine, une longue queue de plus d’un millier de personnes s’est formée devant le palais présidentiel pour recevoir gratuitement des pommes et des poires de la part des producteurs de fruits qui dénoncent ainsi la crise qui sévit au sein de leur profession.

Mercredi matin, des cultivateurs de fruits originaires de la province de Rio Negro, dans le sud du pays, se sont réunis pour la deuxième fois sur une place du centre de Buenos Aires, en face du palais présidentiel argentin, afin d’y distribuer des pommes et des poires. Près de 10 tonnes de fruits ont ainsi été écoulés entre mercredi et mardi en provoquant la création d’une queue de plusieurs milliers de personne venus spécialement pour l’occasion.

Mardi dernier, le stock de plusieurs tonnes s’était épuisé vers 2 heures de l’après-midi. Des familles entières s’y étaient rendues dont certaines, après avoir appris l’information à travers les médias, avaient fait plusieurs dizaines de kilomètres en voiture dans le seul but d’obtenir ces fruits. La plupart des consommateurs se plaignent en effet des prix extrêmement élevés et soutiennent ainsi cette action de la part des producteurs.

DE NOMBREUSES REVENDICATIONS

Les producteurs agricoles veulent critiquer par cet acte la multiplication du prix des fruits par 8,5 entre le moment de l’achat des fruits aux producteurs et le moment de la vente auprès des consommateurs. De plus, la production d’un fruit coute à l’agriculteur 26 centimes d’euro alors que les grands commerçants ne le lui achètent que pour 18 centimes. Durant les dernièr es années du mandat présidentiel de Cristina Fernández de Kirchner, les agriculteurs de Rio Negro avaient déjà manifesté contre la crise qui touche leur secteur d’activité en jetant plusieurs tonnes de fruits sur les routes de leur province mais cela n’avait pas suffi à relancer le débat au niveau national.

Ces raisons explique notamment que le nombre de producteurs de fruits de cette province, dont près de 80% de la marchandise est destinée à être exportée, ait été divisé par quatre en dix ans en passant de 8000 à seulement 2000 salariés.

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