Médicament à tout prix

Santé et capitalisme ne devraient pas rimer entre eux. Aujourd'hui, le prix des médicaments est en constante augmentation dans le but presque avoué de faire des marges et bénéfices au profit de la grande industrie pharmaceutique.

Un des grands aspects du capitalisme en matière de santé, est que celui-ci provoque l'augmentation du prix des médicaments par les entreprises qui le produisent dans le but d'augmenter aussi leur profit.

Pourtant, ces-dernières s'en défendent en faisant valoir que les prix sont élevés car la recherche et le développement des médicaments coûte cher. Or d'après certaines études, les montants de ces coûts sont surrestimés et, de plus, une grande partie de la recherche est financée par l'argent publique et non par les firmes privées. On remarque ainsi qu'en 2013 neuf des dix plus grands laboratoires ou sociétés pharmaceutiques ont dépensés plus d'argent dans le marketing que dans la recherche et le développement des médicaments ce qui remet encore en doute l'affirmation de ces mêmes sociétés.

Un autre argument est que les coûts augmentent car les prix de production augmentent également. Cela est difficile à évaluer car les prix de production sont tenus secret par les entreprises. Les prix de médicaments variant selon les états et selon les moyens de fixation des prix, le Sénat français estime que les laboratoirs mettent ainsi en concurrence les états européens

Enfin, on ne fera jamais trop remarquer que ces firmes appartiennent toutes à des fortunes privés avec l'exemple de Sanofi, détenue en partie par L'Oréal et donc par la famille Bettencourt, ou Pfizer, dont le plus grand actionnaire est la banque britannique Barclays.

L'organisation de solidarité internationale d'origine française Médecins du monde, qui a lancé il y a quelques mois une pétition pour réduire le coût des médicaments, s'interroge donc : Quand il s'agit de Santé, est-ce au marché de faire la loi, ou est-ce à l'Etat ? Cette question est parfaitement légitime mais toutefois un autre problème se pose dans le second cas, est-ce que l'Etat ne subirait pas alors des pressions des lobbys pharmaceutique comme cela est le cas dans d'autres domaines et avec d'autres lobbys et cela ne risque-t-il pas d'amener aux mêmes problèmes sur le prix des médicaments ?

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