Un forum pour la paix en Colombie

Depuis l'accord signé entre le gouvernement colombien et les FARC, un débat sur la paix fait rage dans le pays. Plusieurs personnalités de milieux et de domaines différents se sont ainsi exprimées lors d'un forum sur la paix à Bogotá.

Le 24 août 2016, un accord de paix ratifié par le gouvernement colombien et les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) a mis fin à 52 ans de guerre civile. Le bilan est lourd : plus de 200 000 morts et plusieurs millions de personnes touchées directement ou indirectement par le conflit. Les négociations avaient commencé en 2012 lors d'une rencontre en Norvège jusqu'à aboutir à la signature du traité définitif de paix à La Havane.

Un forum dans le but de discuter des bénéfices de la paix et de ses différentes modalités ainsi que pour "rapprocher la décision des citoyens" a été organisé par la fondation Buen Gobierno et le groupe de presse Prisa (qui détient notamment le quotidient El Pais, journal le plus vendu en Espagne) à Bogotá, capitale colombienne. Le président Juan Manuel Santos et Juan Luis Cebrian, PDG du groupe Prisa, y ont participé aux côtés de trois ancien présidents colombiens, d'un ancien président espagnol (Felipe Gonzalez) et d'un ancien président chilien (Ricardo Lagos).

Humberto De la Calle, ex-vice-président de Colombie et qui s'est chargé des tractatives de paix en représentant le gouvernement, a ainsi appelé à une aide de la communauté internationale dans le processus de paix. C'est dans ce désir d'être appuyé par les autres pays, principaux ceux européens qui (comme la Norvège) ont déjà servis d'entremetteurs entre les FARC et le gouvernement, que le président Santos a appelé auprès de lui Jonathan Powell, l'actuel chef de cabinet du premier ministre britannique. En effet, certaines personnes même au sein du gouvernement demeurent toujours opposées à cette réconciliation qui suscite encore de vives polémiques dans le pays.

On remarquera toutefois que le forum pour les bénéfices de la paix est surtout fréquenté par des anciens pro-gouvernement et que la présence de membres des FARC y est minime voir absente.

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