Violences policières: nous exigeons la démission de Castaner!

Après trois mois d’une répression policière et judiciaire sans précédent, après 2000 blessés, 20 éborgnés et 5 mains arrachées, après les condamnations de l’ONU et du Parlement européen, nous exigeons la démission et la mise en examen du Ministre de l’Intérieur.

Ce 14 février, après trois mois d’une répression policière et judiciaire sans précédent, après 2000 blessés, 428 signalements recensés par le journaliste David Dufresne, 20 éborgnés et 5 mains arrachées, l’ONU condamne « un usage disproportionné d’armes dites “non-létales” », rappelle « la nécessité de respecter et de protéger les manifestants qui se rendent pacifiquement à une manifestation pour s’exprimer » et invite « la France à repenser ses politiques en matière de maintien de l’ordre ». Parallèlement, le Parlement européen vient de procéder à une condamnation sans appel de l’usage des lanceurs de balles de défense et met en cause, visant directement la loi “anti-casseurs”, les restrictions à la liberté de manifester. La France, pays des Droits de l’homme, est mise au ban des nations démocratiques.

À Strasbourg, le samedi 12 janvier, un adolescent de 15 ans a eu la mâchoire fracturée par un tir de flashball. Toujours à Strasbourg, le samedi 2 février, l’un d’entre nous a été blessé par un tir tendu de grenade, alors qu’il filmait pacifiquement la manifestation, dans des conditions similaires à celles qui ont coûté un œil à Jérôme Rodriguez il y a trois semaines à Paris. Nous affirmons que les violences commises par les forces de l’ordre sont de la responsabilité du Ministre de l’Intérieur, lequel justifie l’usage d’armes létales contre de prétendus « émeutiers » et « factieux », alors même que les Gilets jaunes interviennent régulièrement, non seulement pour empêcher les violences physiques contre les journalistes, mais également pour prévenir les dégradations matérielles. Tout comme les arrestations préventives et les poursuites judiciaires disproportionnées, ces violences policières ont pour fonction d’intimider et d’apeurer afin de dissuader de participer aux manifestations. Cette stratégie va de pair avec la loi liberticide contre le droit à manifester, adoptée ce 5 février en première lecture à l’Assemblée nationale. Ce qui est en jeu, c’est la doctrine française du « maintien de l’ordre » qui privilégie la confrontation rapprochée et forcément violente de la police avec les manifestants, au lieu de favoriser une « désescalade » par la négociation comme c’est le cas dans d’autres pays.

Voilà la toile de fond du « grand débat » qui est contrôlé par l’Élysée au lieu d’être organisé de manière indépendante par la Commission du débat public. Le mouvement des gilets jaunes a eu le mérite de permettre d’ouvrir un débat public dont le pays a besoin. Mais ce débat ouvert est de facto refermé par les violences gouvernementales et privatisé par le maître de l’Élysée. Celui-ci s’est réservé le privilège d’en tirer tout seul les conclusions qu’il envisage de présenter à l’approbation populaire par un référendum à fonction plébiscitaire dans une tradition autoritaire qui remonte à Napoléon III. Dans ces conditions, il convient de refuser de participer à cette parodie de débat tout en organisant des débats autonomes et indépendants avec les gilets jaunes et tous les citoyens.

Dans cette intention, l’École critique de Strasbourg pour l’émancipation renouvelle son appel à former des groupes locaux de sympathisants solidaires des gilets jaunes de façon à constituer des centres d’action et de réflexion sur la situation actuelle, sur les violences policières et sur les conditions du débat public.

  • Nous déclarons en ce sens notre soutien à l’Appel lancé par l’Assemblée des assemblées des gilets jaunes à Commercy le dimanche 27 janvier : https://reporterre.net/Appel-de-la-premiere-assemblee-des-assemblees-des-Gilets-jaunes.
  • Nous demandons l’interdiction immédiate des LBD, des grenades GLI-F4 et des grenades de désencerclement.
  • Nous appelons au retrait de la loi “anticasseurs”.
  • Nous exigeons la démission et la mise en examen du Ministre de l’Intérieur pour complicité de violences aggravées.

 ECSE - École critique de Strasbourg pour l’émancipation

 PS : Continuez de signer et de diffuser l’appel initié par l’ECSE et qui a déjà recueilli plus de 10 000 signatures !

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