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Billet de blog 6 mars 2013

HABITER/CLARA - SE RÉCONCILIER AVEC CLARA

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

HABITER/CLARA

Un projet du collectif CLARA avec Kévin Potier, Thomas Vinck, Arnaud De Mahieu, Clément Mouteau, Clément Pélabon, Jonathan Cohen étudiants à l’ESA Nord-Pas de Calais / Dunkerque-Tourcoing

avec Camille Arthémise Millian, Laura Philippe, Myriam Grosso, Jean-Baptiste Fayol étudiant-es à l’ISBA Besançon Franche-Comté.

SE RÉCONCILIER AVEC CLARA

Jonathan Cohen

En dépit de son apparent désordre le projet Clara est très capricieux et convoque en moi toutes les expériences apprises aux cours de ma vie. Aujourd’hui, il ne me demande pas de pardonner comme je le pensais initialement mais de remercier et surtout de m’excuser.

Ce qui fait la véritable force de Clara, si je l’ai bien compris ce soir est l’unité ainsi que l’attention portée aux objets : deux règles que je n’ai pas respectées à plusieurs reprises. L’unité car j’ai eu des mauvaises pensées envers certains du groupe dont le discours m’a offensé puis les objets que je n’ai pas totalement respectés.

Pour résumer :

Dimanche, je me suis amusé avec les objets, ne sachant plus quoi en faire je les ai cassés.

Lundi, j’ai réessayé mais n’obtenant pas le résultat escompté je les ai mis dehors. Pris de remords, je les ré-rentre quand même et les mets droits contre le mur telle une exécution en attendant de décider de leur sort.

Le soir complètement déprimé, je n’ai plus d’émotions et de sentiments envers ces derniers. En plus d’être cassés, ils sont dépourvus de toute charge et retournent à l’état de simples objets.

Mardi, je ne m’amuse donc pas avec eux car en plus d’être inutiles les objets semblent être agressifs, ils nous envoient de sales regards en plus d’intégrer nos rêves. Je ferme donc les yeux la moitié de la journée et m’amuse avec les copains la seconde partie, toujours en ignorant les regards des objets.

Fin de journée, furieux de constater que les objets n’ont pas coopéré en plus de m’avoir fait passer une journée agressive.

Je rentre chez moi perplexe et remets en cause le groupe et suis d’abord énervé auprès de lui. Mais bon je me laisse pas abattre et fait couler un bon bain…

…Viens le moment d’aller dormir et là le drame, discussion d’ex-copine avant de se coucher…

Comme d’habitude, je me dis que pardonner est la meilleure solution pour s’apaiser et donc dormir mais ce à quoi je viens de penser me rappelle étonnamment les derniers jours vécus au sein de Clara. Je me dis qu’il y a quelque chose de proche de l’amour …

Clara est incontrôlable et fait varier l’humeur quand on l’emploie mal. Là vient le moment où je pense avoir la solution « je vais pardonner ».

Mais pardonner quoi ?

Je me questionne sur le groupe, les objets mais j’ai l’impression d’avoir oublié quelqu’un.

Comment est-ce que j’ai agi envers le groupe et les objets ?

Je me remets donc en question et apparaît de suite une image de bourreau cruel pas très tolérant. Ça y est, je culpabilise et cherche une solution.

J’en trouve une première :

Avancer mon voyage en Chine.

Une deuxième :

Changer de workshop et rejoindre ma dulcinée pour jouer du Mozart.

Ou peut-être assumer, rester et s’excuser du mal que j’ai causé. Je m’excuse donc auprès de mes camarades pour les pensées que j’ai eu d’où le câlin de ce matin et vais donc passer le reste de la matinée à embrasser les fétiches blasphémés. J’invite donc, si l’envie se présente à tous les membres du groupe Clara se sentant coupables envers quelqu’un ou quelque chose à amener cette personne ou cet objet au confessionnal (la cuisine) pour mettre fin aux tensions au sein de Clara.

MERCI À TOUS ET COMBATTONS ENSEMBLE POUR CLARA.

UNE APPARENTE INJUSTICE POUR UN VERNISSAGE MALHEUREUX

 Jonathan Cohen

Nombreux sont restés perplexes devant notre vernissage, autant du côté acteurs que spectateurs. En effet, la première salle étant remplie d’un grand vide tandis que la deuxième d’un bordel monstrueux, difficile alors d’y voir une exposition sérieuse.

Pire encore, difficile d’imaginer que ce sont des artistes ou des étudiants en art qui ont fait cela. 

Pourquoi avons-nous décidé de montrer cela alors qu’au cours de nos actions nous avions tous créé divers objets intéressants ainsi que d’impressionnantes installations ?

Il m’a semblé que beaucoup ont été déçus voir frustrés du résultat. Je dirais même plus au niveau des acteurs de l’exposition, qui ont ressenti pour certains des sensations allant jusqu’à l’injustice. Pas fiers, ne se reconnaissant pas dans l’exposition et n’assumant pas non plus les dernières opérations effectuées, le doute s’instaure et l’on se demande si le public est réceptif. A priori rien d’anormal car dans cette situation à laquelle on s’est confrontés il y a la crainte de ne pas plaire et l’espoir d’être remarqués pour le travail fourni.

Mais pourquoi devrions nous faire plaisir ?

     Pourquoi mettre en avant une installation alors que nous en avions crée des centaines durant la semaine ?

Pourquoi réussir cette exposition et d’ailleurs qu’est-ce que c’est la réussite d’une exposition ?

                                 Et si Clara c’était autre chose.

                                 Et si Clara posait d’autres questions.

               N’est-ce pas la façon la plus équitable et honnête, de mettre toutes nos actions à la même importance, que d’en laisser uniquement les traces ?

Quoi qu’il en soit chacun d’entre nous, chacun de nos actes effectués durant la semaine a influé sur le résultat final. Que se soit par notre présence, notre humeur ou n’importe lequel de nos comportements…

    Par exemple malgré mon absence au dernier virage qu’a pris l’exposition à savoir l’enlèvement du mur côté vitrine ainsi que le nettoyage des débris en bas des poutres. Je me sens impliqué dans cette action et je suis persuadé d’avoir joué un rôle par mon absence et mon humeur du matin. Etant totalement bouleversé une fois de plus par l’apprise d’un viol d’une personne proche, je suis totalement désemparé et ne trouve plus ma place, je cherche des solutions, en parle à une personne mais rien n’y fait, je vois bien que la meilleure solution est de dormir afin de ne pas aggraver mon état. Persuadé de toute façon, que notre accrochage bougera pas ou très peu.

Mais quand je reviens, tout a changé, je perds mes repères et a priori ne me reconnais plus, je ne me sens plus acteur de ce qu’est devenu le lieu et fait un geste désespéré pour retrouver mes marques. J’accroche des objets autour du poteau pour montrer que je suis encore là ainsi que pour faire un acte de résistance. Voyant bien que ce geste est inutile et absurde je l’enlève étonné de voir que personne ne l’a fait avant moi.

Tout cela pour émettre une hypothèse, et si Clara avait compris tout ça, et si elle m’offrait la clé pour savoir quoi faire ?

Et si cette clé nous concernait tous ?

Et si sa réponse c’était le vide, l’absence physique mais les traces que laissent les choses en nous. Ces traces qui nous forment et nous constituent. Ainsi en privilégiant les traces laissées, nous montrons directement un intérieur  en court-circuitant l’apparence physique qu’ont les choses. En agissant ainsi, je pense que nous avons ouvert un maximum et le fait d’ouvrir m’a personnellement fait entendre et comprendre des choses que je suis encore en phase de digérer. Mais ces moments je les ai vécus, et  les préfère largement aux histoires que l’on peut dire déçues. Je ne peux donc m’empêcher de me questionner à savoir si l’exposition m’aurait touché sans l’avoir vécue ?

Exposer.

Thomas Vinck

Arrivée au LAAC, la danse change.

La dynamique de groupe est bien là. Nous allons vers un but commun: repenser l'exposition.

Espace limité, sol à préserver, institution à ne pas froisser.

Les protections utilisées délimitaient un espace autour d'îlots d'objets.

L'importance du socle, ce qui peut séparer le visiteur du reste.

Si « tout le musée est notre socle » alors on ne peut se limiter.

Clara se permettra de danser où elle le souhaite.

La négation, le conflit de la première heure a fait naître la danse que l'on mène.

Nous nous confrontons à l'institution. Une danse subtile s'engage où il s'agit de s'imposer sans froisser. Garder son éthique, ne pas foncer tête baissée sur la ligne de front mais s'adresser au responsable.

D'ici et là, les encombrants n'ont plus le même statut. Ils sont matière pour œuvres, sans oublier, sans se mentir. Il y a cette idée de stock qui justifie et donne valeur à nos actions disséminées.

Le LAAC, Cobra, Cobra, stock, stock, habiter, habiter, Cobra.

Par précaution, dès notre arrivée l'institution nous délivre une bâche où l'on posa le stock.

Posé sur des tréteaux, nous le détachons du sol. Le socle n'est plus visuellement nécessaire car il est imposé par le lieu.

La bâche, espace limité, vient symboliquement recouvrir le stock. Elle cache, elle en définie des contours nets.

Chaque strate nous offre à voir.

Ces objets abandonnés hier, ont au LAAC valeur d'œuvre, une antépénultième fois.

C'est un peu les habitants de Coudekerque-Branche qui sont exposé ici. Du moins, par les objets dont ils ne voulaient plus.

Une série d'objets plus personnels, appartenant aux habitants rencontrés, sera sacralisée le temps de l'acte 4.  La charge de ces reliques est mystérieuse. Elle résonne avec l'abandon des autres.

C'est inscrit dans le cycle de consommation. Une fois que l'on possède, on désire autre chose.

Alors qu'on adopte au futur, on abandonne au passé. La difficulté est d'agir au présent.

ACTE 4-LAAC

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