L’épisode douloureux de la vie du Conservatoire des Arts et Métiers et Multimédia de Bamako /BFK : le conflit.
L’état de guerre au Mali n’a pas empêché le CAMM/BFK de Bamako de poursuivre sa mission de formation artistique. Les intervenants et les enseignants étrangers, à deux ou trois exceptions près, ont quitté le pays. Aujourd’hui, le directeur, l’encadrement malien et d’anciens étudiants diplômés assurent les cours. L’essentiel semble être sauvegardé. Au téléphone, Abdoulaye Konaté (directeur du CAMM) à la question « Comment allez-vous ? » la réponse est déconcertante « Ça va ». La réponse est une question de sonorité. Cette situation ne peut qu’être temporaire ; si elle perdurait, l’enseignement et l’acquit seraient sérieusement mis en question. Le travail et les efforts produits durant ces années seraient anéantis.
Le pilotage du projet et la direction du CAMM/BFK ont été confiés à l’artiste Abdoulaye Konaté. Il a souhaité une pédagogie ouverte à la connaissance des cultures, au monde et à l’histoire africaine. Pour cette dernière une histoire méconnue, mésestimée, un handicap pour la compréhension du continent dont la richesse culturelle est le socle et qu’il était nécessaire d’enseigner aux jeunes générations, coupées de la transmission traditionnelle. C’est l’une des missions que le CAMM/BFK a en charge. L’autre aspect concerne l’enseignement de la création contemporaine assurée par des intervenants extérieurs et le noyau d’enseignants temporaires.
Le CAMM propose une formation supérieure artistique aux étudiants maliens et de la sous-région. Il a acquit, avec les années un rayonnement d’excellence, avec les années, dépassant les frontières du territoire. Des diplômes ont été délivrés, des masters-classes dirigés par des artistes de renoms, des workshops avec des artistes-intervenants extérieurs. Des conventions ont été signées entre des établissements d’enseignement supérieur du continent et école d’art française. Cela a facilité les séjours de recherche des étudiants français.
Il est évident que nous devons être attentifs à cet état de fait par une mobilisation solidaire. Notre responsabilité individuelle ainsi que celle de nos institutions sont engagées. Nous avons tous constaté que la plupart des artistes-intervenants de passage ont vu leur projet artistique s’enrichir conceptuellement et plastiquement enrichi par cette rencontre culturelle. Cette porosité est facilitée par l’exceptionnelle configuration du CAMM/BFK, par l’accueil de ses étudiants, par les conseils avisés de l’encadrement malien, par la disponibilité de son directeur et par les rencontres d’artistes étrangers que (nous pouvions y faire) nous mettons en oeuvre.
Albert Clermont
Enseignant photographie
Ecole supérieure d'art - site de Dunkerque