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Billet de blog 5 sept. 2014

Francophonie : L'Afrique, combien de divisions..?

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A l'heure où l'Amérique et l'Asie se disputent le juteux continent africain auquel les prophètes de la mondialisation prédisent un destin de géant démographique qui battrait les records de croissance économique, l'Organisation Internationale de la Francophonie(OIF) se cherche un successeur à son secrétaire général historique. Acquise par tacite reconduction aux hommes d'Etat africains en voie de reconversion ou forcés à la retraite politique, cette charge stratégique est convoitée par certains pays-membres qui voudraient doper leur horoscope géopolitique. Au risque d'entamer le prestige politique si chèrement acquis par leur communauté culturelle linguistique..?

Redoutable et perfide Albion

Redouté pour avoir boudé le Commonwealth anglophone de la perfide Albion, la monarchie canadienne marcherait-elle sur les platebandes d'une Marianne républicaine en récession ? Fort d'une double appartenance linguistique, son gouvernement gourmanderait le passé ''démocrate-putschiste'' du favori franco-africain auquel il aurait conditionné l'hospitalité de son sol américain. Mais voyant que sa stratégie ne convertirait que la confédération helvétique dont la légendaire neutralité serait plus coutumière des votations inégales, le royaume glacial aurait fini par adouber la candidature de Michaëlle Jean : journaliste d'origine haïtienne qu'il n'avait pas renouvelée au poste honorifique de gouverneure générale. Dans une campagne aux couleurs libérales du récent sommet afro-américain, son ambassadeur parisien s'active déjà pour que le discours de l'égérie noire reprenne le timbre colonial de ses ancêtres gaulois :'' il y a un souci de voir l'organisation avancer sous une impulsion moderne pour en faire un espace de stratégies économiques pour tous ces pays africains qui sont nombreux à être sur le tarmac...''  Loin d'être dupe du soutien opaque d'un pouvoir qui ne viserait qu'à conserver le poste vital d'administrateur de l'organisation pour l'Etat québécois, la courageuse candidate fait une campagne loyale pour semer les menus couacs de son récent mandat fédéral. Plutôt encline à porter les causes féminines et sociales, elle endosse la volonté royale d'apposer des ambitions résolument économiques à l'intangible doctrine issue du Sommet de Hanoï (1997) qui structure la francophonie politique: ''Abdou Diouf a établi des fondations solides du point de vue de la Francophoniepolitique. Maintenant, ce que j'entends des chefs d'État depuis un an, c'est qu'ils veulent une francophonie économique''.
Profil modèle et consensuel
Si le continent africain abrite plus des deux-tiers des pays francophones, la succession de l'ex-président sénégalais y attise les ambitions fratricides. Chaque jour apporte son lot de prétendants plus ou moins solides. Figures imposées de la foire aux compensations diplomatiques voire commanditées par quelque chancellerie inamicale, l'inflation de concurrents risque de torpiller les chances et acquis du continent global. Outre le candidat récurrent du pays le plus imposant - Henri Lopes, diplomate congolais congénère du sortant-, il faut compter avec son homologue et cadet issu du plus petit rocher du bassin indien : le mauricien Jean-Claude de L'Estrac. A côté de ces deux écrivains de talent, le Sahel occidental propose son plus jeune champion attesté : Dioncounda Traoré, patron de chambre parlementaire devenu président intérimaire de l'Etat malien sous perfusion internationale avant sa retraite bien méritée. Hélas, ces valeureuses candidatures risquent de plomber les chances plus réelles du véritable favori franco-africain : Pierre Buyoya, ex-président du Burundioriental. Profil modèle parmi ses pairs africains et autres grands électeurs de l'organisation pour succéder à l'actuel secrétaire général, l'homme serait plébiscité pour avoir jugulé les guerres civiles et favorisé l'unité et la démocratie continentales. Emblématique officier de paix pour l'Union africaine, la francophonie en fit l'apôtre de sa doctrine hanoïenne. D'autres candidatures extérieures menacent le leadership africain. L'ex-président libanais pourrait fédérer les pays arabo-musulmans. Un ex-maire de Paris et intime de l'Elysée serait cité alternativement...Alors, l'Afrique : combien de divisions au Sommet de Dakar en novembre prochain ?

Paru dans Le Calame N°941 du 11/08/2014

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