Billet de blog 29 déc. 2022

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1973, l’année de mon avortement

J’avais 20 ans et j’avais déjà une fille de un an. Mon mari et moi étions dans la dèche la plus complète. J’ai consulté 12 médecins. Au mieux, j’ai eu droit à un « je ne peux rien faire pour vous » et au pire, j’ai eu le conseil d’acheter une canule. J’étais une gamine, et je ne savais absolument pas le danger que ces « charlatans » me faisaient courir.

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1973, l’année de mon avortement.

J’avais 20 ans et j’avais déjà une fille de un an. Mon mari et moi étions dans la dèche la plus complète, lui, musicien, jouant dans des orchestres de « baluches » comme il disait et moi faisant des ménages tout en faisant ma terminale par correspondance.

Nous avions bien sur quittés nos familles et essayions tant bien que mal de survivre.

Et c’est la cata ! Une capote percée et je me retrouve enceinte à nouveau. Vu le contexte, ça n’était tout simplement pas possible.

J’ai consulté 12 médecins. Au mieux, j’ai eu droit à un « je ne peux rien faire pour vous » et au pire, j’ai eu le conseil d’acheter une canule et d’essayer de me la faire rentrer dans l’utérus. J’étais une gamine à l’époque et je ne savais absolument pas le danger que ces « charlatans » me faisaient courir en me conseillant ça.

Par contre, j’ai compris une fois pour toutes que certains médecins sont loin d’être des personnes qui cherchent à aider les gens, et je ne leur ai plus jamais fait confiance aveuglément.

Parmi mes amis, la sœur de l’un d’eux était étudiante en médecine.

Non seulement étudiante en médecine, mais aussi et surtout membre du Mouvement pour la liberté de l'avortement et de la contraception (MLAC). Je l’ai donc rencontrée, et après discuté, expliqué ma situation, et avoir bu environ 3 litres de tisane d’absinthe réputée abortive, mais qui m’a juste envoyée aux toilettes fréquemment, nous avons abordé les choses sérieuses.

Grace à elle et à ses colocataires, qu’on appelait communauté à l’époque, qui se sont cotisées, pour me permettre d’aller me faire avorter à Bruxelles, j’ai pu reprendre des études, et m’en sortir au lieu de sombrer, ce qui aurait été probablement le cas si je m’étais retrouvée sans qualification et avec deux enfants.

Je suis bien évidemment devenue une militante moi aussi, et je continue à l’être car aucune liberté n’existe pour toujours, comme on le constate bien ces derniers temps.

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