Rosies confinées mais pas Rosie-gnées

Nous ne sommes pas «chamailleuses», nous sommes en colère!


 

Toujours Rosies même isolées © Bisson Laetitia

« Retrouver dès que possible les 1er mai joyeux, chamailleurs qui font notre Nation. »

Les mots de Mr Macron, dans la clôture de son allocution du 1er mai 2020, résonnent comme un coup de tonnerre en cette journée bien particulière. Journée de lutte pour les droits des travailleuses et des travailleurs, journée de mobilisation, journée de revendication dans un monde de plus en plus déshumanisé. Dans son monde, le profit, les dividendes et l’argent règnent en maître. Le pouvoir des plus riches continue de saccager impunément les ressources et les écosystèmes malgré les alertes nombreuses de scientifiques et de citoyen.nes.

La rage, c’est ce que ressentent bon nombre de françaises et de français, face aux actes, aux décisions, aux mots dont use la caste dirigeante pour dominer, mépriser et détruire.

Non, nous ne voulons pas retrouver les 1er mai joyeux et chamailleurs, Mr le président!

Il n’y a bien que vous et vos fidèles acolytes pour nous assimiler, envers et contre tout, à un peuple de braves gaulois ripailleurs et taquins, dont vous osez prétendre partager aujourd’hui rituels et traditions en cette journée “symbolique”. Le premier mai n'est pas un carnaval folklorique mais une journée de mobilisation revendicative, faut-il le rappeler ?

 Des chamailleries, ces mois de grève, de manifestations, pour dénoncer les conditions de travail inacceptables et criminelles dans les hôpitaux?

Des chamailleries, ces mois de mobilisation contre votre réforme des retraites, dont il n’est plus à prouver qu’elle creuse encore et toujours les inégalités tout en engraissant les fonds de pension, et en détruisant les services publics?

Des chamailleries, ces centaines de victimes de tirs LBD, de gazages sauvages, d’arrestations violentes?

Nous sommes un peuple en souffrance, Mr le président. Votre gouvernement refuse d’écouter les travailleuses et les travailleurs, ceux dont aujourd’hui vous saluez la solidarité et le dévouement.

 Nous sommes un peuple en colère, Mr le président. Et le confinement ne nous fera pas taire!

 Nous ne retrouverons pas de 1er mai “heureux” avec vous et votre caste.

 Nous n’oublierons pas le sort réservé à l’ensemble du personnel soignant, exposé au virus dans des conditions dramatiques!

 Nous ne voulons pas du monde que vous nous imposez!

 Nous, travailleuses sarthoises engagées dans la lutte contre la réforme des retraites et la casse des services publics, nous continuerons à lutter contre votre projet!

 Confinées, mais pas résignées!

 

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