Catastrophe économique et sociale : qui sont les seuls vrais responsables ?

Avec les derniers articles dithyrambiques parus dans bon nombre de journaux, notamment américains, au sujet de Thomas Picketty, la question contenue dans le titre de mon billet mérite à nouveau d'être posée. Et bien qu'elle semble dénuée de tout intérêt, elle est au contraire de la plus haute importance car révélatrice à elle seule du plus gigantesque enfumage qui nous est administré depuis des décennies, et cela quasiment jour après jour. Enfumage qui n'a d'autre but que de nous faire accepter la situation économique et sociale dans laquelle nous nous trouvons comme s'il s'agissait d'une fatalité contre laquelle tous nos dirigeants politiques se seraient battus avec le plus grand hacharnement sans jamais parvenir à y remédier. Rien de plus faux et bien au contraire, puisqu'ils en sont les instigateurs directs !!

Le plus drôle dans cet enfumage auquel ont pris part des milliers de spécialistes dans tous les domaines, depuis le journaliste spécialisé jusqu'aux diplômés en économie des plus grandes écoles en passant par les politologues et autres sociologues, c'est qu'il est démontrable (l'enfumage en question) sans le moindre artifice, à l'aide d'une seule et unique évidence. Cette évidence, la voici : des modèles économiques, il en existe à foison, des bons, des moins bons, des justes et de carrément mauvais comme celui qu'on nous inflige aujourd'hui. Bref, tout cela pour dire qu'entre tous ces modèles que nos économistes ont élaboré au fil des siècles, il n'y a qu'à choisir. Or, CHOISIR un modèle économique et donc un modèle de société n'est-il pas, dans un régime démocratique, l'apanage exclusif de nos seuls dirigeants politiques devant se conformer à la volonté du peuple qui les a élus ?

Voilà tout ce qu'il suffit de démontrer pour prouver la responsabilité pleine et entière de nos dirigeants politiques sans lesquels nous ne pourrions pas en être arrivés là, sans qu'il soit besoin d'incriminer le dernier des traders ou tel ou tel organisme financier qui ne font que profiter de la situation. Et tout le reste n'est que de l'enfumage, y compris cette publicité faite autour d'un prétendu surdoué qui n'est même pas capable de mesurer l'étendue de sa réelle importance pourtant très proche de zéro, à l'égal de celle de ses confrères hormis quelques exceptions telles qu'un F. Lordon ou un J. Sapir.

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