l'usurpation des FFD (filles et fils de)

Ceci n'est pas une doléance destinée aux politiques (encore que les familles Sarko, Delors, Debré,  Mitterrand la liste est longue, en connaissent long sur le sujet) mais plutôt l'espoir qu'une prise de conscience générale s'éveille sur la question de la mainmise des FFD (filles et fils de) dans tous les domaines de la vie économique, politique et culturelle française. Si cet état de fait n'est pas propre à la France, nous l'avons laissé se propager dans notre pays à une échelle dangereuse pour la démocratie, la création, le rayonnement général de la France. D'autres ont alerté sur cette question fondamentale mieux que moi  et notamment Frédéric Teulon dans son excellent essai les FFD, la France aux mains des fils et filles de.  Si le talent de certains de ces FFD est indéniable, la majorité ont usurpé une place que des milliers de jeunes talenteux et "fils de personne" n'auront jamais l'occasion de montrer. De la politique (NKM, Bachelot, Le Pen, Villepin, Aubry, Sarkozy etc etc) à l'édition (D'ormesson...) en passant par le journalisme (Sara Daniel, Lea Drucker...), l'industrie (Lagardère, Bouygues...), le cinéma (là on atteint au paroxysme, de l'acteur au producteur, rien ne sert aujourd'hui de passer par le conservatoire ou une école de cinéma, mieux vaut fouiller dans le carnet d'adresses de papa maman), jusqu'aux chanteurs et humoristes (là aussi la liste serait longue), tout est vérrouillé. Y compris, songeons y, à la philosophie (Enthoven père et fils) et à l'écriture (fille BHL ...). Alors qu'aux Etats Unis aussi, la porte s'ouvre aux FFD, elle se referme par contre aussi vite devant le manque de talent. Une chance, pas deux. En France, Laura Smet continue à plomber les films des réalisateurs qui  la font tourner,  le fils Bedos tire les mêmes ficelles que papa, etc etc.  Au-dela de l'injustice faite aux enfants de l'ombre, il en résulte une pauvreté dans l'innovation, la création qui menace le pays des Droits de l'homme et des Lumières.  Matière à réflexion. 

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