Le treize septembre 2013 marque les 20 ans du processus d'Oslo. Il nous a semblé que cela devrait être l'occasion d'une véritable réflexion politique non seulement sur le bilan de ces vingt longues années,  mais aussi sur les différentes perspectives d'avenir que l'échec des promesses de ce processus ouvre  pour la région.

Nous avons demandé a plusieurs personnalités de contribuer par leur analyse à ce petit brainstorming

L'Agence Média Palestine, en partenariat avec l'Alternative information Center, publiera ces tribunes durant ce mois, sur l'espace club de Médiapart.

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Par Eric Hazan, éditeur aux éditions "La Fabrique"et écrivain

Depuis les accords d’Oslo, de poignées de mains en protocoles divers, de tournées d’émissaires américains en « reprises du  processus de paix », ce qui domine la relation Israël-Palestine, c’est l’hypocrisie généralisée.

On fait semblant de croire que la « solution du conflit » passe par la création d’un État palestinien. L’idée est largement acceptée par tous ceux qui ne sont informés que par des médias aux ordres. Mais ceux qui sont au courant, quel que soit leur bord, savent qu’un véritable État palestinien ne peut pas exister. Ils savent que ce qui est possible – et qui peut un jour advenir – c’est un État fantoche, un protectorat qui n’aura pas le contrôle de ses frontières et donc de son économie, ni d’accès à la mer, ni de communication directe avec les États arabes voisins, ni de continuité territoriale, ni la capacité de défendre sa population et son territoire.

On fait semblant de croire que l’Autorité palestinienne représente le peuple palestinien et peut donc conduire des négociations en son nom. Chacun sait pourtant que cette « Autorité » n’a plus la moindre légalité  car les dernières vraies élections, qui avaient vu le triomphe du Hamas, datent de 2006. Et que dans « la Palestine » où sévit cette Autorité on ne compte que le tiers du peuple palestinien, le reste séjournant dans la bande de Gaza, les camps de réfugiés, la diaspora, et en Israël même, où plus d’un million de Palestiniens sont totalement oubliés par le pseudo gouvernement de Ramallah. Le rôle réel de l’Autorité est double : répartir entre ses fonctionnaires l’argent des pays donateurs (en n’ayant garde de s’oublier au passage) et servir de supplétif à Israël pour maintenir l’ordre en Cisjordanie.

On fait (à peine) semblant de croire que le pouvoir israélien acceptera un jour de négocier honnêtement, alors qu’il montre chaque jour, par la poursuite de la colonisation et des brutalités de tous ordres, qu’il n’en a nullement l’intention. La reprise actuelle du « processus de paix » n’est évidemment qu’un leurre, une vague concession à l’administration américaine, laquelle a fort besoin de redorer son image dans la région.

Si les faux-semblants et les mensonges étouffent toute possibilité d’entente et de réconciliation véritables entre juifs israéliens et arabes palestiniens, c’est sous l’effet d’intérêts convergents. Une véritable alliance objective réunit tous les pouvoirs conservateurs sur un but commun, le maintien du statu quo – expression qui recouvre le maintien de l’occupation civile et militaire et la poursuite de la colonisation.

 Ce faux discours sert aussi les intérêts des Etats-Unis et de l’Europe qui, en affirmant leur soutien à l’idée d’un Etat palestinien dont ils savent qu’il ne verra jamais le jour, maintiennent de bonnes relations avec les Etats arabes tyranniques et corrompus – lesquels utilisent leur « défense des Palestiniens » comme instrument de propagande interne pour faire tenir tranquilles leurs populations, tâche d’ailleurs de plus en plus malaisée.

Il est évidemment dans l’intérêt des vieux apparatchiks de l’Autorité palestinienne, qui pensent que l’ordre existant durera bien autant qu’eux, avec toutes les prébendes et les passe-droit qu’il leur garantit, et le semblant de considération des organismes internationaux.

Tout cela, le premier gamin poussant ses cageots de tomates sur le marché de Naplouse le sait parfaitement mais « l’opinion internationale » fait semblant de l’ignorer. Depuis plus d’un demi siècle, les véritables amis des arabes palestiniens et des juifs israéliens montrent pourtant que la paix et la réconciliation passent par la reconstruction de la Palestine historique, par un Etat commun à tous les êtres humains vivant entre le Jourdain et la mer. Combien faudra-t-il attendre pour que cessent les mensonges et que leur voix soit enfin entendue ?

 Eric Hazan

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Pour poursuivre la réflexion l'Agence Média Palestine et l'Alternative Information Center recommandent le film  "Etat commun, conversation potentielle [1]" de Eyal Sivan 

Un dispositif remarquable  qui met en place des conversations potentielles entre des interlocuteurs palestiniens et israéliens passionnants . Une brassée d'idées nouvelles et de visions originales sur les conditions d' une coexistence. 

Prochainement en salles a Paris ( Projection presse à l'Espace Saint-Michel le Mardi 24 Septembre à 10h30) et en régions voir calendrier ci dessous :

http://www.zeugmafilms.fr/etatcommun.html

Sortie nationale: le 09 Octobre à Paris au cinéma Saint Michel

Extrait: http://youtu.be/WSaaBtq5DBY

http://cineday.orange.fr/images/film/237x_/2013/08/20/un-etat-commun-conversation-potentielle_52129c962a924.jpg

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/03/Delautrecote.gif La revue "De l'Autre Côté"  éditée par  l'Union Juive Française pour la Paix (www.ujfp.org)  publiera un recueil de  ces tribunes .

 

 

 

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Tous les commentaires

Si peu de commentaires huit jours après la publication

C'est lamentable et décourageant. 

Aller là-bas et en revenir avec une aura, ça leur/nous fait plaisir .

Mais si , par  des témoignages et surtout  des propos  historiques pointus on ne contredit pas les  mensonges  sionistes, ça peut durer des décennies 

Même Mme Sandrine Mansour-Mérien, palestinienne,  consacre moins d'une page, mal rédigée,   à la journée capitale du 29 novembre 1947.