Un forum pour l'or bleu

Le forum mondial de l'eau s'est tenu à Marseille du 12 au 17 mars dernier. Quelques 35 000 participants de plus de 170 pays, institutions, entreprises, associations et politiques se sont réunis pour discuter et débattre des solutions autour de la gestion de l'eau sur le globe.

« Ce n'est pas moins que le futur de l'eau qui se décide à Marseille », a déclaré Loïc Fauchon, président du Conseil mondial de l'eau, durant la cérémonie d'ouverture du forum. Depuis sa création en 1997, ce grand rassemblement réunit tous les trois ans de nombreux acteurs, élus et politiques liés au secteur de l'eau dans le monde. Son but : mobiliser les imaginations, les innovations et les compétences pour faire avancer la cause de l'eau. Et la tâche n'est pas moindre.

Avec près de 10 milliards d'êtres humains d'ici 2050, la nécessité de « réformer la gestion de l'eau pour éviter une grave détérioration des ressources est urgente » souligne l'organisation de coopération et de développement économique. Fin 2010, 89 % de la population mondiale, soit 6,1 % milliards de personnes, avaient accès à des « sources améliorées d'eau potable », soit plus que l'objectif du millénaire de 88 % fixé pour 2015. Mais la question de savoir comment assurer de l'eau saine et une alimentation suffisante aux 9 milliards d'habitants prévus pour 2050 reste sans réponse.

L'eau est de plus en plus souvent polluée ou porteuse de maladies. Chaque année, elle cause la mort de millions d'innocents.

Le temps des solutions

Au cours de cette sixième édition du forum mondial de l'eau, de nombreux concepteurs et entreprises ont présenté de nouveaux systèmes permettant de transporter l'eau, la rendre potable et favoriser son accès au plus grand nombre.

"C'est une nouveauté de scénarisation du Forum, explique Guy Fraudin, vice président du Comité international du 6ème forum de l'eau. Le village présente les innovations les plus frappantes, celles qui ont le plus retenues l'attention" comme le « bélier hydraulique » de la fondation AIFDI, des Philippines. Il s'agirait en fait d'une pompe fonctionnant sans électricité et qui permettrait d'acheminer l'eau dans les villages isolés de montagne. D'une valeur de 8 000 euros, cet équipement pourrait alimenter à lui seul une cinquantaine de foyers.

En parallèle aux nombreuses propositions des professionnels et organismes, une plate-forme de solutions en ligne intitulée « solutionsforwater » a été mise en place pour le public. De nombreux internautes et particuliers ont ainsi pu proposer des idées, discuter et débattre autour des solutions pour résoudre les problèmes de l'eau.

Une prise de conscience progressive

La prise de conscience mondiale autour de l’eau est en cours et de nombreuses répercussions concrètes positives se sont d'ores et déjà mises en place. L’objectif de faire en sorte que 88% de la population mondiale ait accès « à des sources améliores d'eau potable » a été atteint fin 2010, mais c'est loin d'être suffisant.

Des millions de personnes demeurent exposées à toutes sortes de maladies dues à une eau contaminée, en particulier les enfants. D'après un rapport de l'UNESCO de 2009, "près de 5 000 enfants meurent ainsi chaque jour pour s'être désaltérés avec de l'eau polluée". D'après Alex Ducourneau, anthropologue au CNRS, les solutions envisagés lors du forum de l'eau à Marseille sont efficaces, mais le "problème majeur reste leurs diffusions dans les zones concernées".

Lou Bureau

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