La tutelle des groupes de presse tue-t-elle la presse ?

Pour avoir une chance de vendre son "papier", il faut déjà réussir à se démarquer des autres tout en ayant un minimum d'appui financier afin d'avoir des bases solides. Et l'appui financier est quasi impossible de nos jours sans faire partie d'un groupe comme celui de "Lagardère".

photopresse.jpg

Pour avoir une chance de vendre son "papier", il faut déjà réussir à se démarquer des autres tout en ayant un minimum d'appui financier afin d'avoir des bases solides. Et l'appui financier est quasi impossible de nos jours sans faire partie d'un groupe comme celui de "Lagardère". Que pèse un petit commerçant face à un supermarché ? Seulement on ne peut dire du mal du chef de l'Etat et de son gouvernement tout en faisant partie de Lagardère. Le manque de diversité et surtout le manque totale de liberté de critiques négatives, même avérées, concernant ceux qui nous gouvernent, rendent toute presse fadasse donc sans aucune possibilité d'en discerner la moindre différence de goût entre elles. Pire encore, l'exaspération de voir les médias quotidiennement vouloir nous convaincre que les gouvernants sont des winners parfaits et leurs opposants des loosers éternels, dégoûte ceux (et ils sont quelques uns) qui n'ont pas voté pour "Sarkozy" voire ceux qui l'ont fait mais le regrettent amèrement après avoir l'impression se s'être "trompé sur la marchandise".
La privatisation a amené le monopole et le monopole a transformé chaque journal à être traité comme un produit à l'instar d'une vulgaire lessive dans un supermarché. La seule chose pouvant désormais les distinguer n'est plus le contenu mais la forme en privilégiant les événementiels au détriment de la diversité des idées et de la réflexion qui en découlaient. Au point que désormais, certains vendent leur journal accompagné d'un genre de "cadeau bonus" comme un dvd par exemple.

Alors pour avoir la chance de trouver d'autres "vérités" hors de ce monde virtuel qu'est devenu celui presque trop parfait que les médias nous impose à longueur de journée et sous la coupe d'un gouvervement à la science infuse (et qui donc ne se trompe jamais), il ne reste plus que l'internet même si les informations y circulant n'étant pas facilement vérifiables, risquent de n'être que "rumeurs", "intox", "diffamations" et/ou "ragots" de bas étages.

Alors afin d'avoir une chance de mieux vendre son journal, n'est-il pas aujourd'hui nécessaire de prouver sa liberté d'expression, sa partialité et sa marginalité vis-à-vis des groupes de presse ?

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.