La tuerie médiatique des opposants aux gouvernants

Aujourd’hui les trois pouvoirs les plus importants de notre société sont entre les mains de la droite de façon générale. Le pouvoir politique avec un Sénat largement à droite (le « Nouveau Centre » étant toujours d’accord avec le gouvernement, il n’est pas nécessaire de le considérer comme un parti à part), le pouvoir de l’argent avec des patrons-libéraux-capitalistes amis avec Nicolas Sarkozy et le pouvoir médiatique appartenant pour la plus part à ces derniers sans parler bientôt des chaines publiques qui auront bientôt un directeur nommé par l’Elysée et de la possible prise de parole sur LCP du chef de l'état venant encore plus appuyer le pouvoir de la droite au Sénat sans que l'opposition ne puisse interagir. Nulle doute que dans ce dernier cas, le président de la république ne loupera pas, quand l'occasion s'en présentera, de nous rappeler que ce qu'il fait est parfait donc logiquement incontestable et que le travail établi par son gouvernement est formidable.

Au sujet du pouvoir médiatique et dans les conditions pré-décrites, il est pratiquement devenu impossible à un parti de l’opposition d’exister médiatiquement de manière sérieuse et démocratique comme étant un parti de proposition et d’audace. En effet, les différentes chaines publiques et privés pratiquant la méthode Coué sur leurs téléspectateurs, propagent les fausses rumeurs (prenant source et faisant écho la plus part du temps à des propos venant de la droite) que les opposants de la droite n’ont soit pas de proposition, soit que des propositions saugrenues ou bien encore ne font que de se mener des querelles fratricides. Quand l’opposition est enfin invitée sur un plateau de télé, c’est à 90% du temps pour répondre à ces rumeurs, à ces attaques devant des présentateurs et/ou des journalistes politiques, mais pratiquement jamais pour leur laisser du temps pour exposer leurs idées. Ainsi, beaucoup de personnes regardant au fil des jours ces émissions et journaux télévisés, finissent par croire ce qu’on leur répète en boucle c'est-à-dire que la droite c'est bien et s'opposer, c'est nul.

Du coup vous avez d’un coté, des membres de la droite paraissant des « winners » progressistes et courageux et, d’un autre coté, les membres des différentes oppositions, des « loosers » immobilistes, et parfois limite couards.

Ainsi vous verrez par exemple souvent sur le plateau du « Grand Journal » de Canal Plus présenté par Michel Denisot, des membres du gouvernement venant expliquer leurs projets ou des membres du parti socialiste se défendre sur les attaques de la droite faites à leur encontre. De ce fait, cette chaine préfère inviter des personnes critiques envers le PS du style Lang, Kouchner, etc.

Julien Dray d’ailleurs qui fut l’invité un matin de la chaine I-Télé, a fait justement remarquer qu’il avait fait parvenir par écrit de ces fameuses propositions que le PS n’aurait soi-disant jamais, à deux éditorialistes ayant dit juste avant son passage justement, que le PS n’avait pas de proposition. Il a demandé de ce fait à cette chaine de proposer un débat sur ses propositions et a fait remarquer au journaliste qui l’interrogeait que de son côté, il avait fait son travail contrairement apparemment aux deux éditorialistes.

Autre exemple flagrant est le traitement médiatique sur la personne de Ségolène Royal basé sur la volonté de faire passer le message qu’elle est illuminée et incompétente. Ainsi elle a organisé au Zénith une rencontre avec ses sympathisants durant laquelle s’est aussi déroulé un concert avec différents artistes. Au final les journalistes l’ont abattu médiatiquement en ne passant en boucle qu’une si faible partie de cette rencontre que pratiquement personne (à part ceux qui étaient sur place) ne peut dire quel message elle a fait passer, ni même quels artistes étaient présents ce jour-là. On nous a juste rabâché à longueur de temps que madame Royal avait pété un plomb et qu’elle se prenait pour une sorte d’envoyée du ciel à cause d’un mot « Fraternité ». Pourtant ce mot fait partie des mamelles de la France et aucun journaliste n’aurait l’audace dans ce cas là, de faire l’amalgame entre état et religion!

Voyez déjà ce qu’il se passe de nos jours dans le monde médiatique télévisuel et imaginons ce qui nous attend demain. Pourquoi ne pas imaginer que le gouvernement finisse par trouver une ou des lois cadenassant aussi l'expression démocratique sur internet ? Quand viendra le moment où critiquer le travail effectué par le gouvernement sera un délit ? Et combien de personnes s’exprimant sur le net (par exemple sur Médiapart) sont certaines de ne pas se voir demain submergées par des procès ?

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