Au 2 janvier 2009, ouverture des soldes chez POLE EMPLOI (Institution née de la « fusion » ANPE-Assédic)

sanction-chomage.jpgDés le 2 janvier, en tête de gondole chez Pôle emploi, vous trouverez de la main d’œuvre « moins chère que gratuite » !Sous peine de se voir privés de leur indemnisation, les demandeurs d’emploi devront accepter de solder leur force de vente –donc eux-mêmes(je n’ai jamais réussi à envoyer ma force de travail au boulot tout en restant chez moi…). Les rabais arrachés à nos concitoyens et concitoyennes privées-és d’emploi sont progressifs, en suivant la durée de leur chômage. C’est la nouvelle double peine Sarkozy : « plus t’es dans la misère, plus tu seras dans la misère : Plus t’es puni-e, plus t’es puni-e ».

 

En effet, que dit la nouvelle loi ?

Le demandeur d’emploi, en contrepartie (de son indemnisation), s’engage à ne pas refuser plus de deux offres raisonnables d’emploi, définies dans son projet professionnel à partir de critères dont certains prennent en compte la durée du chômage :

- Le salaire de l’emploi proposé doit représenter au moins 95% du salaire antérieur après trois mois de chômage, au moins 85% après 6 mois, au moins le montant de l’allocation perçue après un an.

-Il ne peut être inférieur au salaire normalement pratiqué dans la région et dans le domaine d’activité et ne peut contrevenir aux règles législatives et réglementaires relatives au salaire minimum ; après un an sans emploi, le chômeur sera obligé d’accepter tout emploi rémunéré "à hauteur du revenu de remplacement " versé par les Assedic, ou par l’Etat (Allocation spécifique de solidarité) s’il est en fin de droits.

- Sur le plan géographique, après six mois de chômage, l’offre est valable si le lieu de travail est distant du domicile d’au plus 30 km ou une heure de transport en commun. […] »

 

Souviens-toi.T’es au chômage. T’as perdu ton boulot, parce que… Bref. T’as quitté tes collègues, ton bureau ou ton usine, tes habitudes, tes repères, ta paye, ton identité sociale (« Moi je suis ouvrière chez Bidule », « Moi je suis cadre chez Trucmuche »). Au fil du temps, t’as perdu ton pouvoir d’achat, ta confiance en toi… Ta garde robe est mitée, ta bagnole a vieillie ou est immobilisée au garage, parce que les réparations sont hors de pris (300€ pour une durite, tu les as pas). Tu t’es pris la tête avec ta femme ou ton mec… Tous les mois tu dois allez justifier de ta recherche active d’emploi (Ce qui suit est une histoires vraies) :« J’ai répondu à cette offre. Il s’agit d’une place d’animation de réseau pour lutter contre l’illettrisme et les discriminations dans une maison de quartier. J’ai passé des épreuves écrites, j’ai été reçue à un entretien oral devant quatre personnes. Mais on m’a expliqué qu’ils avait déjà quelqu’un sur la place, mais pour financer son poste avec des fonds européens, ils sont obligés de simuler un recrutement ». « J’ai répondu à cette offre. En fait c’est de l’intérim. Mais pour postuler il fallait passer des exercices de simulation à l’ANPE. Ttrois heures à faire mes preuves. Puis un entretien avec la boîte intérim (au bout d’une à deux semaines d’attente). Enfin, on m’explique que c’est en prévision de… Il n’y avait pas de boulot. On m’a dit ailleurs qu’ils se constituent des fichiers ».« On m’a proposé ce poste. Mais c’est à 25 minutes de la ville. Payé au SMIC. Il faut que je fasse garder mes enfants, que je prenne la voiture pour y aller. Ca me fait ½ heure de route le matin et le soir. La boîte ne paye pas de panier, ni de frais de déplacement. J’aimerai prendre ce poste mais financièrement je ne peux pas ».« C’est une place dans une entreprise de nettoyage. Une heure ici deux heures là. Il faut que je me déplace avec mon matériel, d’un point de la ville à un autre. Ca me prend plus de temps en déplacement qu’en travail, et le ticket de bus est à 1.50€, il m’en faut plusieurs dans la journée, je ne peux pas accepter ce poste ».Quelles sont ces offres non pourvues ? Quels sont ces secteurs en tension pour lesquels les chômeurs doivent se solder ???Des offres à temps partiel, donc des bribes de SMIC, aux horaires découpés (flexibilité ils ont dit). Des emplois difficiles, non gratifiants, dans des conditions qu’un ministre n’accepterait pas (froid, chaleur), au milieu des autres (société de prestation de services aux autres entreprises – cela multiplie les hiérarchiques et les risques de tensions interpersonnelles). Des boulots durs et mal payés.« [Le salaire] ne peut être inférieur au salaire normalement pratiqué dans la région et dans le domaine d’activité et ne peut contrevenir aux règles législatives et réglementaires relatives au salaire minimum » La belle affaire !!! Puisque ce sont des temps partiels ! Bel artifice Messieurs-Dames les députés-ées UMP -MEDEF - NOUVEAU CENTREReprendre un boulot c’est faire garder ses enfants, s’habiller, se déplacer, se nourrir hors de chez soi. Ca coûte cher ! Si le boulot qu’on te propose te met sur la paille, tu fais quoi ? Tu le refuses. Mais si tu le refuses, on te coupe tes allocs, donc t’es sur la paille. Il faut que t’ailles bosser pour rien (servitude ?) parce que des retraités qui ont vécus les trente glorieuses ont voté pour un Lepen déguisé en Tapie ??? Parce qu’ils pensent que tu leur piques leur retraite avec tes allocs ? Parce que eux leur pain ils l’on gagné (mais il n’était pas à 7francs leur pain à eux !!!) ? Alors arrêtons de croire au père Noël. Aucunement la politique sociale de Nicolas Sarkozy et de son prédécesseur n’a eu pour but d’atténuer le gouffre de la fracture sociale si ce n’est qu’en apparence par des discours sans conséquence réel et des fausses solutions par l’augmentation pour les patrons de nouveaux contrats déterminés mal payés. Si la politique menée par les différents gouvernements sous présidence de droite persiste et signe dans le fait que les riches et les pauvres resteront (voir s’amplifieront) dans leur statut, c’est que cela sert indéniablement la cause d’une nouvelle race d’esclavagisme sous couverture de démocratie du 21e siècle. En effet, maintenir la plus part dans la précarité (voir les y enfoncer encore plus) permet aux patrons d’avoir à leur disposition un vivier de chômeurs et de travailleurs prêt à tout pour s’en sortir à chaque fin de mois quitte à prendre un travail indécent que ca soit au niveau des horaires, des conditions et/ou du salaire pendant qu’eux s’enrichiront de grâce aux économies réalisées sur leur dos.La précarité, les changements au code du travail, le bouclier fiscal, la diminution du pouvoir des syndicats, la baisse du pouvoir d’achat, des nouvelles taxes successives, la tuerie des services publiques, des décisions liberticides, la non légifération pour punir les fermetures sauvages ou interdire les délocalisations d’entreprises etc… permet aux gouvernants de garder les « français d’en bas » dans le désespoir de s’en sortir (grâce éventuellement à une autre politique de l'emploi plus juste et équitable) et leur permet aussi d’offrir à certains patrons des potentiels ouvriers ou chômeurs au moral à zéro prêts à tout accepter comme travail sous le chantage et/ou la contrainte (quitte en à accepter plusieurs) afin de survivre.

Finalement les députés, au nom de quelle idéologie ils veulent t’asservir ? Sont-ils nostalgiques du temps de l’esclavage ? N’en n’ont-ils pas assez avec leurs privilèges, indemnités, facilités de déplacement, et autres passe-droits ? N'oublions pas qu’en 2006 ils se sont votés une allocation chômage de 5 ans (sans condition de recherche d’emploi), de quoi voir venir les élections d’après. Et ils veulent nous obliger à nos appauvrir et nous avilir avec leurs lois iniques ?

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