LA GUERRE (comme culture)

N'oublions pas la guerre ! La guerre, fondement de toute souveraineté, fondement de tout état, de toute richesse !

 

N'oublions pas la guerre !

La guerre, fondement de toute souveraineté, fondement de tout état, de toute richesse !

Guerre, ou pillage...

L'époque moderne a commencé... avec les massacres et les pillages espagnols et portugais en Amérique.

Ça a commencé comme ça !

Ça a débuté comme ça ! (Ecrivait Celine, qui, déjà, parlait de la guerre.)

Pillage et massacre des empires Aztèque et Inca par Cortes et Pizarro.

Comment la soif de l'or les a rendus fous.

Conquistadores s'entretuant au milieu des monceaux d'or extorqués au Incas.

[Et comment les hommes s'entretuent aujourd'hui pour des chiffres sur des comptes numériques. S'entretuent pour des octets.]

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L'or espagnol.

Signe du pouvoir militaire espagnol.

Qui se propage, se déverse dans toute l'Europe.

(Exactement comme le dollar américain après la seconde guerre :

derrière chaque pièce espagnole, derrière chaque dollar, il y a un fusil !)

 

La guerre est le fondement de notre culture moderne.

Si nous sommes riches, c'est seulement parce qu'ils sont pauvres.

(ce que ne disait pas ce bon vieux Adam Smith)

La richesse des nations riches n'existe que par la pauvreté des nations pauvres

Evidemment !

Evidemment !

 

Donc la guerre !

Qu'on a un peu tendance à oublier parce qu'elle est loin, elle nous semble loin.

(Sauf quand nos propres armes, nos propres bombes nous pètent à la gueule. Les salauds ! Nous ne céderons pas ! Mais à quoi exactement ? Puisque nous avons déjà cédé à tout. Puisqu'en réalité personne ne nous a jamais demandé notre avis. Ils ne céderont pas, eux, nos chefs de guerre, ils ne céderont pas, non, ils continueront le pillage, les massacres, la bordélisation du monde.)

 

Nous, pendant ce temps, ici, on discute du travail, de notre système de santé, de notre retraite, de nos droits, peinards, relativement peinards.

Pendant ce temps (où, là-bas, ils se prennent nos bombes sur la gueule), ici, on discute, et il y a matière à discuter bien sur, à discuter entre nous.

Mais ce qu'on oublie c'est que que tout ça, nos petites affaires et nos grandes querelles, tout ça ne tient que grâce au pillage des pays du sud

Au pillage ... et à la guerre.

 

Pas seulement qu'on pille les ressources.

Pas seulement qu'on exploite à mort des travailleurs irréguliers.

Pas seulement qu'on vend des armes à tous les petits tyrans du monde entier.

Bien plus fondamental que ça!

C'est dans notre système d'exploitation.

Quel joli mot !

Sytème d'exploitation !

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Ce n'est pas un truc qui dépend d'un gouvernement, d'une couleur politique.

C'est toute notre culture politique, toute notre culture économique, toute notre culture culturelle, qui sont fondées sur la guerre et le pillage.

Comme la richesse est fondée sur la pauvreté.

Comme l'argent est fondé sur les armes.

C'est cela, ce peuple fondamentalement guerrier et pilleur, que nous sommes.

(De telle manière que nous pouvons discuter des droits des travailleurs aujourd'hui, mais en oubliant absolument les droits des exploités à mort, le droit des massacrés.)

 

Bien sur, quand nos pétards nous explosent à la gueule on s'inquiète.

On se dit merde, ces extrémistes sont complètement tarés !

On se dit décidément le monde va mal !

On se dit il y a quelque chose, là-bas, qui a déraillé !

On oublie que ce quelque chose qui déraille, c'est nous !

On oublie qu'on a fabriqué le terrorisme comme on a fabriqué le nazisme.

On oublie que ce sont nos armes et notre argent.

On oublie qu'il s'agissait juste d'un plan foireux de la cia, ou de nos propres services secrets.

Un plan foireux de plus.

 

Foutre le bordel partout dans le monde, ça fait partie du système d'exploitation.

Dresser les peuples les uns contre les autres

Pour garder le pouvoir.

Pour garder le contrôle.

Pour continuer de piller les ressources.

Le système d'exploitation a toujours besoin d'ennemis.

Ennemis à l'extérieur et à l'intérieur aussi.

Etat d'urgence !

Etat d'urgence !

Etat de police !

Sécurité !

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Quelle merveille que ce concept de sécurité.

Tremblez vieillards pour votre magot !

Tremblez, jeunes, pour votre travail !

Tremblez devant les étrangers !

Tremblez devant les autres !

Tremblez devant vos propres machines !

Tremblez devant le monde !

 

Sécurité !

Sécurité !

Sécurité !

Quand on lit 'sécurité' il faut lire 'contrôle'.

Même sur son stupidphone, sur fakebooze sur airbcbg, sur whatshop, sur...

Quand on lit 'pour votre sécurité' il faut lire 'pour mieux vous surveiller, vous contrôler'.

 

Là-bas, la guerre, le pillage, les massacres.

Ici, le contrôle !

Et comme aujourd'hui nous ne sommes ni assez forts ni assez riches pour aller franchement vers l'ouverture, le plus grand.

Comme nous sommes dans un mouvement complexe de repli stratégique.

(Tout en conservant le plus possible de nos positions, de nos avantages.)

Comme nous allons vers le repli,

 

[Il faudrait d'ailleurs comprendre <em>pourquoi</em> nous sommes dans le repli, <em>pourquoi</em> les US n'ont pas continué a déverser leurs dollars tout frais imprimés sur le monde. Parce que les pays arrosés pourraient un jour se payer l'amérique avec leurs sacs de dollars inutiles ? Probablement!]

 

et pour conserver malgré tout les fruits de notre conquête, partout nous semons le désordre, la guerre.

 

Nous vendons des armes à tous les petits tyrans.

Comme dans Tintin.

 

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Pour qu'ils s'entretuent et nous laissent continuer le pillage.

 

Alors, quand nous discutons entre nous, ou même quand nous luttons pour nos 'droits', ce que nous appelons nos droits.

Quand nous négocions nos règles sociales...

Il faut d'abord comprendre que nos règles sociales n'existent qu'à l'intérieur de cet… ordre, là, ce désordre là.

Un ordre fondé sur le désordre, la guerre et le pillage.

Il est un peu bête de penser que nous pouvons améliorer nos règles sociales, ici, sans en revoir les fondements : guerre, pillage, exploitation.

Parce que tout cela ne constitue qu'un seul système.

Le système-monde que nous avons imposé, nous les occidentaux, en utilisant la violence et la terreur, partout.

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Rassurez-vous, on ne va pas prêcher la paix et l'amour.

(Quoique?)

On va parier sur l'intelligence, contre la bêtise.

On va chercher à voir un peu plus large, au delà de notre toute petite histoire, de notre petite société bourgeoise bien pépère, ses petites crises, ses petites révoltes, ses innombrables soumissions, son nombrilisme douillet, son obscénité.

On va chercher à comprendre, plutôt deviner, entre-apercevoir, l'ensemble du truc.

On va refuser les images simplistes, binaires : nous / eux.

 

On va chercher à voir quoi ?

Voir de l'autre coté, le continent maudit, le continent pillé, voir la misère, voir la famine, voir les guerres incessantes, voir les massacres, voir du côté des maudits ?

Surtout pas comme spectacle !

(Ce spectacle obscènement photogénique de leurs dérives, de leurs échecs, de leur ratages.)

Nous voir nous, plutôt, dans cette image d'échec, de ratage.

Voir que cette image est la nôtre.

De même que les sans-abris dans nos rues sont bien nôtres.

De même que les réfugiés sont bien notre monde, et pas un autre monde que nous pourrions refuser.

Notre monde, que nous avons fabriqué de toutes pièces.

Nous voir, nous dans cette image d'un continent ravagé.

Voir notre propre image, mais à l'envers.

 

L'image à l'envers de notre richesse, de notre surabondance, de nos usines qui fabriquent des missiles de précision dont nous sommes si fiers.

Car, c'est vrai, nous sommes reconnus mondialement pour notre savoir faire 

Voir la guerre comme le fondement de notre culture éclairée.

Six siècles de modernité nous ont menés droit à ça.

Exporter nos lumières sous formes d'avions et de bombes.

Fabriquer dans nos usines des mines anti-personnelles.

Sur lesquelles marchent les petits enfants de là-bas.

Sur lesquelles marchent avec des béquilles les petits enfants de là-bas.

 

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Finalement, ce qu'on cherche à comprendre, c'est qu'avec tout notre confort, notre hyperconsommation, notre hyper-gaspillage, nous ne sommes pas tellement mieux lotis.

Que nous aussi, nous somme traités en esclaves.

Que nous aussi, nous ne sommes que des chiffres pour ceux qui decident.

Que nous aussi, nous sommes amadoués à coups de verroterie.

Qu'on nous fait taire aussi avec des chiens.

Qu'on nous tient par la peur, par la terreur.

Terreur de la brute policière, de l'état policier.

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Terreur de la crise.

Terreur du chaos.

Terreur de la terreur.

 

Ce qu'on cherche à voir, aujourd'hui, c'est le plan large.

Ce qu'on cherche à comprendre c'est la logique d'ensemble.

Comment les guerres là-bas sont la même chose que l'exploitation et la terreur, ici.

Comment le principe est le même : profit ! pouvoir !

Comment notre destin est lié au leur.

Comment notre dignité dépend de la leur.

 

N'oublions pas la guerre !

N'oublions pas la guerre !

 

Tous nos petits arrangements, ici, n'ont aucun sens, si nous ne prenons pas là-bas en compte !

(Oh ! L'ignominie des promesses faites par les menteurs professionnels, les minuscules commis du capital, de se renfermer chez soi !)

 

Ce qu'on veut démonter, ici, c'est la machine infernale.

Démonter la machine infernale dans notre tête, commençons par là !

Pièce à pièce.

Ça prendra le temps que ça prendra...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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