Soirée du 30 janvier 2009 au Châtelet pour la liberté de l'information

1177487949.jpgOn s'attendait à une ambiance festive et militante, dans ce décor doré et vieilli du Châtelet, et même comique avec Guy Bedos en guest star co-animateur de la soirée avec le journaliste chroniqueur "politiquement incorrect" Frédéric Bonnaud.

 


Et bien non ! En fait, l'ambiance fut plutôt lourde, pesante, voire inquiétante, soulignant la gravité du sujet, heureusement illuminée de temps en temps par la projection en temps réel des dessins de Charb, Tignous et Gros, dont la réactivité, l'inventivité et l'impertinence de l'humour n'a cessé de nous surprendre et de nous détendre. Silence de la salle, sauf quelques interpellations ponctuelles venues du public, sincérité des témoignages et profondeur des discours, en particulier celui de Edwy Plenel sur le sursaut démocratique ainsi que son discours de clôture, celui du psychanaliste Roland Gori qu'il faut absolument réécouter, remarquant si justement "qu'à force de se lever tôt les Français n'ont plus le temps d'analyser leur rêves" (un dessin projeté ajoutant "qu'il leur reste le temps de vivre leurs cauchemars "...).

 


Cette soirée ne fut pas seulement celle de la liberté de la presse, mais aussi du droit des citoyens, plus généralement de "l'inquiétude démocratique qui s'exprime de plus en plus fortement face un pouvoir exécutif qui est en train de malmener méthodiquement tous les autres pouvoirs", comme l'a très bien dit François Bonnet en annonçant l'événement :

 

" Humiliant le Parlement, annonçant sa volonté de soumettre la justice, préparant une vaste réforme de l'information, Nicolas Sarkozy met à son service l'exécutif pour s'en prendre au législatif, au judiciaire et à la presse."

 


Nous sommes en train d'entrer progressivement et insidieusement dans un régime de "démocratie totalitaire". Rappelons-nous que certains dictateurs ont d'abord été élus par le peuple, puis ont réussi ensuite, tout à fait légalement en respectant la loi et en la réformant légalement, à s'arroger de plus en plus de pouvoir en à décimer les contre-pouvoirs. C'est ce qui risque d'arriver avec le gouvernement actuel sous l'emprise de Nicolas Sarkozy, qui concentre tous les pouvoirs en combinant populisme et clientèlisme, en entretenant les liaisons incestueuses entre pouvoir politique, financier et médiatique, en favorisant l'autocensure des journalistes parfois pire encore que la censure, en divertissant le peuple par l'accumulation des faits divers et des annonces incessantes de pseudo-réformes et d'actions qui se succèdent, nous entraînant dans un tourbillon, un tournis qui nous maintient artificiellement dans un présent permanent, amnésique des erreurs et mensonges ou fausses promesses du passé et nous empêche de nous projeter dans le futur.


Dès le début du mois d'octobre, Mediapart avait dénoncé cette procédure par laquelle le pouvoir s'arrogeait le droit de réformer le contre-pouvoir. Nous y sommes. Dans ce contexte, seules la prise de conscience et la responsabilité des citoyens peuvent redonner corps à la démocratie. Pour cela il ne suffit pas de voter, il faut s'informer, soutenir la presse et les medias indépendants ou qui assurent au moins par leur professionnalisme et leur comportement une vigilance permanente, s'impliquer, que ce soit dans la vie civile, syndicale, politique.

 

 

C'est dans cet esprit que nous soutenons Mediapart et son engagement si essentiel dans ce combat démocratique. Rejoignez l'ALM, l'Association des Lecteurs de Mediapart, pour renforcer ce soutien, faire connaître Mediapart, la qualité de ses contenus et multiplier les abonnés pour lui assurer vialibilité financière et démontrer un bel exemple de nouveau modèle économique et coopératif de la presse du futur !

 

Cette soirée m'a donné l'occasion de rencontrer Michel Broué, président de la SAM, Sociétés des amis de Mediapart, qui soutiennent financièrement Médiapart par leur participation au capital. Nous organisons prochainement en février une rencontre entre l'ALM et la SAM pour nous connaître mutuellement, échanger nos idées de développement et développer nos synergies.

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