Portraits pictaviens "Changer de voie" (9/15)

A l'occasion des débats organisés à Poitiers sur le thème "Changer de voie" du 27 au 30 septembre à l'Espace Mendès France, L'université d'été 2010, est allé à la rencontre de quinze personnes habitant Poitiers pour leur demander ce que leur inspirait l'expression "Changer de voie"Portraits pictaviens "Changer de voie" (9/15) : Fanny, 21 ans

A l'occasion des débats organisés à Poitiers sur le thème "Changer de voie" du 27 au 30 septembre à l'Espace Mendès France, L'université d'été 2010, est allé à la rencontre de quinze personnes habitant Poitiers pour leur demander ce que leur inspirait l'expression "Changer de voie"

Portraits pictaviens "Changer de voie" (9/15) : Fanny, 21 ans

 

Fanny, 21 ans

 

Fanny native desalentours de Poitiers débute en cette rentrée une licence professionnelle à Angers après avoir travaillé pendant un an après son BTS dans le tourisme, en attendant de trouver un établissement, « le BTS en lui-même m'a plu mais je ne voulais pas m'arrêter à un Bac + 2, je vais me spécialiser maintenant. »

Fanny a effectué ses stages obligatoires en office de tourisme, en hôtellerie et dans un musée « et le musée l'a largement emporté ! »

Fanny est ravie de partir, de changer de voie, bien que tous ses amis soient ici, elle ressent le besoin impétueux d'élargir son horizon : « Pour trouver ma voie, j'ai besoin de me sentir un peu perdue, j'aimerais bien pouvoir me perdre dans les rues. Ici j'ai trop l'impression que je peux faire un trajet les yeux fermés. Poitiers est un grosse ville étudiante, avec toutes les formations à portée de main. Mais partir est une démarche personnelle, en BTS je m'étais donné pour défit de faire mes trois stages en dehors de Poitiers. Maintenant je m'imagine partir sans revenir. Je me suis prise de passion pour le voyage. Je vais partir un an à Angers, et ensuite je verrai, mais si je peux, je resterai dans la nouveauté, dans le changement de voie autant que possible. »

 

Fanny vient de rentrer de trois mois en Islande où elle a participé à un chantier de jeunes bénévoles « à la fin du chantier, moi et un autre volontaire nous avons demandé si l'on pouvait rester un peu. Et nous sommes resté pour faire toute la saison dans un hôtel. Eux ont eu l'impression que c'était un signe du ciel car ils n'arrivaient pas à trouver de saisonniers. J'ai appris tellement de choses ! » Avant l'Islande, il y a eu l'Espagne et la Tunisie, et elle a passé aussi un mois et demi au Kenya à nouveau dans le cadre d'un chantier « J'ai beaucoup plus l'impression d'être moi-même quand je suis loin de ce que je connais, quand je change de voie. Le Kenya était mon premier voyage toute seule. Le choc culturel est tellement important qu'on est totalement dépaysé en deux jours. »

La mission était de construire une nouvelle salle de classe pour une école primaire, faire les fondations, couler du béton, aménager l'extérieur, faire du jardinage : « Les enfants étaient en vacances mais ils étaient tellement intrigués par cette vingtaine d'internationaux de toutes les couleurs qu'ils voulaient faire des choses avec nous, donc on leur a fait la classe pendant une semaine. Ils ont eu école alors qu'ils étaient en vacances. Une partie du projet était aussi de rencontrer des gens malades du sida. Sans faire de la prévention puisque ce n'était pas le but mais simplement pour parler. On a passé plusieurs après-midi les filles avec les filles, les garçons avec les garçons à parler de la maladie, de l'excision. »

 

Changer de voie ? « quand on parle de voie, la voie de l'orientation, pour moi, cela fait un an que je sais à peu près ce que je voudrais devenir. Pendant longtemps j'ai eu l'impression que mes projets étaient irréalisables, que les portes se fermaient devant moi. Par exemple j'ai fait un bac L, j'étais bien dans le littéraire, dans les langues, mais avec un bac L après on fait quoi ? Du coup j'ai décidé d'utiliser mes langues et j'ai foncé dans le tourisme mais sans trop savoir. Au lycée j'ai toujours trouvé qu'on était bien aidé côté orientation, on nous a toujours donné un tas de documents, fait assister à des conférences. Mais je crois que c'est plus tôt que la question se pose. J'ai l'impression que si j'avais eu plus le temps de réfléchir au collège je crois que j'aurais choisi une voie professionnelle après le collège. J'ai des amis qui ont suivi une voie professionnelle tout de suite après le collège et qui du coup sont dans la vie active depuis cinq ans. Et moi à côté jesuis en train de chercher ma voie. Il y a quelques années ils étaient dévalorisés parce qu'ils allaient en voie professionnelle et moi valorisée parce que j'allais en voie générale et aujourd'hui, je les envie, ils font quelque chose qui leur plaît. J'ai plein de gens autour de moi qui ont fait un CAP ou un bac Pro et qui se plaisent dans leur voie. »


Entretien réalisé à Poitiers (été 2010) par Marine Sentin et Sébastien Gaudronneau

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