Billet de blog 26 sept. 2010

Gaia Manco IIRPC
Voix de l'Université Internationale d'Eté "Changer de voie", (Poitiers 2010) sur le net
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Portraits pictaviens "Changer de voie" (13/15)

A l'occasion des débats organisés à Poitiers sur le thème "Changer de voie" du 27 au 30 septembre à l'Espace Mendès France, L'université d'été 2010, est allé à la rencontre de quinze personnes habitant Poitiers pour leur demander ce que leur inspirait l'expression "Changer de voie"Portraits pictaviens "Changer de voie" (13/15) : Méllie, 26 ans

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Voix de l'Université Internationale d'Eté "Changer de voie", (Poitiers 2010) sur le net
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A l'occasion des débats organisés à Poitiers sur le thème "Changer de voie" du 27 au 30 septembre à l'Espace Mendès France, L'université d'été 2010, est allé à la rencontre de quinze personnes habitant Poitiers pour leur demander ce que leur inspirait l'expression "Changer de voie"

Portraits pictaviens "Changer de voie" (13/15) : Méllie, 26 ans

Méllie, 26 ans

Animatrice en centre de loisirs, Méllie assure aussi des aides à la scolarité le soir et fait des animations de rue l'été. Titulaire du BAFA, Méllie est en CDD pour deux ans dans un centre social, et aimerait que son contrat soit renouvelé. Elle a aussi monté en parallèle de son activité salariée une petite entreprise de couture, qui ne lui rapporte que de petits revenus complémentaires, mais qui répond à son besoin de créativité. Et en plus de tout cela, elle danse et a le niveau requis pour être professeur de danse contemporaine.

Méllie a trouvé sa voie et aimerait travailler dans le social le plus longtemps possible « c'est quelque chose de familial ! Je suis d'une famille où la majorité des métiers relève de l'éducation. » Pas de changement radical en perspective donc, mais Méllie a un projet, une ambition qu'elle compte bien concrétiser :

« j'aimerais monter une salle culturelle et sportive accessible à tous, c'est-à-dire aux personnes dites normales et dites handicapées. Et si possible à Poitiers, ni moi ni mon mari ne sommes natifs de Poitiers mais nous sommes installés ici et nous avons beaucoup de choses qui nous y attachent. ».

Pour Méllie la notion de handicap est entièrement à revoir :

« Changer de voie serait casser cette séparation entre personnes dites handicapées et personnes dites normales ou sans handicap. Cette notion de handicap reste mal employée. Certaines personnes n'ont pas l'air handicapé et pourtant elles souffrent de handicaps. D'autres encore ne veulent pas se dire handicapées car c'est un mot très fort. Il y a de multiples handicaps, il ne s'agit pas d'une population définie. Moi par exemple, je n'ai aucun handicap reconnu, mais l'été on me pose pleins de questions parce que je suis entièrement couverte et que je porte un chapeau, un foulard, des lunettes, cela est du au fait que j'ai une hyper-sensibilité à la lumière et que je suis obligée de me protéger. Moi qui voulait faire de la danse mon métier, j'en ai été empêchée aussi par cette hyper-sensibilité, danser avec des lunettes cela devient très compliqué ! Il y a des magasins où je ne peux pas rester car la lumière est trop forte. Ce n'est pas reconnu comme un handicap certes, mais pour moi, c'en est un. »

Méllie aimerait qu'un changement collectif permette de penser à de meilleurs aménagements des lieux publics et collectifs : « Si de nombreux sports se sont ouverts à tous, les lieux restent malgré tout inadaptés. Changer de voie serait que tous les lieux soient réellement accessibles aux fauteuils roulants, mais aussi par exemple qu'il yait des variateurs de lumière. » Bien sûr elle ne croit pas au lieu parfait, totalement accessible à tous, mais souhaiterait que des efforts soient faits pour essayer de penser à tous ces détails qui sont pour certains de vraies violences. « Certains transports en commun, certaines postes ne sont toujours pas adaptés aux fauteuils roulants. Ou alors il existe une rampe d'accès mais les comptoirs sont trop hauts même pour une personne de taille moyenne. Une fois à l'intérieur, les services proposés comme les photocopieuse ne sont pas utilisables. Ce genre de petits détails sont financièrement lourds certes, mais ils ne sont pas grand chose pour permettre d'effacer les différences. »


Entretien réalisé à Poitiers (été 2010) par Marine Sentin et Sébastien Gaudronneau

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