Portraits pictaviens "Changer de voie" (4/15)

A l'occasion des débats organisés à Poitiers sur le thème "Changer de voie" du 27 au 30 septembre à l'Espace Mendès France, L'université d'été 2010, est allé à la rencontre de quinze personnes habitant Poitiers pour leur demander ce que leur inspirait l'expression "Changer de voie"Portraits pictaviens "Changer de voie" (4/15) : Claire, 22 ans

A l'occasion des débats organisés à Poitiers sur le thème "Changer de voie" du 27 au 30 septembre à l'Espace Mendès France, L'université d'été 2010, est allé à la rencontre de quinze personnes habitant Poitiers pour leur demander ce que leur inspirait l'expression "Changer de voie"

Portraits pictaviens "Changer de voie" (4/15) : Claire, 22 ans

 

 

Claire, 22 ans

 

Claire est technicienne vidéo et réalisatrice. Elle a commencé à écrire des scénarios au lycée, a passé un bac option cinéma puis a opté pour une école privée à Rochefort, mais l'école a déposé le bilan, elle est donc parti à Nantes pour se spécialiser dans le montage. Elle aarrêté ses études supérieures après deux ans, parce que le financement devenait lourd pour elle et sa famille, « ensuite j'ai acheté une caméra, pour être sûre de ne pas abandonner ! ».

Claire s'est lancé dans la vie professionnelle et a opté pour le statut d'intermittente du spectacle, elle attend d'avoir un réseau plus important et des commandes plus régulières pour se mettre en indépendante. Dès la première année elle a réussi à accumuler le nombre d'heures demandé mais lorsqu'elle a voulu faire valoir ses droits... il lui été répondu qu'elle s'était déclarée sous un mauvais statut (réalisatrice au lieu de technicienne) et les assédics ont donc refusé de lui verser des indemnités chômage :

« pourtant j'étais seule à mener les projets donc pour moi j'étais réalisatrice mais les assédics m'ont expliqué que non, que j'étais technicienne... par contre toutes les autres caisses, les congés spectacle, etc. m'ont reconnue mais pas eux. C'était ma première année, j'étais toute fière d'avoir réussi à faire le nombre d'heures, d'avoir démarché moi-même des commanditaires... Mais bon, c'est la vie ! »

 

Mais Claire n'a pas l'intention de changer de voie même si les étapes à franchir restent nombreuses pour se stabiliser. Elle passe maintenant par une association, regroupant des gens passionnés par le même métier, qui mutualise les connaissances et les informations.

« Je pense avoir trouvé ma propre voie. J'aimerais rester dans le même métier mais pas rester sur place. J'aimerais monter une petite boite de production ou travailler pour une production. Pour l'instant mon statut reste précaire et je n'ai pas envie dans trois ans d'être toujours dans la même situation. »

Quand des tournages ont lieu en Poitou-Charentes Claire les démarche « je suis du coin, j'habite ici, je ne vous coûterais pas cher ! Mais cela ne fonctionne pas car les productions viennent avec leurs équipes. La structure régionale censée informer des tournages, ne met pas à jour son site... du coup les gens n'y vont plus parce que cela ne sert à rien. Même lorsqu'il s'agit d'équipes locales qui tournent en région, l'info n'est pas annoncée. C'est dommage parce qu'il y a un réseau de techniciens qualifiés ici mais il n'est pas exploité. »

 

Pour changer de voie collectivement, Claire a des propositions concrètes et locales. Elle souhaiterait simplement que des choses basiques soient mises en place « du côté de Pôle-Emploi qu'il y est une personne référente dans chaque ville importante qui puisse expliquer les statuts, les modifications des textes et un site avec des réponses précises proposant aussi un forum. Je ne pense pas que ce soit très compliqué de qualifier quelqu'un apte à répondre, même si pendant 3 mois il doit ingurgiter des tonnes de textes ! Cela économiserait beaucoup de pertes d'énergie, je suis un peu lassée que Pôle-emploi m'envoie des offres de monteur-soudeur... Pour changer de voie régionalement on pourrait créer un annuaire des techniciens, organiser des rencontres, que les réalisateurs et les productions puissent se rendre compte des possibilités sur place, car cela reste très difficile de s'intégrer localement. Récemment la ville a fait un appel d'offres. On a découvert à cette occasion que l'on pouvait y répondre en tant qu'association ! Du coup nous avons envoyé notre dossier, parce que c'est important de le faire. Bien sûr nous avons peu de chances, mais j'espère surtout, que ce ne sera pas une grosse boite parisienne qui va l'emporter, que ce sera une structure locale. »

Entretien réalisé à Poitiers (été 2010) par Marine Sentin et Sébastien Gaudronneau

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.