Au libraire de la Librairie de la Cité, Landerneau, Finistère...

Plaidoyer pour les "petites" librairies

Il pleuvait, ce jour-là, sur Landerneau. Pas la bruine si chère aux peintres, qui dilue le gris en mille nuances, non, une drache en avance sur son mois de prédilection, nous ne sommes qu'en février, mais que voulez-vous, ma pov'dame, il est tout détraqué, le temps, maintenant. L'Elorn menaçait encore de sortir de son lit, la veille, elle avait quasi-pulvérisé son record, et envahi tous les commerces du quai éponyme.

On est entrées, sur la porte il y avait écrit "Exceptionnellement, la librairie fermera à 17h aujourd'hui". Il nous restait un quart d'heure. Ma mère voulait acheter le dernier Patrick Rambaud, celui sur lequel on voit Normal 1er avec son casque de moto. Pauvre Rambaud, obligé de rempiler tant l'époque se prête encore à ce rire sarcastique et à cette jubilante chronique saint-simonnienne. Pendant que ma mère demande "le livre de Monsieur Rambaud, s'il vous plait", je furète. C'est tout petit, mais il y a beaucoup de livres...un fonds, un vrai !  Un polar en poche me tend les bras. Je m'en empare. Ca se passe en Irlande, en 1981. Bobby Sands vient d'inaugurer la série tragique. "Ah, me dit le libraire, vous avez lu le premier ? non, parce que c'est une trilogie, et il vaut mieux que vous commenciez par le premier. Ah, vous allez m'en dire des nouvelles, c'est du bon ! C'est noir, hein, mais avec l'humour irlandais !"

Voilà, je vous en donne, des nouvelles. Merci de m'avoir fait découvrir cet auteur. Merci de votre enthousiasme. On ne "vend" pas un livre, on le fait passer.

Une terre si froide, Adrian McKinty, Le Livre de Poche policier

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