“Marius l’épicurien” de Walter Pater. Un livre oublié.

première page première page
Walter Horacio Pater (1839-1894) essayiste et polygraphe anglais n’est pas un inconnu pour le maître Borges puisqu’il le cite à propos du fait esthétique dans “Autres inquisitions", c'est ainsi que j'ai découvert cet auteur et son roman philosophique.

C'est l'histoire d’un jeune intellectuel païen Marius, mêlé à l’élite de la société de Rome au IIe siècle de notre ère, sous le règne de l’empereur philosophe Marc-Aurèle, pétri de philosophie grecque et en particulier d’Aristippe de Cyrène et du Cyrénaïsme. Le jeune homme va céder aux sirènes de la chrétienté en train de naître sur les décombres du paganisme et d’un empire romain menacé par les barbares.

Le jeune Marius découvre les premiers chrétiens dans les catacombes de Rome. Les religions naissent par le culte des morts. Marius, subjugué par la beauté des chants grégoriens et la mise en scène des rites funéraires trouvera une issue à son mal être, elle lui sera fatale. Pourtant, son éducation aux philosophes grecs lui offrait une école de pensée et un art de vivre que seul le cyrénaïsme et sa philosophie hédoniste pouvaient lui apporter:
“Médite souvent sur la rapidité avec laquelle les choses qui sont ou celles qui arrivent à la vie, sont balayées près de toi; songe que leur substance intime est pareil au cours incessant de l’eau; que presque rien ne se continue, songe à cet abîme sans fond du temps, là, si près de toi. Quelle folie ! S’exalter, s’attrister, se tourmenter à propos de pareilles choses ! Pense à la matière infinie et à cet atome que tu en es ! Quelle minuscule partie tu représentes ! Songe au temps infini, et au point si court que tu y occupes; à ta destinée et au brin d’herbe que tu es, et abandonne toi sans réserve à la roue de Clotho , pour qu’elle file, à son gré, la trame des jours.”

Walter Horacio Pater, professeur de latin et de grec du Brasenose College à Oxford, a solidement étayé son ouvrage. Si vous souhaitez prolonger, lire Guillaume Villeneuve pour qui ce roman est aussi le plus autobiographique de ses écrits. "Le point de départ de la recherche patérienne de la vérité, c’est le culte de la sensation. "Cultive, écrit Pater, l’art de la sensation vive", leçon que n’oubliera pas son disciple le plus célèbre, Oscar Wilde." Par son aspect romanesque et historique ce livre nous dévoile les secrets de la naissance du christianisme, une secte qui a réussi!

 "Marius l'Epicurien", un livre oublié. Walter Horacio Pater, un auteur méconnu mais qui sert de référence à José Luis Borges et Oscar Wilde, voilà qui mérite notre attention.

PS: On peut lire ce roman dans son édition de 1922 en feuilletant les pages virtuelles de l'ouvrage dans son intégralité.

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.