De l'humaine monstruosité poétique de l'enfance burtonienne

L'enfant turbulent et malicieux de Disney a développé au fil de ses films un univers à part entière qui fait de lui un auteur reconnu aussi bien par la critique, les institutions que la fréquentation dans les salles de cinéma. Cet ouvrage collectif composé de regards universitaires pluriels se propose d'analyser le cinéma de Tim Burton.

Au sujet de l'ouvrage collectif Tim Burton, horreurs enfantines

Poursuivant la consécration officielle que le cinéaste Tim Burton a connu suite à l'exposition qui lui a été consacrée à la Cinémathèque française et sa présence en tant que président du jury du festival de Cannes, cet ouvrage réunit les analyses plurielles d'universitaires aux champs de recherches distinctes. Chaque article permet une nouvelle entrée dans l'univers burtonien à travers ses spécificités et la singularité de ses choix de mise en scène comme des enjeux thématiques autour de l'enfance. L'analyse autobiographique est vaguement entreprise pour davantage concentrer l'attention du lecteur sur l'ensemble de sa filmographie, de ses premiers courts métrages aux réalisations de Frankenweenie et de Dark Shadows en 2012. À l'heure où sort son nouveau long métrage Dumbo qui le réaffilie avec force à la paternité disneyenne retrouvée, à l'instar de Willy Wonka qui retrouve un nouveau lien filial et conséquemment un nouveau cheminement personnel au terme de son parcours dans Charlie et la chocolaterie (2005). Car Tim Burton est aussi un personnage à part entière, construction romantico-gothique de l'image de l'auteur, qui dialogue en permanence avec les situations et les personnages de ses films : c'est l'analyse que permet également un des articles de cet ouvrage. La piste de la mort est empruntée à diverses reprises comme un enjeu thématique de récit fondamental tout autant que l'enfance et la quête perpétuelle du père. La fidèle et fructive collaboration avec le compositeur Danny Elfman offre une pertinente opportunité d'envisager la musique comme une construction narrative à part entière. Dans ce tableau introductif du monde burtonien, il manque malgré tout son travail avec ses acteurs et en particulier les liens avec son alter ego fétiche en la personne de Johnny Depp. En revanche, les articles très courts offrent une analyse fine et pointue sur un sujet donné, comme notamment la réflexion pertinente menée sur le sens intrinsèque de l'animation comme support de réanimation dans une interrogation sur la représentation de l'humanité. Tout comme David Lynch et Guillermo del Toro, les prétendus monstres du cinéma de Burton deviennent les singuliers porteur d'une humanité en quête d'elle-même.



9782343084244r
Tim Burton, horreurs enfantines
ouvrage sous la direction de Mélanie Boissonneau, Bérénice Bonhomme et Adrienne Boutang

Nombre de pages : 214
Date de sortie (France) : 15 février 2016
Éditeur : L'Harmattan
Collection : Champs visuels

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