Billet de blog 6 mai 2020

Cédric Lépine
Critique de cinéma, essais littéraires, littérature jeunesse, sujets de société et environnementaux
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Défense et illustration du cinéma expérimental par Jonas Mekas

De 1959 à 1971, Jonas Mekas pour réagir à l’absence d’articles sur le cinéma expérimental à New York, a écrit des articles pour mettre en avant la poésie méconnue du cinéma, loin des décors factices des studios hollywoodiens.

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Parution du livre Movie Journal de Jonas Mekas

Disparu le 23 janvier 2019 à 96 ans, Jonas Mekas n’a cessé depuis qu’il est arrivé à New York en 1949 de défendre et illustrer le cinéma underground de sa nouvelle ville d’adoption. Connu en tant que cinéaste infatigable de l’expérimental, Jonas Mekas s’est aussi illustré en tant que critique de cinéma en suivant de près la scène newyorkaise de l’effervescence créative du cinéma underground qui exprime comme aucun autre la liberté de la poésie sans restriction, à mille lieux des produits manufacturés produits à la chaîne au même moment à Hollywood. Cet ouvrage proposé en France par MAREST éditeur grâce à la traduction de l’anglais au français de Véronique Gourdon, réunit en plus de 500 pages plus d’une décennie d’articles de Jonas Mekas sur le cinéma, nouvelle rubrique qu’il a alors initié et maintenu de 1959 à 1971 dans le journal Village Voice.

Jonas Mekas s’implique avec ardeur pour défendre une conception indépendante du cinéma, qu’il s’agisse des films contemplatifs d’Andy Warhol, du génie créateur de Stan Brakhage, de la figure tutélaire de Maya Deren, ainsi que de Kenneth Anger, Jean Genet, Shirley Clarke, Robert Frank, Gregory Markopoulos… que des cinéastes européens comme Carl Theodor Dreyer, Jean-Luc Godard, Marcel Hanoun, Robert Bresson, Michelangelo Antonioni. Ses articles défendent avec passion le cinéma libre des enjeux des grandes industries, en mettant en avant de nouvelles diffusions de films expérimentaux à New York qui sont d’ailleurs à plusieurs reprises interdits de diffusion par les autorités municipales. Jonas Mekas a par ailleurs eu l’opportunité de réaliser plusieurs entretiens, qu’il s’agisse de Gregory Markopoyulos, Shirley Clarke ou encore Roberto Rossellini à propos de son film La Prise de pouvoir de Louis XIV (1966) réalisé pour la télévision. Il ne mâche pas ses mots pour l’hypocrite sélection des festivals internationaux qu’il s’agisse de Cannes ou de New York. Il participe ainsi à rendre compte des enjeux esthétiques et politiques des années 1960 autour du terreau d’une très grande richesse du cinéma underground qui a donné naissance aux œuvres culte auxquels les cinéastes contemporains de l’expérimental continuent encore à se référer. Ses analyses réunies dans cette édition n’ont rien perdu de leur perspicacité plus d’un demi-siècle plus tard, témoignant bien de son statut d’avant-garde. Ses textes constituent autant une exploration de la pensée esthétique de Jonas Mekas qu’un témoignage historique de première main sur le cinéma newyorkais des années 1960.

Illustration 1

Movie Journal
de Jonas Mekas

Nombre de pages : 576
Date de sortie (France) : 26 avril 2018
Éditeur : MAREST éditeur

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